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11.03.2025 - N° 1.929
3 minutes de lecture 10 jours avant les Accords d’Evian… Par Manuel Gomez ![]() Engagé par Albert Camus, à l’âge de 15 ans, comme pigiste à « Alger Républicain », Manuel Gomez a poursuivi sa carrière comme rédacteur dans les quotidiens « La Dépêche d’Algérie », puis à Paris à « L’Aurore » et « Paris-Turf. Gomez a été le proche collaborateur de M. Georges Bidault, dernier président, après Jean Moulin, du Conseil National de la Résistance et dernier responsable de l’OAS, après l’arrestation du général Salan, et rédacteur en chef du Bulletin National du CNR/OAS « France Presse-Action » en 1961.. ![]() Il est, me semble-t-il, nécessaire de faire souvenir quelques évènements importants qui ont pu être oubliés ou, ce qui serait plus grave, dissimulés.
Cela
s’est passé le 9 mars 1962 : quelques centaines de soldats français
allaient être sacrifiés pour accélérer les « Accords d’Evian ». Le sacrifice programmé d’une unité de jeunes appelés métropolitains. Cet épisode de la guerre d’Algérie a été soigneusement occulté par le gouvernement français et par tous les médias, (mais l’ont-ils su ?). Dix jours avant la signature des « accords d’Evian », l’armée française allait commettre, sur ordre de De Gaulle et de son gouvernement, la plus odieuse forfaiture de son histoire. Voici comment le chef de l’État français avait décidé de refaire un nouveau Dien Bien Phu, en laissant massacrer une unité d’infanterie, composée essentiellement de jeunes appelés du contingent, basée non loin de Souk-Ahras, dans l’Est algérien, face au village tunisien de Sakhiet-Sidi-Youssef. (Rien à voir bien entendu avec le fameux bombardement de ce même village le 2 février 1958 qui mobilisa toute la presse internationale et attira l’opprobre de nombreux pays contre la France.) Depuis le lever du jour de ce 9 mars 1962, une pluie d’obus tirés par l’artillerie lourde de l’ALN, installée en Tunisie, pleut avec une intensité sans précédent sur cette unité composée de jeunes recrues, des appelés pour la plupart. Le commandant de l’unité n’a pas les moyens matériels de riposter car ses hommes ne sont équipés que d’armes légères. En effet, sur ordre du gouvernement, on lui a retiré quelques jours plus tôt son artillerie lourde plus un régiment de la Légion étrangère et une demi-brigade de blindés. Ordre bien singulier puisque les services secrets avaient signalé une concentration inhabituelle de forces adverses en territoire tunisien, juste en face de ce secteur. Sans cesse, le commandant demande par radio à sa hiérarchie basée à Constantine et à Bône l’appui de l’aviation pour le dégager. La situation devient désastreuse à l’aube du 10 mars. Les tirs redoublent de violence. Puis c’est le silence. « Je vous en prie, réagissez !
Nous risquons une attaque massive des fellaghas. » De son poste d’observation, le commandant constate, à l’aide de ses jumelles, qu’à moins d’un kilomètre plusieurs brèches ont été ouvertes dans le barrage électrifié qui délimite la frontière entre les deux pays… Quant au lieutenant-colonel Lisbonis, il s’envole pour Paris. Non pas pour être félicité, mais par mesure disciplinaire. Le gouvernement lui reproche d’avoir enfreint les ordres et d’avoir gravement compromis les pourparlers d’Evian, même au prix de la vie de quelques centaines de jeunes soldats français. Le 14 mars 1962, le commandant de la base aérienne de Bône-les-Salines est mis aux arrêts pour avoir riposté aux attaques de l’ALN contre le barrage et sauvé quelques centaines de jeunes soldats et de civils français. Il
s’agissait de nos enfants, de vos enfants, qui allaient être sacrifiés
pour que le gouvernement français puisse offrir l’Algérie à ses ennemis.
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