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01.03.2025 - N° 1.919
5 minutes de lecture Laissons TRUMP à son indignité et recommençons à penser LIBERTÉ Par Nathalie MP Meyer
Nathalie MP Meyer est née en 1962. Elle est diplômée de l’ESSEC et a travaillé dans le secteur de la banque et l’assurance. Depuis 2015, elle tient "Le Blog de Nathalie MP" avec l’objectif de faire connaître le libéralisme et d’expliquer en quoi il constituerait une réponse adaptée aux problèmes actuels de la France aussi bien sur le plan des libertés individuelles que sur celui de la prospérité économique générale.. ![]() L’article que je vous propose aujourd’hui ne sera guère différent de celui que j’écrivais il y a trois ans, au tout début de la guerre russe en Ukraine.
En
substance, il s’agissait de dire que, si le monde occidental en
général, l’Europe en particulier et la France encore plus spécialement
ont un gigantesque examen de conscience à réaliser afin de revenir sur
le chemin de liberté et de prospérité esquissé par leurs propres soins
à la fin du XVIIIe siècle, la Russie de Poutine (idem pour la Chine de
Xi Jinping) ne peut en aucun cas tenir lieu de modèle à suivre. Aujourd’hui, il est question de mettre fin à cette guerre. Les différentes parties prenantes, à commencer par l’Ukraine et la Russie, ont manifesté leur désir d’ouvrir des négociations en ce sens et c’est une excellente nouvelle. La paix est en effet la chose la plus désirable au monde ; encore faut-il qu’elle soit juste. Ainsi que l’expliquait en son temps Frédéric Passy (1822-1912), premier prix Nobel de la Paix (avec Henri Dunant), ardent contempteur de la guerre et, cerise sur le gâteau, économiste libéral distingué, il ne s’agit pas d’exclure la guerre au nom d’un “fatalisme mystérieux prêché par des lâches résignés à tout, pourvu que la sécurité du jour présent leur soit laissée”. À ses yeux, la recherche de la paix ne saurait se transformer en résignation et non-résistance devant le fait accompli de l’invasion et de la servitude. Pour prendre un exemple typique de cette attitude de renoncement face à l’oppression, pensons au slogan “plutôt rouge que mort” tellement en vogue à une époque. C’est donc avec une grande tristesse et encore plus de dégoût que j’observe Donald Trump, tout récemment de retour à la Maison-Blanche, faire comme s’il enjoignait aux Ukrainiens, envahis par les troupes de Poutine en février 2022, occupés à 20 % et bombardés partout tous les jours, de bien vouloir être plutôt Russes que morts. Selon le président américain, l’Ukraine aurait déclenché la guerre et aurait pu l’arrêter depuis trois ans, la moitié de l’aide militaire en provenance des États-Unis aurait été “perdue” voire “dilapidée”, le président ukrainien Zelensky serait un dictateur détesté de sa population n’ayant pas organisé d’élection depuis le début du conflit. Sans compter qu’en plus, dans sa profession initiale d’acteur, il jouirait d’un succès des plus limités ! Dieu sait que l’inversion accusatoire est une méthode très appréciée pour qui veut avoir toujours raison. La jeune fille violée l’a bien cherché, sa jupe était trop courte ; les dessinateurs de Charlie Hebdo l’ont bien cherché, leurs dessins étaient blasphématoires ; etc. Mais Trump, président de la première puissance mondiale et chef théorique du “monde libre”, domine le jeu de la tête et des épaules. L’Ukraine l’a bien cherché : elle n’aurait jamais dû se constituer en nation souveraine en 1991 à la suite de la chute de l’URSS, j’imagine. Ce crachat à la face du pays agressé, véritable condensé de fausses informations et d’“alternative facts” typiquement trumpiens, en forme de danse du ventre au bénéfice de Vladimir Poutine, a été largement “débunké” par différentes sources, y compris, timidement, en provenance du camp républicain (ici et ici). Face à cela, les défenseurs de Donald Trump prétendent nous expliquer deux choses. Pour les uns, il ne faudrait pas écouter ce qu’il dit, il parle beaucoup, avec un style bien à lui, il est préférable de laisser la poussière retomber et s’en tenir à ce qu’il fait concrètement. Que Trump excelle dans les déclarations compulsives à l’emporte-pièce, c’est une évidence. Mais alors, que devient la parole du chef de l’État américain s’il ne faut pas s’y référer ? Un non-événement permanent ? C’est gênant si l’on aspire à voir s’instaurer des relations internationales un petit minimum solides et non faussées, et pas seulement une série de rapports de force. Et pour d’autres, éventuellement les mêmes, il faut bien comprendre que tout ceci est stratégique. STRA-TÉ-GI-QUE. Objectif : amener la Russie à se détourner de la Chine. Je crains hélas que Vladimir Poutine, en bon KGBiste qu’il fut, soit parfaitement capable de prendre ce qu’on lui donnera sans rien accorder en retour, sauf quelques miettes parfaitement symboliques que Trump s’empressera de faire passer pour une immense réussite. N’oublions pas, par exemple, que le rapprochement pompeusement mis en scène par Donald Trump entre la Corée du Sud et la Corée du Nord, allié actuel très précieux de la Russie en Ukraine, n’a abouti à rien de palpable. Quant à la Chine, un temps déclarée ennemi numéro un des États-Unis, on dirait qu’elle est en train de retrouver grâce aux yeux de Trump. Pas plus tard qu’hier, ce dernier n’avait pas de mots assez élogieux et lénifiants pour vanter les excellentes relations qu’il entretient avec Xi Jinping et le non moins excellent accord commercial qu’il avait conclu avec lui en 2020, prélude possible à un nouvel accord du même type. D’où, question : si un tel accord est en vue, pourquoi tout lâcher côté russe ? Mais j’oubliais, il ne faut surtout pas écouter ce qu’il dit… En revanche, que les États-Unis, non-interventionnistes par tradition, souhaitent se désengager d’un conflit qu’ils considèrent comme local et clairement très éloigné de leur lieu géographique, on peut le comprendre. Que, plus généralement, ils jugent que l’Europe doit se prendre en charge elle-même toute seule comme une grande, on peut et surtout, on doit le comprendre et agir en conséquence au plus vite. Considérer, au moins provisoirement, que les États-Unis ne sont plus notre allié. (Provisoirement, car la Déclaration d’Indépendance existe et plus de 200 ans d’histoire libérale nous lient.) Autrement dit, notre sécurité nous incombe, notre prospérité nous incombe, notre liberté nous incombe. Autant dire qu’il y a du travail sur la planche. La question de l’effort de défense semble commencer à émerger. Mais justement, comment accroître nos capacités militaires alors que plusieurs pays, dont la France au premier chef, sont embourbés dans la spirale de la dépense publique et de la dette ? La question de la prospérité (emploi, pouvoir d’achat) repose sur la capacité de nos entreprises à se développer et innover en toute liberté. Mais justement, comment encourager notre secteur marchand, comment encourager ses efforts de recherche, tout en l’assommant de réglementations aussi nombreuses et tatillonnes qu’inutiles et idéologiques, et de taxes et surtaxes exceptionnelles pour parer vite fait mal fait à la déconfiture des comptes publics, dont ceux de la France au premier chef ? Bonne nouvelle, du moins je l’espère, car tous les renoncements sont toujours possibles, en France au premier chef, il semblerait que l’Union européenne commence à se rendre compte que son impératif purement volontariste d’aboutir à la neutralité carbone à courte échéance, assorti d’une réglementation écologique délirante, soit le meilleur moyen de tirer une balle dans le pied de sa prospérité économique. Il reste aux pays européens, et à la France (qui vient d’exclure la chaîne C8 de la TNT) au premier chef, de comprendre que la discrimination positive est une discrimination, point, pas un facteur de justice sociale ou sociétale, et que la liberté d’expression est un élément constitutif essentiel d’un pays libre, prospère et respectueux des caractéristiques de l’État de droit. Sans la liberté de parler, sans la liberté de blâmer, non seulement “il n’est point d’éloge flatteur”, comme Beaumarchais le faisait dire à son héros Figaro (et à ce propos, toujours Beaumarchais, “il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits”), mais surtout, en raison de la menace rampante qui plane sur l’expression, s’instaure peu à peu un formatage des idées qui agit directement contre la recherche des faits, contre la créativité et contre l’innovation, dans le domaine économique comme dans celui de la justice, et dans les arts comme dans les sciences. Bref, laissons Trump se rouler à loisir dans son indignité.
Pensons plutôt à nous, et pour cela, retrouvons le goût de la liberté. ______________
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