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21.02.2025 - N° 1.911

La Poste : vivement la privatisation !
 

Par Élodie Messéant

Diplômée en droit privé et en philosophie du droit, Élodie Messéant a travaillé dans le domaine de l'investissement et des cryptomonnaies.
Chargée d'études à l'IREF, elle écrit régulièrement dans la presse depuis 2017..




Ce n’est pas nouveau :
La Poste est un mastodonte étatisé incapable de s’adapter
à une économie concurrentielle.

Dans un document publié le 17 février, la Cour des comptes analyse la trajectoire financière du groupe de 2019 à 2023. Elle rappelle une réalité inquiétante : derrière la façade d’une entreprise diversifiée et ancrée dans le paysage français, La Poste souffre d’un modèle économique obsolète et d’un endettement croissant. Malgré un chiffre d’affaires de 34 milliards d’euros en 2023, son résultat net a été divisé par deux : de 1,01 milliard d’euros en 2022 à 514 millions d’euros en 2023.

Certes, La Poste a su diversifier ses activités pour compenser la chute du courrier, mais sa rentabilité reste insuffisante et son modèle économique est toujours fragile. La branche Services-Courrier-Colis, historiquement son cœur de métier, ne représente plus que 15 % du chiffre d’affaires, contre près de 50 % en 2010. La logistique et la bancassurance peinent à compenser cet effondrement. Geopost, pourtant leader en Europe, subit des pertes sur ses acquisitions internationales, notamment en Turquie, au Brésil et en Inde. Quant à La Banque Postale, elle ne doit son salut qu’à l’assurance : ses activités bancaires classiques accusent un déficit de 554 millions d’euros en 2023. L’échec de Ma French Bank montre que l’argent public ne suffit pas à masquer des choix stratégiques hasardeux.

La Cour des comptes recommande tout d’abord de clarifier la stratégie de diversification en abandonnant les branches non rentables et en recentrant les acquisitions sur des segments porteurs. Elle prône également une rationalisation du réseau et une redéfinition des missions de service public, notamment en réduisant la distribution du courrier à cinq jours par semaine et un recentrage des services de proximité, qui ne génèrent que 6 % de l’activité du réseau (permis de conduire, commerce en ligne). Enfin, elle plaide pour une gouvernance plus rigoureuse et un suivi strict des performances des filiales pour éviter de nouvelles dérives financières.

L’IREF défend une solution plus radicale : une privatisation réelle qui permettrait à La Poste de rationaliser ses coûts, d’éviter les errements stratégiques et d’assurer un service plus efficace. L’exemple de La Poste britannique prouve qu’un opérateur historique peut se transformer, à condition d’avoir une gouvernance claire et des engagements solides.

Tant que La Poste française sera sous perfusion publique,
elle continuera d’accumuler des déficits abyssaux.

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