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06.02.2025 - N° 1.896 « Un bilan décourageant » : la Cour des comptes épingle la politique d'égalité femmes-hommes Par Juliette Roussel
Juliette Roussel est journaliste au service Breakings News au journal Les Echos, et aime les sujets conso. ![]() Un bilan « décourageant », un « portage politique en trompe-l'oeil ». Tels sont les mots cinglants utilisés par la Cour des comptes dans son rapport sur « les inégalités entre les femmes et les hommes de l'école au marché du travail », publié le lundi 27 janvier. Le document de 150 pages est formel : malgré les efforts produits ces dernières années comme la loi Copé-Zimmerman qui imposé des quotas à la tête des instances des entreprises, les inégalités entre les femmes et les hommes persistent, à l'école comme à l'entreprise. Et elles se résument en un paradoxe : « Plus diplômées que les hommes, les femmes n'accèdent pourtant pas aux postes et aux métiers les mieux considérés et les plus rémunérateurs ». Plusieurs causes expliquent ce constat. En partie, la « faible mixité des parcours scolaires et universitaires » qui est une « source de profondes inégalités ». Souffrant d'une moindre confiance en elles, les filles vont avoir tendance à se détourner de certaines matières, comme les mathématiques. Plus faible rémunération « A la suite de la réforme du baccalauréat général et technologique de 2018, les filles ont plus souvent abandonné les mathématiques en terminale et sont sous-représentées dans l'option 'maths expertes'. A l'inverse, les garçons choisissent peu les enseignements littéraires et les spécialités liées aux métiers du 'care', notent les magistrats financiers. Des choix avec des conséquences : les femmes ne représentent actuellement en moyenne que 28 % des effectifs des grandes écoles. L'Ecole des hautes études commerciales (HEC) n'a accueilli des femmes qu'en 1973 et si l'Ecole nationale d'administration (ENA) est ouverte aux femmes dès sa création en 1945, la parité n'a jamais été atteinte. Après ces premières difficultés au cours de leur scolarité, les femmes peinent à atteindre une juste rémunération lorsqu'elles commencent à travailler. « A niveau de qualification équivalent, la concentration des emplois féminins dans certains secteurs s'accompagne d'une moindre reconnaissance salariale » constate le rapport, les métiers du « care », majoritairement féminins, étant historiquement dévalorisés. D'une manière plus générale, face à leurs collègues masculins et à « niveau et spécialité de formation identiques, les femmes ont moins de chances d'être en emploi trois ans après leur sortie de formation initiale ». La Cour des comptes insiste : le bilan des inégalités de genre à l'entrée dans le monde du travail est « décourageant » : seul l'accès aux emplois peu qualifiés leur est plus facile. Une maternité qui coûte En outre, la maternité joue le rôle de facteur aggravant. « Plus d'un tiers des écarts de salaire s'expliquent par les inégalités de volume de travail » pour les magistrats, ce qui renvoie selon eux à « la conciliation des vies professionnelle et personnelle » et donc à la parentalité. L'arrivée d'un enfant se traduit par « un ralentissement de carrière et un creusement de l'écart de salaire » pour les mères actives. Les différentes mesures prises « pour faciliter une meilleure répartition des responsabilités parentales » n'ont pas « porté leurs fruits », insiste la Cour. Bien au contraire. Une nouvelle habitude de travail accentue ces difficultés : le télétravail. Plus propices à en faire, les femmes bénéficient moins souvent d'une pièce réservée au travail (25 %, contre 39 % des hommes), d'un équipement adapté et surtout elles « sont plus souvent interrompues » (48 % vivent avec un ou plusieurs enfants contre 37 % des hommes). Le rapport affirme que près de 37 % des femmes qui télétravaillent six heures ou plus consacrent au moins deux heures aux tâches domestiques, contre 21 % des hommes. De quoi réduire « leurs chances dans leur carrière ». « Mauvaise articulation », « discontinuité » Pourtant, les efforts politiques en faveur de la mixité se succèdent et leurs financements augmentent. Le rapport prend l'exemple des crédits recensés dans le document de politique transversale « Politique de l'égalité entre les femmes et les hommes », qui sont passés de 128 millions d'euros en 2017 à 3,3 milliards d'euros en 2024. Ces politiques « peinent à porter leurs fruits » pour plusieurs raisons selon la Cour : « l'articulation entre la stratégie interministérielle et les plans d'actions ministériels » est jugée « insuffisante », « les actions souffrent d'un manque de pilotage car elles relèvent d'initiatives locales ou d'événements ponctuels », et il existe une « discontinuité entre les stratégies interministérielles ». D'autres mesures ne vont pas assez loin pour la juridiction financière, comme le système de sanctions et de pénalités de l'index de l'égalité professionnelle. Celui-ci serait « insuffisamment appliqué ». Entre 2021 et 2024, 120 pénalités financières ont été infligées sur les plus de 30.000 interventions réalisées.
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