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05.01.2025 - N° 1.865

Les prisons françaises au bord du gouffre

Par Élodie Messéant

Diplômée en droit privé et en philosophie du droit, Élodie Messéant a travaillé
dans le domaine de l'investissement et des cryptomonnaies.
Chargée d'études à l'IREF,
elle écrit régulièrement dans la presse depuis 2017.




L’accumulation des données sur les prisons françaises met en lumière des problèmes systémiques qui demeurent irrésolus.

L’aménagement de places supplémentaires, un sujet ressassé depuis des décennies, a été porté par de nombreux gouvernements sans résultats significatifs pour endiguer la surpopulation carcérale. Le « plan 15 000 » par exemple, lancé en 2018 pour construire des places supplémentaires d’ici 2027, s’est embourbé dans des retards et des dépassements budgétaires. Initialement chiffré à 3,6 milliards d’euros, son coût devrait dépasser les 6 milliards en 2027. En attendant, la France a atteint un nouveau record avec une densité carcérale de 128,5 % au 1er novembre 2024.

Au-delà des chiffres, la crise des prisons françaises est aussi le reflet d’une société confrontée à une montée de la violence et de la criminalité. L’une des causes, souvent évoquée mais rarement traitée en profondeur, réside dans les difficultés d’intégration d’une partie des populations immigrées. En 2023, plus de 25 % des détenus étaient de nationalité étrangère. Cette question est trop souvent éludée, laissant le terrain libre à des politiques pénales parfois perçues comme laxistes, accentuant ainsi la défiance des citoyens envers le système judiciaire. C’est pourquoi il faut rechercher, comme veut le faire Bruno Retailleau, toutes les solutions facilitant l’expulsion des délinquants étrangers de façon à réduire  les problèmes liés à la surpopulation, tout en allégeant les finances publiques.

Doit-on continuer à investir massivement dans des infrastructures inadaptées et dispendieuses ? Gérald Darmanin, fraîchement nommé garde des Sceaux, évoque une possible réorientation vers des unités pénitentiaires à taille humaine, adaptées aux courtes peines. Une idée saluée par Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, qui critique depuis longtemps ces « paquebots ingérables ». En matière d’infrastructures, il est également nécessaire de rouvrir le débat sur les partenariats public-privé (PPP). Bien que critiqués en raison de leur coût initial, ils avaient permis d’obtenir des résultats satisfaisants dans les années 2000. Dans un rapport de 2011, la Cour des comptes avait justement fait remarquer que la gestion privée demeure « incontestablement plus simple que la gestion publique ».

De manière générale, il ne s’agit pas seulement de construire davantage de places de prison, mais de repenser en profondeur le fonctionnement de notre système pénal et carcéral, pour garantir à la fois justice, sécurité et efficacité budgétaire.

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