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20.12.2024 - N° 1.8468

De mieux en mieux :
la Haute autorité de Santé
se soumet à l’idéologie trans

Par Gilles-William Goldnadel

Fondateur et président de l’association Avocats Sans Frontières, et président de l’Association France-Israël, Gilles-William Goldnadel se déclare « hostile à toutes formes d’antisionisme et d’antisémitisme indépendamment de leur orientation politique » (Le nouveau bréviaire de la haine) et dénonce l’émergence d’un « nouvel antisémitisme » d’une certaine partie de la gauche. Outre son engagement en faveur de l’État d’Israël, il est reconnu comme proche des milieux de droite (Une idée certaine de la France), et assez loin de l’extrême droite.



Dans un projet de recommandations sur les personnes trans, révélé en exclusivité par Le Figaro, la Haute Autorité de santé s’apprête à proposer une forme de service public de la transition de genre. Gilles-William Goldnadel dénonce une « folie ».

Je professe depuis longtemps l’idée que le wokisme est en train de transformer par voie de contagion le monde occidental en hôpital psychiatrique. Mais j’ignorais que le monde scientifique français était lui aussi atteint par la tête. Le Figaro a révélé en effet que la Haute Autorité de santé – dont le président est désigné par le chef de l’Etat – préconisait dans un projet en phase de relecture un accès gratuit à la transition de genre pour tous à partir de 16 ans. Les parents qui s’y opposeraient pourraient être déchus de l’autorité parentale…

Quelques mots pour décrire la folie dont s’agit. Quand j’écris ce mot, après l’avoir pesé, je parle seulement de la transition des enfants, ne voyant aucun inconvénient à ce que des adultes mal dans leur sexe biologique décident de changer de genre socialement par la voie médicale, à leurs risques et périls. Étant bien entendu que le sexe biologique est inscrit génétiquement et pour toujours dès la naissance, indépendamment du ressenti psychologique.

Cette folie part de loin. De l’année 1955 très exactement. Je compte en effet vous narrer la très triste histoire du Docteur Money.

Il s’agit de ce psychologue qui expliquait doctement dans ces années 50 que pour étudier l’Homme, il convenait de distinguer entre « nature » et « culture ». Il soutenait que la culture était plus importante que la nature. L’essentiel des comportements humains ne relèverait pas de l’instinct mais de l’acquis . Au début du XXe siècle, le fondateur du béhaviorisme, John Broadus Watson, expliquait qu’il lui serait possible de fabriquer des enfants à volonté, selon l’éducation qui leur serait donnée : « Donnez – moi une douzaine d’enfants sains, bien constitués et je m’engage, en les prenant au hasard, à les former de manière à en faire selon mon choix, un médecin, un commerçant, un juriste et même un mendiant ou un voleur, indépendamment de leur talent, penchant, tendance, aptitude, ainsi que de la profession et de la race de leurs ancêtres ».

Le docteur Money va s’efforcer en conséquence d’appliquer cette philosophie à la sexualité. Selon lui, il serait possible de moduler l’identité sexuelle de l’enfant, quel que soit son sexe biologique de naissance, en fonction de la manière dont on va l’élever. Money va pouvoir vérifier ses théories lorsque les parents d’un petit garçon, dont le sexe a été sectionné lors d’une opération, viennent le trouver et lui demandent s’il ne serait pas possible, en l’élevant comme une fille, d’en faire une vraie fille. Money leur confirme que c’est tout à fait possible à la seule condition d’agir prestement avant l’âge de trois ans.

Ce qui a été présenté publiquement comme une réussite emblématique de la transition s’est révélé en fait un lamentable échec, une fraude scientifique
et un scandale déontologique.


Les parents obtempèrent. Money est d’autant plus enthousiasmé par ce cas, que ce garçon, David Reimer, a un frère jumeau, ce qui pourra lui permettre de faire des comparaisons rigoureuses sur l’évolution de leur sexualité. Dans le cadre de cette expérience, le bon docteur suit ces enfants quelques années et publie un livre vantant le triomphe de son expérience avec David, dont il fait l’exemple parfait validant sa théorie du genre. Le New York Times affirme que le docteur Money a démontré que la culture l’emporte sur la nature : « Si vous dites à un garçon qu’il est une fille et que vous l’éduquez comme telle, il se comportera en femme ».

Les théoriciens du genre ont salué de manière enthousiaste l’œuvre de Money. Pour l’un.e des papes.ses de la théorie postmoderne du genre, Paul B. Preciado, connu sous le nom de Beatriz Preciado jusqu’en 2015 : « Money est à l’histoire de la sexualité ce que Hegel est à l’histoire de la philosophie et Einstein à la conception de l’espace – temps… » Rien de moins. Malheureusement, et au rebours des commentaires laudateurs de Preciado et de ses semblables, l’expérience du docteur Money fut non seulement un échec terrible et lamentable de bout en bout mais encore une tromperie scientifique avérée : dans la réalité, l’enfant David a continué à jouer à des jeux de garçon, à se comporter comme un garçon, à se sentir garçon. Il refuse de plus en plus de se rendre à la visite médicale de Money qui fait pression sur lui pour le pousser à se faire opérer pour changer de sexe, au rebours de sa volonté. David ne parviendra à interrompre le traitement qu’en menaçant de mettre fin à ses jours.

Ce qui donc a été présenté publiquement comme une réussite emblématique de la transition s’est révélé en fait un lamentable échec, une fraude scientifique et un scandale déontologique, puisqu’il avait été exercé, comme le rappelle avec talent Jean-François Braunstein dans La religion woke (Grasset, 2022), de fortes pressions sur ce malheureux petit garçon pour tenter de valider une théorie fumeuse.

Le pauvre David finit par se suicider après avoir vainement tenté, par une opération, de revenir à son sexe naturel de naissance, ce sexe masculin qu’il se refusait à abandonner. Money, de son côté, ne reconnut jamais son erreur scientifique dramatique et taxa ses adversaires de réactionnaires.

Mais le concept de genre était lancé dans le monde occidental, au sens que Money l’avait ordonné : le genre défini comme un ressenti distinct du sexe biologique va de plus en plus s’autonomiser jusqu’à compter davantage que le sexe réel. Money, n’est en effet que l’initiateur de cette révolution du genre, qui va se poursuivre, malgré l’échec dramatique de son inventeur et aboutir progressivement à une véritable «évaporation du corps», écrit Braunstein. Malgré ce drame, les tenants de la théorie du genre continueront à encenser leur docteur Money-Frankenstein : la biologie n’est rien, la culture fait tout.

« Il n’y a pas que deux sexes, il y en a cinq », affirme ainsi la professeure d’études de genre et militante lesbienne Anne Fausto-Sterling.

Ainsi, de manière très révélatrice, la théorie moderne du genre a été accouchée par un charlatan meurtrier…

Ainsi encore, c’est dans ce cadre idéologique démentiel et tragique que la Haute Autorité de santé a été saisie de ce genre de folie.

Nul doute qu’à l’intérieur de cette institution pléthorique, au coût pharaonique en période de vaches maigres, des militants du genre ont agi en sous-main.

Mon étonnement, pour ne pas écrire ma sidération, est double.

Cette recommandation intervient à un moment où de nombreux pays en Europe, à la suite de nouveaux drames, sont revenus de leurs folles errances. Les pays scandinaves interdisent à présent toute transition avant l’âge adulte pour cause de troubles irréversibles. La Grande-Bretagne interdit les bloqueurs de puberté pour les mineurs. La première ministre écossaise très à gauche miss Surgeon a été contrainte de démissionner quelques jours après le scandale qu’elle avait provoqué : une transition de genre simple comme une lettre à la poste. Par simple notification au registre de l’état-civil. Des dames incarcérées dans une prison pour femmes ne furent pas enchantées par la perspective de voir arriver un violeur en série devenue subitement l’une de leur sœur.

Seconde surprise : la soumission idéologique de scientifiques institutionnels au charlatanisme du wokisme. Sorte de nouveau lyssenkisme. En réalité il ne s’agit que d’une feinte surprise.

Au moment où l’oiseau woke semble battre de l’aile de l’autre côté de la mer,
voilà qu’ici avec la HAS il s’envole vers le ciel.


Descartes, Pasteur, réveillez-vous, ils sont devenus fous !

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