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17.12.2024 - N° 1.8465

Transition de genre :
l’irresponsabilité de la Haute Autorité de Santé

Par Élodie Messéant

Diplômée en droit privé et en philosophie du droit, Élodie Messéant a travaillé dans le domaine de l'investissement et des cryptomonnaies. Chargée d'études à l'IREF, elle écrit régulièrement dans la presse depuis 2017.



En théorie, la Haute Autorité de Santé (HAS) est une autorité publique indépendante à caractère scientifique.

En pratique, on peut se demander si certaines de ses recommandations sont réellement animées par une volonté de refléter l’état des connaissances scientifiques, notamment sur des sujets aussi sensibles que les transitions de genre. En 2021, elle a été saisie par le ministère des Solidarités et de la Santé pour se prononcer sur les bonnes pratiques que les professionnels de santé devraient observer en la matière. Un document confidentiel sur le « Parcours de transition des personnes trans » a fuité dans la presse vendredi 13 décembre.

Premier problème : dans ce document, la HAS parle de « transidentité », un terme militant et non médical. Elle considère que l’identité de genre ne doit pas faire l’objet d’une évaluation psychiatrique spécifique. Sauf que l’Association américaine de psychiatrie (APA), qui publie le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux ou DSM – un ouvrage de référence pour les cliniciens du monde entier – prévoit bien le terme de « dysphorie de genre » dans le cadre d’un diagnostic, avec des critères précis.

Deuxième problème : la HAS s’est contentée d’ajouter le sigle « AE » (accords d’experts) à la fin de la quasi-totalité de ses recommandations, sans aucune précision ni transparence. Dans son grade des recommandations, ce sigle est prévu en l’absence d’études scientifiques. Des professionnels de santé comme Israël Nisand, professeur de gynécologie, craignent « une perméabilité au monde transactiviste ». Ils n’ont peut-être pas tort : la HAS est actuellement en procédure judiciaire contre l’association Juriste pour l’enfance, qui réclame que l’identité des membres de cette commission opaque soit révélée.

Troisième problème : la HAS considère que la « transidentité » n’est pas une pathologie. En opposition totale avec ce qui ressemble, de près ou de loin, à une démarche médicale, elle recommande aux professionnels d’utiliser les prénoms et pronoms choisis par la personne dès le premier rendez-vous, c’est-à-dire à se soumettre à la vision que le patient a de lui-même, au lieu de le questionner, d’essayer de comprendre son cheminement et de proposer des solutions adéquates qui ne sont pas nécessairement chirurgicales.

Quatrième problème : la HAS recommande d’envisager la transition médicale pour les mineurs ayant achevé leur puberté et de permettre le signalement des parents qui s’y opposeraient, sous peine de déchéance de l’autorité parentale. Est-elle seulement au courant qu’entre 61 % et 98 % des enfants ou préadolescents diagnostiqués d’une dysphorie de genre se réconcilient avec leur sexe biologique lors de la puberté ? Que beaucoup d’entre eux découvrent qu’ils sont simplement homosexuels ?

Les recommandations de la HAS sont dangereuses et irresponsables. L’administration est en train de reproduire les erreurs commises par des pays comme les États-Unis, le Canada ou le Royaume-Uni, qui ont encouragé des transitions médicales précoces au mépris de l’intérêt des patients. Certains d’entre eux ont dû faire volte-face en raison de la médiatisation croissante de jeunes adultes qui ont regretté leur transition (Keira Bell, Chloe Cole, etc.), quand ils ne se sont pas suicidés. Il est en effet scientifiquement avéré que les personnes ayant subi une opération chirurgicale pour changer de sexe ont un taux de suicide 12 fois plus élevé que les autres.

Ce sont nos politiques qui feraient mieux de faire une transition
et de s’empresser de supprimer ces comités théodules qui créent
un terreau favorable à des erreurs médicales irréparables.

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