La Mouette déchainée
                             Réactions, enquêtes, déclarations...

                             













Toutes les news
c'est ici




Contact


Vos réactions, vos commentaires


Abonner un(e) ami(e)

Vous abonner

Qui sommes nous
?


13.11.2024 - N° 1.812

Immigration :
l'ascenseur social fonctionne en France

Par Alain Ruello

En charge depuis 2016 des politiques publiques de l’emploi et d’insertion professionnelle, des crédits budgétaires associés, du suivi du chômage, de la formation professionnelle et de l’apprentissage. A ce titre, il suit de près les réformes du marché du travail,
les négociations de conventions d’assurance-chômage
et tous les indicateurs statistiques ou études attachés à ces thèmes.
Il couvre également en second ressort le paritarisme et la fonction publique.



En 2019-2020, les descendants d'immigrés de première génération occupaient des positions sociales proches de celles de personnes sans ascendance migratoire.
Le niveau d'étude reste clé pour progresser, quelle que soit son origine.

L'ascenseur social en France ? Contrairement à ce que le débat public en a retenu, il fonctionne plutôt bien, et même plutôt vite, au moins pour les descendants de première génération d'immigrés. C'est ce que montre une étude, un peu complexe mais très instructive, de l'Insee publiée sur un sujet - celui de l'intégration - par essence clivant.

« Il y a dans la société française une mobilité sociale, plus fréquemment vers le haut que vers le bas », confirme Emilie Raynaud, responsable de la division études sociales de l'institut statistique national.

Mobilité surtout ascendante

Premier constat, le 1,8 million de descendants d'immigrés - c'est-à-dire des personnes nées en France dont au moins un parent est né étranger à l'étranger - en emploi où ayant déjà travaillé de 35 à 59 ans, recensés en 2019-2020, occupaient des positions sociales assez proches de celles de personnes sans ascendance migratoire.

« Ce qui n'était pas le cas de leurs parents, qui occupaient des positions sociales moins qualifiées », souligne-t-elle. Ces années-là, on comptait ainsi 15,7 % de cadres parmi les descendants d'immigrés, contre 19,7 % pour les non-descendants. Un peu plus d'une personne sur deux étaient ouvriers ou employés, dont 19 % non qualifiés, versus un peu moins d'une sur deux pour les autres (16,2 %).

Du fait de la différence de position sociale des parents entre les deux groupes, ces chiffres montrent que la mobilité sociale ascendante est nettement majoritaire au sein du premier, et nettement supérieure à celle du second. D'autres chiffres le confirment. Quand 37 % des hommes descendants d'immigrés relèvent d'un groupe social de salariés « supérieur » à celui de leurs pères, ils ne sont que 27 % parmi leurs pairs sans ascendance migratoire. Même écart de 10 points pour les femmes par rapport à leur mère (49 % versus 39 %). A noter que l'ascendance sociale est encore plus forte lorsque les deux parents sont immigrés.

Quelques nuances

Bien que balayant la croyance établie, ce premier constat d'une ascension sociale plus fréquente appelle quelques nuances, tempère Emilie Raynaud. Primo, il est plus facile de progresser quand on part plus bas dans l'échelle sociale. « Il y a une sorte d'effet mécanique, il y a davantage de progression à partir du bas de l'échelle sociale pour tous », explique-t-elle.

Secundo, à caractéristiques sociodémographiques (âge, sexe, qualification, lieu de résidence ou encore secteur d'activité) équivalentes entre parents immigrés et non immigrés, les enfants d'immigrés ont, pour chaque groupe socioprofessionnel d'origine, « autant de chances, mais pas davantage », de progresser, souligne l'Insee. En l'espèce, le carburant principal pour monter dans l'échelle sociale reste le diplôme.

Pour être cadre, la clé reste d'être bac +3 minimum, quelle que soit son origine.



______________












Qui sommes-nous ?

Nous écoutons, nous lisons, nous regardons...

C'est parfois un peu ardu, et les news peuvent demander de l'attention.
Mais elle sont souvent remarquables !


Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion et nourrir celle-ci.
Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici.


Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs,
et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur.

Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur
qui pourrait nuire à sa réputation.


Bien sûr, vos commentaires sont très attendus.


   L'équipe de La Mouette déchaînée.