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01.11.2024 - N° 1.800 Un député communiste ne veut plus qu’on parle de travail «au noir» Par Jean-Philippe Feldman
Jean-Philippe Feldman est professeur agrégé des facultés de droit et maître de conférences à SciencesPo. Avocat à la Cour de Paris, il est aussi l'un des principaux contributeurs du Dictionnaire du libéralisme (Larousse, 2012) Non, les députés de La France Insoumise, certes connus comme le loup blanc, n’ont pas le monopole de l’inculture et du wokisme ! On peut même dire qu’ils ont mangé leur pain blanc. En effet, une véritable concurrence s’exerce au sein du Nouveau Front Populaire. Le 24 octobre, dans l’hémicycle, c’était au tour du député communiste Frédéric Maillot, élu de La Réunion, de connaître son quart d’heure de célébrité. D’une voix blanche mais le regard noir, nanti d’un chignon, habillé d’un t-shirt noir et d’une veste multicolore pour se distinguer du bourgeois, Frédéric Maillot a besogneusement lu son papier nanti de quelques inscriptions écrites noir sur blanc, fruits manifestement de nombreuses nuits blanches : « Pourquoi parler de travail au noir ? On pourrait pas (sic) utiliser plutôt travail dissimulé ? Pourquoi à chaque fois que ça serait négatif, ça serait le mot ‘noir’ qui serait employé (joli jeu de mots involontaire…) ? Liste noire, mouton noir, broyer du noir… » Cette intervention d’une haute tenue, digne d’un Maurice Leblanc, et d’un intérêt primordial à l’heure où les députés travaillent (au noir ?) sur le projet de loi de finances 2025 s’est attirée les quolibets. On a pu faire remarquer que l’expression familière « travail au noir » (ou « travail noir », d’ailleurs, sans parler de l’immonde « travail black ») avait plusieurs siècles d’existence et qu’elle renvoyait au travail de nuit, et non pas à une couleur de peau… On a moins souvent rappelé que l’expression « travail dissimulé » est déjà l’appellation juridique officielle, si bien que l’intervention du député n’a aucun sens, sauf à utiliser au Palais-Bourbon un langage non châtié. Cela dit, cette intervention est loin d’être cousue de fil blanc ; sa date est même à marquer d’une pierre blanche. Car enfin le mâle hétérosexuel dominant qui écrit ces lignes ne pourrait-il pas se plaindre lui aussi du vocabulaire utilisé inconsidérément en France, parfois depuis de longs siècles, un vocabulaire qui lui fait subir un préjudice en le discriminant et en lui donnant des cheveux blancs ? En effet, ne parle-t-on pas de blanchir de l’argent ? d’un mariage blanc ? de saigner à blanc ? d’un blanc-bec ? Ne faudrait-il pas plutôt interdire les couleurs ? Tout bien considéré, nous ne le pensons pas car cela supprimerait le drapeau rouge et (plus à la mode) le drapeau palestinien. Nous
croyons donc que notre député communiste, qui malgré son chignon ne
saurait être qualifié d’oie blanche, aurait dû montrer patte blanche,
hisser le drapeau blanc et se présenter blanc comme neige.
Au lieu de cela, il a fait chou blanc.
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