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08.08.2024 - N° 1.715
Vols de voitures : un fléau français Par Charles de Blondin ![]() Diplômé d'une grande école de commerce et de l'EEIE, Charles de Blondin est Analyste en géopolitique et politique publique ![]()
Plus
de 70 000 voitures ont été volées en France en 2023. Un chiffre qui ne
cesse de croître. Pour s’en protéger, les propriétaires adoptent
souvent le gravage des vitres, qui se révèle peu efficace. D’autres
solutions existent pour lutter contre cette criminalité.
Le vol de voitures est devenu un véritable business en France. Avec 70 649 déclarations enregistrées auprès des assureurs en 2023 (+11,1% par rapport à 2022), les vols de véhicule ont le vent en poupe. Le département des Bouches-du-Rhône, le Rhône ainsi que les départements d’Île-de-France sont les plus touchés par ce véritable fléau. Reine de toutes les catégories, la Renault Clio IV figure sur la plus haute marche du podium des voitures volées, suivie par la Renault Mégane et la Peugeot 3008. Ces voitures sont généralement ciblées car faciles à revendre via des réseaux tournés vers l’Afrique, l’Amérique du Sud ou encore l’Australie selon Interpol. Grâce à une base de données des véhicules volés mise en place avec les données de 135 pays, l’organisation internationale a retrouvé environ 278 000 véhicules en 2022. Des dispositifs qui n’empêchent pas les vols Face à ce véritable fléau mondial, les concessionnaires proposent différentes solutions aux acquéreurs. La plus connue d’entre elles – et l’une des plus anciennes – est le gravage des vitres latérales, avant et arrière. Il s’agit alors de « tatouer » les vitres en reproduisant le numéro de plaque d’immatriculation ou celui du châssis. Un dispositif qui n’est pas obligatoire comme le précise la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) mais se révèle souvent compris dans un package de services lors de l’achat. Il peut être réalisé soit directement par le concessionnaire, soit par des prestataires extérieurs comme Eurodatacar. Mais le gravage en lui-même – qui coûte entre 30 et 100 euros – ne sert à rien tant qu’il n’est pas lié à un abonnement coûteux de six ans, pour l’inscription du numéro dans la base de données Argos. L’objectif du gravage ne tient qu’à la possibilité d’identifier le véhicule volé, une fois retrouvé sur la voie publique. L’intérêt est mince, sachant que seuls 38 % des véhicules déclarés volés auprès d’Argos sont retrouvés. Et rien ne dit si c’est grâce au gravage, ce qui rend difficile l’argumentation utilisée sur l’aspect « dissuasif » de ce procédé. Les voleurs peuvent également contourner une partie de ce système en désossant les véhicules et en les revendant en pièces détachées. L’une des autres « fausses bonnes idées » est le pendant technologique du gravage, avec la mise en place d’une puce RFID (Radio Frequency Identification) dans le véhicule, et moyennant là aussi un abonnement onéreux. Si ce dispositif – proposé par exemple par un prestataire comme Roole – semble simple et ingénieux, il pêche par excès de confiance. Tout d’abord, cette puce RFID a une portée très limitée de quelques mètres seulement et en terrain découvert, mais surtout les voleurs et les réseaux de contrebande connaissent bien ce système facile à déceler dans un véhicule. Il suffit pour les receleurs de localiser et de retirer cette puce pour empêcher l’identification du véhicule avant son départ vers sa destination finale. Présentée comme la solution qui permet d’identifier rapidement un véhicule, la puce RFID ne remplit pas ses promesses. Une solution probablement inefficace donc d’autant que des alternatives bien plus fiables existent. Et ceux qui se révèlent efficaces Alors, que faire pour protéger son véhicule des voleurs et des réseaux criminels internationaux, adeptes des nouvelles technologies pour pirater les ordinateurs de bord ? La meilleure combinaison de solutions est certainement la suivante : un dispositif mécanique comme les cannes antivol bloquant le volant des voitures, couplé à un système de traceur GPS capable de localiser la voiture, même hors réseau dans le cas d’un stockage des véhicules volés en sous-sol, comme c’est souvent le cas. Il s’agit donc de mettre en place un dispositif visuellement dissuasif, et un second capable d’orienter les forces de l’ordre vers le véhicule volé. « Ce qui reste efficace, c’est la canne antivol : elle n’est pas inviolable, mais les voleurs iront au plus rapide », juge Benoît Leclair, directeur général d’Argos, organisme de référence des assurances sur le sujet. Le système GPS qui fonctionne par abonnement oblige les utilisateurs à choisir le bon service en faisant attention à la portée de l’émission. Tous ne permettent pas de localiser le traceur en sous-sol, en dehors de tout réseau. « Les modèles les plus efficaces embarquent des technologies de localisation et de communication pour détecter l’emplacement de la voiture, même en sous-sol, et pour lutter contre les brouilleurs utilisés par les voleurs. Selon les modèles, ces données peuvent vous être envoyées en temps réel via votre téléphone, être transmises à une plateforme dédiée ou à des détectives dédiés » précise la compagnie d’assurance MMA. La surveillance en temps réel et les alertes de mouvement permises par les GPS constituent un vrai plus pour intervenir au plus vite une fois le vol commis. Le recours à une combinaison de solutions type bloc-volant et GPS peut également permettre aux automobilistes assurés tous risques ou au tiers de réduire le montant de leur prime d’assurance. Une bonne manière de faire baisser une facture souvent salée. Des dispositifs qui ne doivent pas empêcher le ministère du Transport et de l’Intérieur de continuer à trouver des solutions pour lutter contre le fléau des vols et trafics de voitures. En février dernier, le gouvernement fédéral canadien a ainsi annoncé débloquer un budget de 15 millions de dollars supplémentaires pour lutter contre le vol de véhicules en plus des 28 millions de dollars initiaux annoncés quelques semaines auparavant. Une prise de conscience à suivre en France, espérons-le.
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