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21.07.2024 - N° 1.697 Réformer la santé : l'urgence d'un consensus politique Par Frederic Bizard ![]() Frédéric Bizard, né le 27 janvier 1968 à Niort est un économiste spécialiste des questions de protection sociale et de santé. Il est professeur d'économie associé à l'ESCP Europe et à Paris Dauphine notamment. ![]() Avec
le pouvoir d'achat et la sécurité, le redressement du système de santé
est une demande très forte des électeurs. Comment redonner confiance
dans l'action politique si le bien le plus précieux de chacun n'est
plus protégé ? Pourtant, la santé est un sujet dont la transformation
du système peut faire l'objet d'un large consensus, estime Frédéric
Bizard. Les élections législatives ont fait basculer la France dans une profonde instabilité politique pendant une durée indéterminée. Seuls les projets législatifs réunissant un large consensus auront une chance d'être adoptés. Avec le pouvoir d'achat et la sécurité, le redressement de notre système de santé est une demande très forte des électeurs. Comment espérer redonner confiance dans l'action politique si le bien le plus précieux de chacun n'est plus protégé ? Pourtant, aucun des trois blocs parlementaires n'a de projet sérieux laissant espérer le moindre redressement de notre système de santé. La santé est un sujet dont la transformation du système - à partir des fondamentaux de solidarité (Sécurité sociale), d'égalité (service public), de liberté (du choix de son lieu de soin et de son mode d'exercice) et de démocratie sociale et sanitaire - peut faire l'objet d'un large consensus. Prenons trois mesures de cette refondation qui changeraient la donne à court terme, sans dépenses publiques supplémentaires. Débureaucratiser L'impuissance politique à gérer les déserts médicaux et la crise de l'hôpital public est largement le fait d'une gouvernance étatique centralisée qui dépossède les acteurs de santé locaux et leur fait perdre le sens de leurs métiers. À partir d'un territoire de santé identique pour tous les professionnels, un plan territorial de santé serait confié aux acteurs locaux dont les représentants auraient la charge de leur application. Mais cela ne changerait rien si la gouvernance actuelle était maintenue. Les services de l'Etat seraient intégrés dans une direction de santé publique des préfectures pour évaluer l'exécution du plan, laissant une réelle autonomie d'exécution. L'opérateur public support du plan territorial de santé serait la caisse primaire d'assurance maladie. De même, redonner confiance et capacité de décision aux professionnels de santé des services et des pôles des hôpitaux publics générerait un choc d'attractivité et de productivité dans les établissements, comme au plein coeur de la crise du Covid-19. Contrat thérapeutique et compte personnel de prévention Un contrat thérapeutique comprenant le plan personnalisé de soins, les objectifs à atteindre et l'information essentielle sur la pathologie, garantirait à chaque patient souffrant d'une affection de longue durée la mise à disposition des ressources humaines, technologiques et thérapeutiques pour mener le combat contre la maladie et optimiser sa qualité de vie. Signé entre la caisse primaire d'assurance maladie, le patient et le coordinateur de l'équipe de soins, ce contrat thérapeutique viserait à l'égalité des chances par les moyens mis à disposition, et à une prise en charge personnalisée des affections de longue durée. Un compte personnel de prévention financé dans un premier temps à partir des réserves financières non prudentielles des mutuelles et des assureurs privés de santé constituerait un investissement immédiat dans le capital humain en santé des Français, source de baisse de la demande future de soins. Diffuser massivement les innovations Sur le court terme, l'usage massif du numérique et des technologies associées est un levier largement sous-utilisé en France pour optimiser les performances du système. De façon générale, l'innovation réelle doit être perçue comme un levier d'efficience et non un coût. La responsabilisation des acteurs locaux de santé dans la digitalisation des parcours de santé de chaque citoyen créerait l'élan indispensable pour basculer notre santé dans l'ère du numérique. Cette ère verrait l'accès pour tous à des dispositifs médicaux numériques à visée thérapeutique et préventive. L'utilisation exhaustive de l'intelligence artificielle générative optimiserait les actions de dépistage comme celles du cancer colorectal pour lequel seuls 35 % de la population éligible est dépistée. Les données de santé deviendraient un outil du quotidien pour les professionnels de santé et les usagers, et non une ressource limitée à la recherche. Les trois pistes évoquées sont les composantes d'une réforme plus vaste de notre santé, qu'une coalition parlementaire transpartisane pourrait voter dans les prochains mois. Cette réforme est parfaitement possible dans le contexte politique et financier actuel. Elle
serait la meilleure réponse au cri de colère poussé lors des dernières
sélections européennes et législatives par des citoyens
légitimement inquiets pour leur santé.
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