![]() Toutes les news c'est ici Contact
Abonner un(e) ami(e) Vous abonner Qui sommes nous ? |
19.07.2024 - N° 1.695 Faire du réemploi la norme plutôt que l'exception Par tribune collective ![]() Maxime Delavallée est président de la Fédération de la Mode circulaire. Romain de Garsignies est fondateur et Président de StockPro. Célia Rennesson est fondatrice et Directrice générale de Réseau Vrac et Réemploi. Anne Rodet et Guillaume Herisson sont codirecteurs généraux du groupe Ares. Laëtitia Vasseur est déléguée générale et cofondatrice de l'association HOP. ![]() Qu'il
soit alimentaire, textile ou issu du BTP, le gaspillage est encore
omniprésent. Pour lutter contre ce fléau, six défenseurs de l'économie
circulaire appellent à se saisir du cadre de la loi antigaspillage de
2020 et proposent notamment de baisser la TVA sur les produits
réemployés. Activé en 2021, le Green Deal vise que l'Europe soit le premier continent neutre en carbone. La loi Agec de 2020 en est la première déclinaison efficiente. En mai 2024, les députés V. Riotton et S. Delautrette ont fait le bilan et rédigé 100 propositions d'amélioration pour accélérer les résultats. Malgré ces avancées, la réparation et le réemploi demeurent les parents pauvres face au recyclage. Développer ces nouveaux modèles économiques au même titre que le recyclage est indispensable, d'autant que l'économie circulaire est un gisement d'emplois ancrés territorialement et offre une résilience économique. Une réalité : le gaspillage Le réemploi n'est pas une vague temporaire qui finira par s'échouer contre le mur du consumérisme, mais une véritable lame de fond, transsectorielle et indispensable à la soutenabilité de nos modes de vie pour allonger la durée de vie des produits. 13 millions d'emballages ménagers ont été collectés pour être réemployés en 2023. 59 % des Français « consomment » de la seconde main , motivés par l'accessibilité financière et la considération écologique. Le secteur de la réparation en France représente environ 256.300 emplois pour un chiffre d'affaires de 33 milliards d'euros. Et pourtant le gaspillage de nos ressources demeure omniprésent. Chaque année, en France, 5 milliards de produits neufs sont jetés dans le bâtiment , 115 milliards d'emballages sont consommés, entre 10.000 et 20.000 tonnes de produits textiles neufs sont détruites, et plus d'1,3 million de tonnes de déchets électriques et électroniques sont générés. Face à ces chiffres vertigineux, des mesures concrètes doivent être adoptées afin que le réemploi devienne un réflexe quotidien. Besoin de mesures incitatives Créer une instance multisectorielle légitime est urgent : les Assises du Réemploi, réunissant l'ensemble de l'écosystème, seront essentielles pour garantir un déploiement durable, responsable et enraciné. Ce rendez-vous collégial assurera la continuité et l'expansion du réemploi. La mise en place d'une TVA allégée à 5,5 % sur les produits issus de la circularité permettrait de les rendre plus compétitifs. Comme les filières du réemploi intègrent des opérations et de la main d'oeuvre supplémentaires, ce serait l'occasion de redonner du pouvoir d'achat, tout en fléchant la consommation vers une économie vertueuse pour notre pays. Enfin, nous demandons un soutien à la formation professionnelle de l'ESS pour accompagner les besoins croissants en nouveaux métiers spécifiques. Le déploiement de cette économie sera un levier de création d'emplois, accessibles et peu délocalisables, tels que celui de réparateur, présent dans toutes les filières du réemploi : habillement, équipements électriques et électroniques, jouets, articles de sport, loisirs, bricolage et jardin, matériel médical, lunettes, BTP… Au-delà de ces propositions, d'autres sujets méritent un traitement, avec des implications sur notre vie quotidienne : la consigne des emballages, la vente de médicaments à l'unité, un doublement du fonds dédié au financement du réemploi, la durée de vie des produits ou encore les problématiques assurantielles. Soutenir cette industrie circulaire est un acte aux impacts à la fois écologiques et économiques qui permet d'augmenter le pouvoir d'achat mais aussi de préserver nos ressources et de réduire les déchets. A cette heure d'incertitudes de constitution d'une Assemblée polymorphe et hétéroclite, nous espérons que ces propositions vectrices de souveraineté ne seront pas mises au rebut. Pour une amélioration de notre société, il est indispensable de poursuivre l'élan que la loi Agec a insufflé. La France est pionnière dans ce secteur.
Poursuivons le mouvement pour faire du réemploi la norme !
______________
| ||||
Qui
sommes-nous ? Nous écoutons, nous lisons, nous regardons... C'est parfois un peu ardu, et les news peuvent demander de l'attention. Mais elle sont souvent remarquables ! Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion et nourrir celle-ci. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs, et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. Bien sûr, vos commentaires sont très attendus. ![]() |