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07.07.2024 - N° 1.683 L’incitation à la haine ne fait pas partie du droit international Par Guy Millière Guy Millière, (spécialisation : économie, géopolitique). Titulaire de trois doctorats, il est professeur à l’Université Paris VIII Histoire des cultures, Philosophie du droit, Economie de la communication et Maître de conférences à Sciences Po, ainsi que professeur invité aux Etats-Unis. Il collabore à de nombreux think tanks aux Etats-Unis et en France. Expert auprès de l’Union Européenne en bioéthique, Conférencier pour la Banque de France. ![]() Les
dirigeants de la France et de l’Allemagne ont déclaré “respecter” ce
qu’a récemment dit le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI). Ce dernier a demandé la délivrance de mandats d’arrêt internationaux contre Binyamin Netanyahou, premier ministre d’Israël, et Yoav Gallant, ministre de la défense d’Israël, en les accusant de “crimes de guerre” et de “crime contre l’humanité”. Et les dirigeants de la France et de l’Allemagne ont tenu à préciser que la CPI est une institution chargée de veiller sur le droit international, et qu’ils se conforment à celui-ci. La quasi-totalité des dirigeants européens ont une position identique. Les dirigeants allemands ont poussé le zèle jusqu’à dire que, puisqu’ils “respectent le droit international”, si des mandats d’arrêt internationaux sont délivrés à l’encontre de Binyamin Netanyahou et de Yoav Gallant, ils demanderont à la police allemande de procéder aux arrestations requises. Les dirigeants français ont gardé le silence sur ce sujet, mais on peut penser que si la situation devait se présenter, ils demanderaient à la police française de procéder elle aussi aux arrestations. Aucune question n’est posée en France, en Allemagne, et ailleurs en Europe, sur la légitimité des demandes de Karim Khan, et sur la validité du recours à la notion de “droit international” pour qualifier les décisions des Nations Unies et de ses diverses instances, Conseil des droits de l’homme, UNESCO et, précisément, CPI. Et en ne posant aucune question sur les demandes de Karim Khan, et en s’abritant derrière le “respect du droit international”, les dirigeants de la France, de l’Allemagne et des autres pays d’Europe s’autorisent à cautionner l’ignominie. ![]() Cautionner les demandes de Karim Khan est cautionner l’ignominie, oui. Incontestablement. Binyamin Netanyahou et Yoav Gallant n’ont fait commettre à l’armée israélienne ni “crimes de guerre”, ni “crime contre l’humanité”. Israël a subi, le 7 octobre dernier, le plus abominable massacre de Juifs perpétré depuis la Shoah, et les coupables sont les membres du Hamas, une organisation terroriste islamique qui ne cache pas ses buts génocidaires anti-juifs. Israël considère, à très juste titre, que le Hamas, ayant commis le crime qu’il a commis et ayant des buts génocidaires, doit être mis totalement hors d’état de nuire. Le Hamas utilise des civils comme boucliers humains. L’armée d’Israël se bat pour éliminer le Hamas en faisant tout son possible pour éviter de tuer des boucliers humains et y parvient assez largement. Il y a, hélas, des victimes civiles, mais en nombre bien moins important que ce que disent les organes de propagande du Hamas, et les victimes civiles sont essentiellement victimes du comportement du Hamas. Karim Khan ne tient absolument aucun compte de ce que je viens d’écrire dans ses accusations, et procède de manière gravement diffamatoire. Le fait qu’en parallèle il accuse les dirigeants du Hamas de crimes identiques à ceux dont il accuse Netanyahou et Gallant n’y change strictement rien, bien au contraire, puisque cela équivaut à placer des dirigeants d’un pays démocratique qui n’ont commis aucun crime sur le même plan que des chefs de bande terroriste. Karim Khan ne peut ignorer qu’une vaste campagne de propagande anti-israélienne accusant sans fondement Israël de “génocide” à Gaza est en cours, et il contribue à cette campagne. En cautionnant les accusations de Karim Khan, les dirigeants de la France, de l’Allemagne et des autres pays d’Europe, contribuent eux aussi à cette campagne. Et en entérinant le recours à la notion de droit international pour qualifier les décisions des Nations Unies et de ses diverses instances, les dirigeants de la France, de l’Allemagne et des autres pays d’Europe contribuent à dévaluer la notion de droit international et à lui faire perdre son sens. Le Conseil des droits de l’homme semble ne connaitre qu’un seul pays censé “violer les droits de l’homme”, Israël, et inclut en son sein des représentants de pays qui, à la différence d’Israël, violent sans cesse les droits de l’homme. L’UNESCO falsifie l’histoire dans une direction islamiste. La CPI peut prendre des décisions douteuses, et les demandes de Karim Khan ont une couleur antisémite et relèvent de l’incitation à la haine. On peut ajouter maintenant la Cour Internationale de Justice, qui est elle-même une instance des Nations Unies, et qui ne dit elle-même pas du tout le droit international, puisqu’elle est censée dire le droit en incluant le “droit” tel que défini par tous les pays membres, dont de nombreuses dictatures criminelles, qui sont, par définition, des régimes politiques sans droit : le président de cette Cour entre 2003 et 2006 était un envoyé de la dictature communiste chinoise, un nommé Shi Jiuyong. Son président actuel est un islamiste antisémite libanais répondant aux ordres du groupe terroriste Hezbollah, Nawaf Salam. Ce qu’il peut dire sur Israël est antisémite, incite à la haine d’Israël, et a autant de valeur qu’une serpillère sale. Il ordonne à Israël d’arrêter immédiatement son offensive dans la bande de Gaza ? Israël n’arrêtera rien du tout. Nawaf Salam contribue malheureusement lui aussi à la vaste campagne de propagande anti-israélienne en cours. Les dirigeants de la France, de l’Allemagne et des autres pays d’Europe cautionnent aussi les propos de Nawaf Salam et dévaluent un peu plus encore la notion de droit international. Faut-il le préciser ? L’antisémitisme et l’incitation à la haine ne peuvent être considérées comme faisant partie du droit international que si toute définition du droit international se trouve abolie. L’abolition
de toute définition du droit international est en cours, et avec elle,
l’abolition de tout ce qui pourrait encore être nommé droit
international.
Les grands penseurs du droit, de John Locke à Leo Strauss, doivent se retourner dans leur tombe.
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