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28.06.2024 - N° 1.674

LFI et l’antisémitisme, le point de non-retour

Par Gilles-William Goldnadel
 
Fondateur et président de l’association Avocats Sans Frontières, et président de l’Association France-Israël, Gilles-William Goldnadel se déclare « hostile à toutes formes d’antisionisme et d’antisémitisme indépendamment de leur orientation politique » (Le nouveau bréviaire de la haine) et dénonce l’émergence d’un « nouvel antisémitisme » d’une certaine partie de la gauche.



Après qu’un député LFI a brandi un drapeau palestinien à l’Assemblée nationale et que Rima Hassan a appelé à saboter une émission de télévision, Gilles-William Goldnadel dénonce la stratégie de « conflictualisation » menée par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon et le « privilège rouge » dont il bénéficie.

Le discours et le comportement de la France insoumise atteignent désormais un point de non-retour. Les membres du parti de Jean-Luc Mélenchon ne reculent désormais devant rien dans leur stratégie dite de « conflictualisation ». Derrière ce barbarisme, la barbarie à visage urbain qui vient.
La semaine écoulée nous offre, comme chaque semaine depuis des semaines, son lot de dérapages contrôlés et de provocations bientôt incontrôlables.

Bien entendu, le conflit israélo-palestinien en cours constitue l’objet idéal de conflictualisation parce que la communauté musulmane est regardée à la fois avec sincérité, dans le cadre de la dilection idéologique pour l’altérité et le rejet de l’Occident, et comme une proie électorale. Mais aussi parce que la question juive demeure un sujet obsessionnel idéal de conflit central. Avec l’antisémitisme pour conséquence fatale, sinon souhaitée, au moins aisément acceptée.

Ce fut donc la semaine du drapeau. À l’Assemblée nationale, en violation de toutes les règles, un député Insoumis, par ailleurs poursuivi pour violences ce mois-ci devant le tribunal correctionnel, agita frénétiquement un drapeau étranger, en l’occurrence palestinien. Il fit de la sanction dont il écopa, une décoration.

Le lendemain, en guise d’hommage aux malheureux civils tués à Gaza à proximité de terroristes du Hamas, il entreprit une joyeuse danse orientale à côté de l’un de ses collègues députés s’étant vanté d’avoir « dealé ». De nombreux danseurs ou protecteurs barbus les accompagnaient dans un rythme endiablé.

Ce fut aussi la semaine du cochon. À la suite d’une altercation dans la salle des quatre colonnes de l’Assemblée nationale, le député David Guiraud traita son collègue Meyer Habib (que j’ai l’honneur de défendre) de « cochon » et de « porc ». Les antisémitismes chrétien et islamique sont friands de porcins. Depuis, les menaces de mort affluent sur la personne du député insulté que l’on a le droit de ne pas apprécier mais non de vouloir tuer.

Je rappelle que toute tentative d’empêcher la liberté légale d’expression
est délictuelle.


À ce stade de détestation mortelle, qu’il soit permis à l’auteur de dire que les semblables du député injurié n’ont jamais reçu autant qu’aujourd’hui, de menaces dans la rue, comme en ligne.

Il faut rappeler que le député insoumis Guiraud n’en est pas à son premier coup d’éclat. Le même s’était rendu à Tunis pour expliquer contre l’élémentaire vérité que ce n’était pas le Hamas mais l’État juif qui brûlait les bébés dans les fours.

Il y eut cette semaine, comme chaque semaine, la semaine Rima Hassan, qui précisément, accompagnait David Guiraud à Tunis. Après avoir considéré qu’« Israël est une monstruosité », injurié Géraldine Woessner, rédactrice en chef du Point, et suggéré sur X de prendre l’Élysée, la septième sur la liste des Insoumis, possiblement éligible, tweeta impunément : « Salariés et stagiaires du groupe Tf1, prenez vos responsabilités ! Sabotez cette émission ». Il s’agissait de tenter d’empêcher le premier ministre israélien de s’exprimer. J’ai écrit « impunément ». Et je rappelle que toute tentative d’empêcher la liberté légale d’expression est délictuelle. J’y reviendrai.

Pendant ce temps, Kamil Abderrahman, qui officie pour Le Média, une web-télé d’extrême gauche qui aspire à être sur la TNT, tweetait ainsi après l’attentat au couteau à Mannheim : « Je n’en ai strictement rien à foutre du raciste qui s’est pris des coups de couteau en Allemagne ».

Enfin, ce fut aussi la semaine des manifestations insoumises anti-israéliennes. Toutes autorisées. Le premier ministre dit même les comprendre. Samedi soir, des incidents eurent lieu à Paris, largement passés sous silence. C’est ainsi qu’à la fin d’une manifestation d’extrême gauche, un restaurant McDonald’s, encore ouvert, fut attaqué par des manifestants propalestiniens. Dans une autre manifestation, et en la présence avérée du député Éric Coquerel, la foule scandait à tue-tête : « Tous les sionistes sont des bâtards ».

Où l’on voit comment, sous le ciel vert et rouge islamo-gauchiste, le juif et le policier sont tenus dans la même haine raciale et sociale inhumaine.

Il y a aussi et surtout l’impunité dont continue à jouir sans entrave l’extrême gauche. Ce que j’ai nommé le « privilège rouge ».

J’en viens à l’impunité.

Il y a d’abord la force de l’habitude. On s’habitue. Peu à peu. À tout. Aux insultes, aux injures, aux menaces, aux coups sur les étudiants récalcitrants – comme sur ceux de l’UNI à Grenoble -, aux exactions. À l’invasion. Et l’on arrive même à confondre ou à oublier tel ou tel attentat au couteau, tant ils se font nombreux.

Il y a aussi et surtout l’impunité dont continue à jouir sans entrave l’extrême gauche. Ce que j’ai nommé le « privilège rouge ».

J’affirme solennellement que si, mutatis mutandis, un parti d’extrême droite se livrait, par l’intermédiaire notamment de ses représentants, aux mêmes provocations, et s’il jouait aussi dangereusement avec ce feu de l’antisémitisme qui brûle et a déjà brûlé vif des juifs, la question de son éventuelle interdiction se poserait.

Je ne dis pas que la réponse s’imposerait, mais la question serait posée et la réponse serait, à tort ou à raison, l’interdiction. Au lieu de quoi, que voit-on ?

Une extrême mollesse médiatique pour cause idéologique.
Pendant ce temps, le pouvoir politique interdit la présence d’entreprises israéliennes au salon d’armements Eurosatory.

Nous voilà rassurés. Nous voilà réarmés contre tous les dangers.


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