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21.06.2024 - N° 1.667 Les enjeux des élections législatives françaises Par Guy Millière Guy Millière, (spécialisation : économie, géopolitique). Titulaire de trois doctorats, il est professeur à l’Université Paris VIII Histoire des cultures, Philosophie du droit, Economie de la communication et Maître de conférences à Sciences Po, ainsi que professeur invité aux Etats-Unis. Il collabore à de nombreux think tanks aux Etats-Unis et en France. ![]() Le Rassemblement National a gagné les élections européennes. Sa victoire a été un désaveu de la politique menée par Emmanuel Macron, qui a été élu président deux fois, par défaut, en diabolisant son adversaire, et en la décrivant comme l’incarnation d’un « péril fasciste » inexistant. Et de fait, Emmanuel Macron n’a jamais été élu sur son programme. Il a pris le pouvoir en 2017 en créant un vague centre gauche, et en attirant vers lui des socialistes modérés et des membres du centre droit. Il n’a laissé sur sa gauche qu’une gauche extrême, et sur sa droite essentiellement une droite nationaliste qualifiée d’ « extrême droite », et il a gouverné sur cette base. Il a été un socialiste façon Tony Blair au Royaume-Uni. Il a créé un vaste mécontentement, car il n’a pu satisfaire ni les électeurs de droite ni les électeurs de gauche. Son bilan est accablant. Il a laissé s’installer dans le pays des millions d’immigrants, souvent arrivés illégalement, et a fait passer des lois qui étaient censées juguler l’immigration illégale et n’ont rien jugulé du tout. Il a prétendu lutter contre l’islamisation du pays, et a, en fait, permis que l’islamisation du pays se poursuive. Il a prétendu réformer le système français de retraites et n’a procédé qu’à un rafistolage qui ne règle aucun problème. Il a mené des projets écologistes coûteux et délirants au nom de la lutte contre un réchauffement global anthropique inexistant, et ce qu’il a fait a été insuffisant aux yeux des écologistes marxistes, mais bien trop aux yeux des adversaires des écologistes marxistes. Il a provoqué, par une taxe nouvelle sur les carburants, la révolte des gilets jaunes, qu’il a réprimée avec une abjecte férocité, puis une vaste grève et des manifestations qui ont pris fin grâce à la pandémie de COVID-19, qu’il a gérée de manière brutale et liberticide. Il a laissé des émeutes survenir après la mort d’un jeune criminel, et n’a rien fait pour remettre de l’ordre. Il a, au contraire, désavoué la police. Il a été arrogant, souvent méprisant, tout particulièrement vis-à-vis des Français pauvres. Les élections européennes ont montré que les Français rejetaient massivement sa gestion du pays : la candidate incarnant son courant a reçu moins de 15 pour cent des voix. Le vote pour le Rassemblement National a constitué un signal fort, indiquant tout à la fois un refus de l’islamisation du pays, un refus de l’immigration de masse, un refus de l’insécurité qui découle de l’immigration de masse, et une volonté des Français de retrouver la souveraineté sur le sol de leur pays et d’échapper au déclin et à la paupérisation. Macron a pu donner l’impression, en dissolvant l’Assemblée nationale, de vouloir redonner la parole au peuple. Ce n’est, c’est désormais clair, pas du tout ce qu’il a fait. Macron voudrait à nouveau gagner par défaut. Il voit qu’à l’issue des élections européennes l’addition Rassemblement National-Reconquête représente trente-huit pour cent des voix, ce qui n’est pas une majorité absolue. Il voit qu’en face, la gauche, dominée concrètement par la France Insoumise, représente trente pour cent des voix. Il voit qu’entre les deux, il y a, outre son mouvement politique en chute libre, il y a les Républicains qui se fissurent, et quelques socialistes qui refusent Mélenchon. Il fait tout ce qu’il peut pour décrire à nouveau le Rassemblement National comme un péril majeur, et la gauche et l’extrême gauche tiennent sur le Rassemblement National un discours similaire au sien : le but est de faire peur, et d’inciter, une fois de plus, à la haine de la droite nationale et conservatrice. Cette incitation à la haine est très malsaine et antidémocratique, mais elle a un effet certain, d’autant plus que les grands médias l’accompagnent et la renforcent. Macron va rallier à lui une part des Républicains (c’est déjà fait, au vu des investitures accordées) et il espère rallier aussi une part des socialistes pour tenter de sauver le macronisme : c’est conforme à sa façon de faire depuis 2017. Ce ne sera, je pense, pas suffisant pour qu’il surnage et se tire d’affaire. ![]() Dès lors, il restera deux issues. Soit l’alliance RN-Républicains suivant Ciotti l’emporte (Reconquête est quasiment mort, par la faute d’Éric Zemmour : quand on veut s’entendre avec un parti six fois plus gros que soi, on ne l’insulte pas et on ne le traîne pas dans la boue avant les élections, et quand on a une candidate tête de liste, on lui accorde tout le temps de parole dont elle doit pouvoir disposer : Éric Zemmour est intelligent, mais il est nul en stratégie politique, et me semble incapable de diriger un parti), et Macron fera tout pour qu’elle échoue, et pourra compter sur des émeutes d’extrême gauche pour l’aider. Soit la gauche unie (dominée par la France Insoumise) gagnera, et entraînera le pays vers le naufrage et le chaos : quiconque lit le programme de ce qui s’appelle le nouveau Front Populaire le comprend immédiatement, et voir que des gens tels que Raphaël Glucksmann et François Hollande se rallient à ce programme est infiniment davantage que lamentable, voir qu’ils acceptent l’union avec un parti islamogauchiste teinté d’antisémitisme et d’apologie du terrorisme les déshonore à jamais. Et Macron est prêt à accepter que cette gauche gagne, ce qui est de sa part d’une irresponsabilité scandaleuse ! Dans un cas comme dans l’autre, Macron espère pouvoir soutenir quelqu’un en 2027 qu’il présenterait comme un « recours » et qui continuerait le macronisme. La seule issue pour que la France ne soit pas dans une situation totalement désastreuse en 2027, voire avant si la gauche l’emportait, est de tout faire pour que l’alliance RN-Républicains suivant Ciotti l’emporte, et n’échoue pas, malgré les obstacles. Ce sera difficile, je sais : le programme du RN reste imparfait, mais Ciotti peut l’infléchir. Cela ne deviendra pas un programme libéral et conservateur, je sais (le libéralisme est et restera marginal en France), mais cela peut être un programme teinté de libéralisme et clairement conservateur. ![]() La France est au bord de l’abîme. Elle est là où Macron l’a conduite.
Elle peut mourir. _______________
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