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19.06.2024 - N° 1.665 L’heure déshonorante des gauches françaises Par Eduardo Mackenzie ![]() Eduardo Mackenzie est journaliste. Il est l’auteur de Les FARC ou l’échec d’un communisme de combat (Publiboock, Paris, 2005, 589 pages) ![]() Ce
n’est pas une alliance, ce n’est pas un pacte, ce n’est pas un accord
électoral sain. C’est une équipe désorientée de groupes – le Parti
Socialiste, le Parti Communiste, les Ecologistes et 40 autres nuances
du « progressisme », comme le groupuscule trotskiste Nouveau Parti
Anticapitaliste (0,15% des voix) – qui ont accepté de s’arrimer (en
quatre jours), jetant leurs principes par la fenêtre, à une formation
qu’ils avaient critiquée la veille comme étant antisémite. La France Insoumise, le parti de Jean-Luc Mélenchon, qui sème le chaos et la destruction dans les rues et arbore des drapeaux palestiniens à l’Assemblée nationale, qui rêve de détruire les institutions et de faire de la France un Venezuela sur le Vieux Continent, a réussi à engloutir ces groupes1 et à constituer avec eux une organisation pour participer aux élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet sous le nom de « nouveau front populaire »2. Ce cartel des gauches a été sur le point de se disloquer lors des négociations sur la répartition des circonscriptions et des candidatures. Après des heures d’âpres débats, ils sont parvenus à un accord avec 577 candidatures uniques. Non sans quelques scandales. Par exemple, l’« antifasciste » Raphaël Arnault, mis en examen pour son militantisme violent à Lyon, a été imposé par LFI comme candidat. Ou le cas d’Adrien Quatennens, reconnu coupable de violences conjugales (lequel vient de se retirer de la course sans plus d’explications). Après cela, ils ont signé un « programme gouvernemental » démagogique qui promet d’annuler la réforme macroniste des retraites (ce qui équivaut à la laisser sans financement), entre autres merveilles. Ainsi émerge un bloc électoral de gauche qui tentera d’obtenir la majorité des voix le 7 juillet pour remporter le poste de Premier ministre et empêcher, disent-ils, l’arrivée au gouvernement de l’extrême droite, c’est-à-dire du Rassemblement national (RN) le parti de Marine Le Pen, grande gagnante des élections en France du 9 juin au Parlement européen. LFI est une formation baroque. Elle est favorable à l’immigration de masse et à la « créolisation » de la population, déteste la police (demande sa dissolution et son définancement), est pro-Poutine, anti-Ukraine, pro-chinois, qualifie le gouvernement israélien de « génocidaire » et de « nazi » et ne condamne pas les organisations islamistes Hamas et Hezbollah. Ses militants arrachent des murs de Paris les photos des otages juifs que le Hamas avait enlevés lors du massacre du 7 octobre dernier. LFI voit cet abominable pogrom, non pas comme une vaste opération terroriste antisémite, mais comme « un acte de résistance » contre Israël, une définition que rejettent les autres partis français, y compris ceux qui se sont laissé enfermer dans le « nouveau front populaire ». Tel est le prix que ceux-ci paient pour décrocher ou conserver leurs sièges à l’Assemblée nationale (avec leurs privilèges et leurs salaires). Lors de la campagne pour le Parlement européen, ils avaient dénoncé LFI comme une organisation « à caractère antisémite ». Maintenant, ils sont à la queue d’un chariot fétide. Quant au RN : le nombre de voix obtenues le 9 juin (31,47 %) le fait passer pour le vainqueur du 7 juillet. Leurs bases et une partie des médias voient déjà leur numéro deux, Jordan Bardella, comme le futur premier ministre. Evidemment, RN joue aussi au Père Noël avec un programme de cadeaux : une brutale mais fausse réduction d’impôts. Ils promettent de compenser la perte financière de l’État par une réduction de la contribution annuelle de la France à l’Union européenne, tout en sachant qu’aucun des 26 autres pays n’acceptera un tel réajustement. Peu importe : la logique du RN est anti-UE, mais aussi anti-OTAN, pro-Russie, etc. ce qui provoque la panique et la honte dans le pays. La démonstration de force du RN, le 9 juin, a également conduit à l’éclatement de la droite gaulliste. Le président de Les Républicains (LR), Éric Ciotti, a annoncé, sans consulter ses cadres et encore moins les bases, une « alliance » avec le RN. Immédiatement, le bureau exécutif de LR s’est réuni et a expulsé le président car LR avait toujours combattu le lepénisme. Cela n’a pas empêché la division. Ciotti a dénoncé la validité de son expulsion devant un juge et a déclaré que plusieurs secteurs de son parti acceptent l’engagement avec Marine Le Pen. La grande question est : l’électorat libéral-conservateur, de centre et de gauche modérée, qui soutient l’actuelle majorité parlementaire et la présidence d’Emmanuel Macron, sortira-t-il en masse pour voter les 30 juin et 7 juillet pour barrer la route à un éventuel gouvernement d’extrême droite ou un gouvernement d’ultra gauche ? Les institutions juives rejetteront-elles complètement le nouveau front populaire ? Face à la folie qui s’apprête à s’emparer de la politique française, les abstentionnistes et les franges du conservatisme gaulliste et de la social-démocratie voteront-ils en masse les 30 juin et 7 juillet pour conjurer la montée des deux pôles extrémistes ? En France, les électeurs mécontents profitent souvent des élections européennes pour exprimer leur irritation. Cela est arrivé à plusieurs chefs d’Etat. Cette fois, la colère populaire créée par les contradictions et les erreurs d’ Emmanuel Macron a contribué à la montée du RN. Cela, et la dissolution prématurée de l’Assemblée nationale, décrétée par un Macron exacerbé, a forgé la situation explosive actuelle. Le plus étrange, c’est que le macronisme (coalition Besoin d’Europe : Renaissance, Modem, Horizons, Parti Radical, Union des démocrates et indépendants, qui a obtenu 14,60% des voix le 9 juin) fait moins que ses adversaires pour organiser son camp. Le Pen et Mélenchon sont déjà en pleine bataille d’idées et de programmes tandis que les ministres et porte-parole du gouvernement divaguent. Un ministre a déclaré anonymement à un journal : « Que ceux qui ont organisé la dissolution soient les moins organisés, c’est quand même dingue ». Lors d’une longue conférence de presse le 12 juin, Macron a critiqué, bien entendu, les programmes de Le Pen et Mélenchon. Il a dénoncé les « alliances contre nature » de ces partis extrémistes qui « ne pourront mettre en œuvre aucun programme ». Il a évoqué les « axes prioritaires » de son mandat en cas de victoire le 7 juillet : plus de fermeté et d’autorité républicaine à tous les niveaux « mais dans le cadre de la République et de ses valeurs ». Il a promis de « réduire l’immigration clandestine » grâce à l’application des textes européens. Il répondra également « plus fermement » à « la montée des violences des mineurs non accompagnés qui porte atteinte à la cohésion nationale ». Emmanuel Macron a estimé que « le travail doit être mieux payé » et que les entreprises doivent « mieux partager les revenus du travail et les richesses ». En matière de transition énergétique, il a confirmé vouloir construire huit nouveaux réacteurs nucléaires EPR2, indispensables pour pouvoir « éloigner le pays des énergies fossiles ». Le moment est celui d’une grande nervosité en France. La Bourse a perdu trois points depuis l’annonce des élections anticipées. Sur les trois blocs électoraux, deux seulement accéderont au second tour le 7 juillet. Le vainqueur sera à la tête du gouvernement, sauf dans deux domaines qui sont le « domaine réservé » du président : la défense et les affaires étrangères. Les électeurs accepteront-ils que la France soit gouvernée, pour la première fois, par une alliance dominée par des partis extrémistes (droite ou gauche) ? Mélenchon sera-t-il Premier ministre ? Marine Le Pen Première ministre ? Sera-t-il
possible de former une coalition parlementaire « de droite à gauche
pour construire une société plus fraternelle et plus juste » comme le
demande la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme
(Licra) ?
Le pire dans ce cas n’est pas impossible. Tout est entre les mains des citoyens.
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