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13.06.2024 - N° 1.659 Transition de genre : protégeons les mineurs Par Élodie Messéant Élodie Messéant est Coordinatrice de Students for Liberty France et collabore avec Young Voices. Elle s'intéresse principalement aux libertés individuelles, aux relations internationales, à la philosophie politique ainsi qu'à l'histoire. ![]() Le
28 mai, le Sénat a adopté une proposition de loi qui vise à encadrer
les transitions de genre jusqu’à la majorité. Ces transitions sont
adaptées aux personnes qui souffrent de dysphorie de genre, un trouble
décrit par l’Association américaine de psychiatrie (APA) comme un
sentiment d’inadéquation entre le sexe biologique et le sexe auquel une
personne se sent appartenir. Défendue par la sénatrice Jacqueline
Eustache-Brinio, cette loi a pour objectif d’éviter « aux mineurs en
questionnement de genre de ne pas regretter des traitements médicaux ou
de chirurgie de réassignation sexuelle suite à un mauvais diagnostic ». Il faut savoir qu’une transition est progressive et peut être sociale, légale, médicale, voire les trois en même temps. La transition sociale implique, par exemple, d’adopter les vêtements et les comportements associés au sexe opposé, de changer de prénom et de pronom. La transition légale consiste à changer d’état civil. La transition médicale est plus complexe : il existe différents types de traitement hormonaux et chirurgicaux, dont les fameux « bloqueurs de puberté » visés par le texte, des hormones de synthèse qui bloquent la production naturelle d’hormones sexuelles. En réaction, une partie de la gauche a accusé les rédacteurs du projet de loi de vouloir empêcher les personnes trans d’exister. Ce qui se passe dans les pays anglo-saxons mériterait pourtant que l’on s’y arrête un instant. Des médecins recommandent à des enfants et à des adolescents d’aller beaucoup plus loin qu’une simple transition sociale, et de commencer une transition médicale pouvant déboucher sur de la chirurgie. Le problème n’est pas seulement lié au fait qu’un trouble réel soit détourné en une revendication politique, mais que des militants, voire une partie du corps médical, encouragent des actes médicaux irréversibles par idéologie ou dérive identitaire. Quand l’idéologie corrompt le secteur médical Prenons l’exemple du Canada. La Convention relative aux droits de l’enfant permet à des mineurs de s’affranchir de l’autorisation de leurs parents pour recevoir des traitements médicaux s’ils sont considérés suffisamment « matures ». Krista and Todd Kolstad, un couple vivant dans le Montana aux États-Unis, ont ainsi perdu la garde de leur fille de 14 ans parce qu’ils ont refusé d’affirmer sa transition sociale. Ils se plaignent du fait qu’elle ait été retenue par un service de protection de l’enfance au Montana et envoyée au Canada, où la législation sur les mineurs est plus souple, sans leur permission. Pour certains praticiens, les bloqueurs de puberté sont une chose vertueuse dès lors que cela donnerait du « temps supplémentaire [à l’enfant] pour continuer d’explorer plutôt que de devoir subir les transformations de la puberté qui finiront tôt ou tard par arriver », à en croire le Docteur Tania Culham qui travaille au Trans Care BC, une plateforme chargée de mettre en relation les personnes trans en Colombie britannique. Depuis 2022, les médecins peuvent être condamnés pour thérapies de conversion. Ce terme est volontairement trompeur parce qu’il vise à englober des pratiques n’ayant pas forcément grand-chose à voir avec les réelles thérapies de conversions pseudo-scientifiques et intrinsèquement coercitives : lobotomie, sismothérapie, injections d’hormones, etc. En l’occurrence, la loi canadienne s’attaque au fait de vouloir changer « l’identité de genre » d’une personne « pour la rendre cisgenre » ou vouloir changer « son expression de genre » afin qu’elle « corresponde au sexe qui lui a été attribué à la naissance », sans préciser la manière dont une telle volonté ou un tel changement peuvent se caractériser. Un parent qui refuse que son enfant entame un traitement hormonal peut-il être poursuivi pour thérapie de conversion ? Un médecin qui déconseille fortement un traitement chirurgical ou qui remet en question les dires d’un enfant ? Pour le militant et universitaire Travis Salway, la loi devrait aller beaucoup plus loin et cibler le simple fait de décourager une personne qui s’autoproclame transgenre. Bloqueurs de puberté, opérations chirurgicales : des conséquences irréversibles En pratique, les bloqueurs de puberté ne donnent pas de temps supplémentaire au jeune patient, mais entraînent des changements irréversibles à un âge où il n’a pas encore eu le temps de se développer, que ce soit d’un point de vue physique ou psychologique. Le débat semble avoir évolué en ce sens au Royaume-Uni. En mars dernier, le National Health Service (NHS) – le système de santé anglais – a proscrit l’usage de ces médicaments aux mineurs de moins de 16 ans. Cette décision fait suite à la médiatisation de cas de jeunes adultes, comme celui de Keira Bell, qui regrette sa transition précoce, et est aujourd’hui en procédure judiciaire contre la clinique qui lui a prescrit des bloqueurs de puberté à 16 ans. Après sa transition sociale, elle avait décidé de commencer une transition médicale jusqu’à l’étape radicale de la chirurgie. Organes génitaux atrophiés, incapacité d’allaiter, possible infertilité, voix transformée, pilosité faciale… Avec le recul, elle affirme : «
Il était du devoir des professionnels de prendre en compte toutes mes
comorbidités, et non de conforter mon espoir naïf que tout pouvait être
résolu
avec des hormones et de la chirurgie. » Les dernières études suggèrent en effet que les bloqueurs de puberté ont de lourdes répercussions : 95 % des jeunes femmes sous traitement à base de testostérone développent un dysfonctionnement du plancher pelvien et des symptômes typiques de la ménopause. Le phénomène est d’autant plus inquiétant que, ces dernières années, l’on constate une épidémie de dysphorie de genre chez les jeunes filles. En 2009-2010, 48 % des personnes orientées vers le Gender Identity Development Service (GIDS), un service du NHS désormais fermé, étaient des filles. Elles étaient 74 % en 2018-2019. Cette explosion de cas concerne majoritairement une population jeune (entre 16 et 17 ans) et féminine (on passe d’une majorité d’adolescents à une majorité d’adolescentes), ce qui renforce l’idée d’une contagion sociale. Prenons l’exemple de Chloe Cole. Son cas est tout aussi frappant parce qu’elle a décidé d’entamer une transition médicale après sa transition sociale, alors qu’elle était mineure. Mal dans sa peau en raison d’une puberté précoce, elle a été confortée dans son idée d’être un homme dans un corps de femme. Ses parents ont été trompés par les médecins qui prétendaient qu’entre 1 % et 2 % des personnes regrettaient la transition de genre, et que leur fille risquait de se suicider si elle ne le faisait pas. Après avoir été encouragée à prendre des bloqueurs de puberté à l’âge de 13 ans et à faire une double mastectomie à l’âge de 15 ans, l’adolescente, devenue suicidaire, a décidé d’arrêter son traitement. À 19 ans, elle se plaint d’avoir les symptômes de la ménopause, des complications liées à sa mastectomie, des cicatrices, des douleurs, de ne plus pouvoir allaiter : « Je n’avais pas besoin qu’on me mente ; j’avais besoin de compassion, de me sentir aimée, d’avoir une thérapie adaptée, et non que l’on me fasse croire que changer de sexe allait résoudre tous mes problèmes. » Elle ajoute : « Il faut arrêter de dire à des enfants de 12 ans qu’ils sont nés dans le mauvais corps. Ils ont le droit de rejeter leur propre corps et d’être complexés. Il faut arrêter de dire aux enfants que la puberté est une option ; qu’ils peuvent choisir la puberté qu’ils désirent. La puberté est un rite de passage à l’âge adulte, pas une maladie. » Avant de mourir à l’âge de 21 ans, Yarden Silveira, un jeune homme lui aussi mutilé par des médecins, a exprimé son regret de la transition de genre : « J’ai un trou béant dans ma zone génitale avec mon côlon qui s’écoule (c’est répugnant) et un anneau de tissu cicatriciel qui bloque la plus grande partie de l’entrée. Si le côlon ne peut pas s’écouler, il se retrouve bloqué, ce qui pourrait entraîner (et c’est probablement le cas) la formation de caillots de sang, puis la mort. J’ai déjà atteint le stade de l’obstruction. Ce qui me fait le plus mal, c’est la solitude et l’impossibilité de trouver un partenaire. Je ne peux pas avoir une vie sexuelle normale. […] Voilà ce que j’obtiens en jouant avec la nature. » Malgré
les lettres d’un psychiatre et de deux travailleurs sociaux
recommandant une chirurgie d’inversion, les médecins ont refusé de
l’aider à détransitionner.
À lire aussi : Jazz Jennings, l’enfant trans star : un exemple de réussite ? Probablement l’un des plus jeunes enfants à avoir fait une transition médicale après avoir été diagnostiqué d’une dysphorie de genre, Jazz Jennings est souvent présenté comme un exemple de réussite pour la communauté LBGT. Le petit garçon a manifesté très tôt son envie d’être une fille – dès l’âge de 4 ans – mais au lieu de l’orienter vers un psychologue ou un psychiatre pour enfant, ses parents l’auraient amené à consulter Marilyn Volker, une sexologue spécialisée sur les questions transgenres. À 8 ans, le petit garçon a subi trois opérations douloureuses pour avoir un faux vagin. Dans une émission de téléréalité sur le parcours de l’enfant, son chirurgien, le Dr Jess Ting, explique la manière dont le néovagin a « explosé » pendant l’opération et blâme la pression à laquelle Jazz était soumis plutôt que son propre scalpel. La plaie qui constitue son faux vagin doit être maintenue ouverte par dilatation pour le reste de sa vie afin d’éviter qu’il se referme. Âgé d’une vingtaine d’années, Jazz a dû retarder son entrée à l’université en raison de sévères problèmes mentaux et peine toujours à avoir une relation qui ressemble, de près ou de loin, à une relation intime avec quelqu’un. Regrets, détransitions et suicides : une épine dans le pied des militants LGBT Si un mineur n’est pas juridiquement responsable, c’est précisément parce que l’on considère qu’il n’est pas en mesure de pleinement comprendre la portée de ses actes. Il n’y a aucune raison de faire une exception pour un acte aussi lourd et irréversible qu’une transition médicale à base de traitement hormonal ou d’opération chirurgicale sous couvert de « protection des droits des personnes trans » ou de « droit à l’autodétermination ». D’autant plus que des informations trompeuses peuvent être données à des parents qui veulent naturellement le bien-être de leur enfant. Selon le Docteur David Bell, psychiatre et auteur d’un rapport alarmant sur les activités du GIDS, le plus souvent, les adolescents se révèlent homosexuels sans qu’une transition ne soit nécessaire (c’était notamment le cas de Keira Bell) et la dysphorie de genre n’est pas la cause de leur dépression ou de leur mal être, mais plutôt une conséquence. Le chantage affectif selon lequel un enfant empêché de changer de sexe serait plus susceptible de commettre un suicide est un mensonge pur et simple. Tout d’abord, la littérature scientifique est parfaitement claire à ce sujet : entre 61 % et 98 % des enfants ou préadolescents diagnostiqués d’une dysphorie de genre se réconcilient avec leur sexe biologique lors de la puberté, et beaucoup d’entre eux découvrent qu’ils sont homosexuels. Il semblerait que les regrets après un changement de sexe ne soient rares que pour les personnes qui ont pris cette décision à l’âge adulte, alors qu’ils seraient beaucoup plus fréquents qu’on ne le croit chez les patients plus jeunes. Ensuite, une étude réalisée sur près de 90 millions de patients aux États-Unis a révélé que les personnes qui ont subi une opération chirurgicale pour changer de sexe ont un taux de suicide 12 fois plus élevé que celles qui n’ont pas subi de chirurgie. Plus intéressant encore, une autre étude a confirmé que les personnes trans ont un taux de suicide supérieur à la moyenne, y compris après une chirurgie, tout en suggérant que le principal prédicteur de suicide renvoie aux comorbidités psychiatriques. Les affaires médiatisées d’adolescents ou de jeunes adultes mutilés qui regrettent leur transition ont au moins eu le mérite de déclencher un revirement sur la législation, puisque vingt États protègent les mineurs des transitions de genre, et cinq d’entre eux posent une interdiction temporaire ou permanente. Alors, est-ce que cette loi suffira pour protéger les mineurs des expérimentations médicales en France ? En l’absence de justification médicale sérieuse,
et au risque de se faire accuser de transphobie par des idéologues, la liberté n’inclut pas le droit à mutiler des enfants.
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