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20.05.2024 - N° 1.636 Les bizarres « insoumis » et la montée des actes antisémites en France Par Eduardo Mackenzie ![]() Eduardo Mackenzie est journaliste. Il est l’auteur de Les FARC ou l’échec d’un communisme de combat (Publiboock, Paris, 2005, 589 pages) ![]() L’Université
de Lille a annoncé l’annulation d’un colloque sur la Palestine prévu le
lendemain et proposé par Jean-Luc Mélenchon, leader du parti d’extrême
gauche La France Insoumise (LFI), avec la militante
franco-palestinienne Rima Hassan, née dans un camp de réfugiés en Syrie.
Plusieurs parlementaires français, comme la députée macroniste Violette Spillebout, le député Sébastien Chenu, du parti conservateur Rassemblement national (RN), et le socialiste Jérôme Guedj, avaient demandé l’annulation de cette conférence. Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a expliqué le pourquoi d’un tel rejet : « Il
ne faut pas permettre aux antisémites d’entrer ni à Lille ni ailleurs
dans le pays, encore moins dans les universités françaises. »
L’affiche conçue par les organisateurs du colloque avait provoqué une grande indignation dans la classe politique, car, sous le titre « Palestine libre », apparaît une carte de la région où Israël est effacé. Pour beaucoup, ce détail révèle le contenu et l’objectif de la conférence de Lille : soutenir la politique de l’organisation Hamas qui, par la terreur, cherche à éradiquer Israël du Moyen-Orient. Le Hamas prône la construction d’un État palestinien « du Jourdain à la mer Méditerranée ». L’affiche montre, en effet, un territoire qui couvre Israël, la Cisjordanie et la bande de Gaza sans qu’aucune trace d’Israël n’y apparaisse. Raphaël Glucksmann, tête de la liste socialiste aux élections européennes du 9 juin, a conclu que ce logo dévoile la ligne inacceptable de Mélenchon et de LFI consistant à « nier l’existence de l’État d’Israël ». La controversée Rima Hassan, en septième position de la liste insoumise aux élections européennes, a été convoquée, vendredi 19 avril, par la police judiciaire pour « apologie du terrorisme » commise entre le 5 novembre et le 1er décembre, « au moyen d’un service de communication au public en ligne ». Elle est accusée d’avoir utilisé le slogan éradicateur « From the river to the sea ». La France insoumise insulte les actions défensives israéliennes à Gaza contre le Hamas en les qualifiant d’ « opération génocidaire ». Rima Hassan décrit Israël comme une « entité coloniale fasciste ». Rares sont ceux qui oublient que, lorsqu’un journaliste lui a demandé : « Les actions du Hamas sont-elles légitimes ? », elle a répondu : « Vrai »1. Outre l’université de Lille, la préfecture du Nord-pas-de-Calais a également interdit le colloque sur la Palestine Furieux, Mélenchon a opté pour tenir sa réunion ailleurs à Lille, et dénonce « un abus de pouvoir digne d’une république bananière ». Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a estimé que « la volonté de ceux qui s’en sont pris à l’organisation de cette conférence est de nous faire taire ». Rima Hassan a ajouté : « Interdire une conférence à cause de ce logo est ridicule. »
Néanmoins, les responsables de l’université ont expliqué que l’augmentation des tensions internationales, depuis l’attaque massive de missiles et de drones iraniens contre Israël, le 13 avril dernier, ne permettra pas la « sérénité dans les débats ». Jean-Luc Mélenchon multiplie, dans plusieurs universités, ses harangues sur la question palestino-israélienne. Certains porte-parole de gauche ont soutenu sa diatribe contre l’université de Lille et LFI a insisté que le logo mis en cause « ne nie en aucun cas l’existence d’Israël » et qu’ils « n’ont jamais encouragé la haine antisémite ». Ce qui n’est pas exact. Mélenchon n’a pas condamné le massacre anti-juif du 7 octobre 2023 qui a fait plus d’un millier de morts, deux mille blessés et plus de deux centaines de personnes kidnappées. Au contraire, il l’a justifié en disant qu’il s’agissait d’une « offensive armée des forces palestiniennes » dans un contexte « d’intensification de la politique israélienne de colonisation de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem ». Une telle posture a suscité l’indignation dans la classe politique française. La sénatrice socialiste Laurence Rossignol a répondu à Mélenchon : « Dire que les Juifs sont responsables de ce qui leur arrive est
ne caractéristique du discours antisémite. » « Il faut mettre ses montres à l’heure. Il y a un parti antisémite aujourd’hui en France, c’est La France insoumise ». Alain Finkielkraut
En novembre 2023, sur LCI, le philosophe Alain Finkielkraut a accusé La France insoumise d’être un « parti antisémite ». « Il faut mettre ses montres à l’heure. Il y a un parti antisémite aujourd’hui en France, c’est La France insoumise », a affirmé le membre de l’Académie française. Finkielkraut était interrogé avant la marche contre l’antisémitisme à Paris, à laquelle le parti RN avait choisi de participer, tandis que LFI avait proposé un rassemblement à part. Une autre réaction, encore plus vive, est celle de l’historien Georges Bensoussan qui a comparé, cette semaine, Mélenchon à la figure la plus exécrable de la collaboration avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale : Jacques Doriot, le « petit führer français ». Leader communiste en 1928, Doriot adhère au Parti populaire français (PPF), en 1936 et finit, en 1940, par militer aux côtés des pétainistes et de porter l’uniforme allemand en France. Antisémite enragé, Doriot envoie ses militants encourager la police lors des rafles et des déportations de juifs vers les camps de la mort nazis. Rima Hassan, après le terrible pogrom du 7 octobre, s’est également abstenue de qualifier le Hamas d’organisation terroriste et a déclaré qu’il n’était qu’une forme de « résistance » contre « l’occupant israélien ». La candidate de LFI joue avec les mots pour ménager le Hamas : « On
peut dire que le Hamas a une légitimité dans un contexte de lutte pour
l’autodétermination. C’est un parti politique qui a été élu. Mais quand
ils commettent des crimes, ils sont en dehors du cadre prévu par les
Nations unies ».
Largement rejetées en France, les positions de LFI à l’égard d’Israël ont contribué à la forte montée des actes antisémites, surtout depuis le massacre du Hamas du 7 octobre Le 20 avril dernier, par exemple, un homme de 31 ans a été condamné à deux ans de prison ferme pour avoir violemment agressé, le 1er mars, un sexagénaire juif qui portait une kippa devant une synagogue à Paris. Il avait menacé aussi un père de famille juif en 2022. La victime a été rouée de coups et a brièvement perdu connaissance. L’agresseur avait proféré des insultes antisémites avant de prendre la fuite. Même le secrétaire général du Parti communiste, Fabien Roussel, a déclaré que Rima Hassan « mène un projet qui n’apporte pas de solution politique et de paix ». Le président des députés du parti centriste Renaissance à l’Assemblée nationale, Sylvain Maillard, a qualifié l’élection de cette candidate de « honte absolue » et de « chose la plus exécrable » que LFI ait faite. Mélenchon est en fait l’homme politique le plus réprouvé en France à l’heure actuelle. L’évolution de Mélenchon et de son parti attire également l’attention des défenseurs de la démocratie, des Juifs et des amis d’Israël en Amérique latine Mélenchon dit entretenir d’excellentes relations avec le président colombien Gustavo Petro et plusieurs gouvernements de gauche. Les positions de Mélenchon et Petro sur Israël et sur le 7 octobre ont été très proches, voire identiques. Petro qualifie de « nazi » le gouvernement de Netanyahu et apporte son soutien au procès intenté par l’Afrique du Sud contre Israël pour « génocide » devant la Cour internationale de Justice, à La Haye. Petro a mis en péril les excellentes relations diplomatiques entre la Colombie et Israël. Le 21 juillet 2022, Mélenchon déclare avoir rencontré Gustavo Petro à Bogota après l’élection présidentielle. Dans un texte long et confus, le chef de LFI a salué Petro comme un bon « anti-impérialiste », « anticapitaliste » et « écologiste », et a déploré d’avoir découvert, lors de sa tournée au Mexique, au Honduras et en Colombie, que ces trois régimes rejettent son idée d’un « affrontement frontal contre l’impérialisme nord-américain », et que chacun cherche plutôt un « point d’équilibre » avec le gouvernement de Joe Biden. Cela n’a pas dispensé le chef de l’islamo-gauchisme français d’insister sur sa théorie du « choc frontal » : « promulguer de nouvelles constitutions » partout et « tout changer d’un coup ». Il
est clair que Mélenchon nourrit l’espoir de voir ses affidés
latino-américains suivre ses absurdes recettes. Gustavo Petro essaie de
le faire.
Avec des résultats catastrophiques.
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