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07.05
.2024 - N° 1.6183

Dans la continuité de la Shoah, l’Europe,
sous l’impulsion allemande,
crée un “judaïsme sans les juifs”


Par
Jean Patrick Grumberg
  
Jean Patrick Grumberg est journaliste.
Dans les années 70, il a travaillé sous la direction de Georges Wolinski à
Charlie mensuel, puis a été chef d’entreprise, lobbyiste.
Il a vécu à Paris, à Los Angeles et à Tel Aviv, et vit entre la Californie et Israël.



L’idéologie européenne antisémite d’Hitler, de Wagner et de Céline
n’a jamais capitulé. Elle a muté.

La politique étrangère de l’Europe en est une preuve. Sa déférence envers la mémoire des juifs exterminés durant la Seconde Guerre mondiale, et son irrévérence envers la lutte des Juifs d’Israël pour leurs terres, pour leur pays, et contre le terrorisme est l’autre preuve. Combien de pays occupent les terres d’un autre pays dans le monde ? Plein. Combien voient leurs exportations vers l’Europe revêtues d’une étiquette de la honte, “produit d’origine coloniale” ? Un seul. Et l’étiquette n’est pas seulement calomnieuse, elle est menteuse : il n’y a pas de colonies en Israël.

Le judaïsme sans les juifs

Pour parvenir à un judaïsme sans les juifs, les dirigeants européens ont mis en place un “judaïsme de substitution” – un judaïsme laïc, factice, déconnecté de ses racines religieuses et surtout d’Israël – l’exemple le plus symbolique français est le CRIF, soumis à la politique de l’État, qui n’a pas même osé inclure la lettre J pour “juif” dans son acronyme, un organisme sans pouvoir, qui donne l’illusion du pouvoir juif afin de simuler une vie juive active.

L’antisémite François Mitterrand avait parfaitement intégré cette construction, en incluant des ministres juifs dans son gouvernement et des amitiés juives comme Bernard Henri Levy dans son entourage. Les suivants ont suivi comme des idiots utiles, comme Attali.

Judaïsme de substitution

En Allemagne, centre névralgique du traumatisme de l’Europe, cette idéologie antisémite se poursuit même après la capitulation militaire inconditionnelle de l’Allemagne nazie en mai 1945. Sous un manteau favorable aux juifs, la lutte contre le judaïsme reste l’objectif principal.

L’antisémitisme, en tant qu’idéologie politique d’État visant à détruire le judaïsme, est resté la raison d’État. Pour y parvenir, les dirigeants de l’Allemagne réunifiée ont mis en place un judaïsme de substitution – un judaïsme factice financé par l’État et soumis à la politique, sans religion, pratiquement sans juifs, avec des “rabbins bidons”, peu d’entre eux sont habilités à certifier les conversions au judaïsme – la plupart des rabbins de la communauté allemande, d’ailleurs, ne pouvant pas justifier d’une autorisation reconnue (Smicha – סְמִיכָה).

En outre, les critères du gouvernement allemand pour la reconnaissance d’un juif ne suivent pas les règles halakhiques [légales juives]. Au contraire, les enfants d’au moins un parent juif, de père ou de mère, étaient éligibles au titre du programme de réfugié juif. [Les mouvements réformés et reconstructionnistes acceptent également cette définition, tandis que les mouvements orthodoxes et conservateurs suivent la loi juive traditionnelle : l’identité religieuse est héritée par la mère uniquement].

Le rabbin Walter Homolka (et son mari), n’est pas seulement le rabbin de loin le plus connu du judaïsme allemand présenté par le Conseil central, il est également président du conseil d’administration de l’Union des juifs progressistes d’Allemagne.

Les responsables juifs de la “Preußischer Landesverband Gesetzestreuer Synagogengemeinden KdöR” (association régionale prussienne des communautés synagogues fidèles à la loi) s’en sont émus et ont déclaré :

L’ersatz de judaïsme allemand développé et installé par l’argent des contribuables en RFA n’est pas un judaïsme. La falsification publique représente le plus grand danger pour le judaïsme proprement dit. Le judaïsme allemand de substitution, représenté par le soi-disant Conseil central des Juifs financé par l’État, s’adapte aux intérêts des Églises, de la politique et de la société athée, et ne défend pas dans la société les valeurs juives indispensables de notre Torah.

https://www.achgut.com/artikel/das_deutsche_ersatzjudentum

En septembre, Avitall Gerstetter a rédigé une chronique dans Die Welt très critique de la vie juive et de la conversion au judaïsme telle qu’elle est pratiquée en Allemagne, et qui semble déjà produire les effets de la dilution recherchée, qui mènera à la disparition des juifs – mais pas du judaïsme.

“Le très grand nombre de nouveaux Juifs a entraîné un changement considérable dans la vie juive en Allemagne. Dans certains services et pendant certains discours, j’ai davantage l’impression d’un événement interreligieux que de la visite à la synagogue que je connais depuis mon enfance.”

https://www.jta.org/2022/09/06/global/are-too-many-germans-converting-to-judaism

Et pour les juifs qui seraient tentés de rester, en France, en Allemagne ou ailleurs en Europe, l’immigration musulmane a permis de sous-traiter leur exténuation. Il n’y aurait plus, selon les chiffres que j’ai pu trouver, que 9.600 enfants juifs en Allemagne, malgré l’important exode de juifs de l’URSS au début des années 90. Il y aurait entre 5,3 et 5,6 millions de musulmans.

Sous-traitance de l’expulsion des juifs

Si l’ont me confiait la mission de débarrasser l’Europe de ses juifs, mais en employant cette fois des méthodes politiquement correctes, pas comme la dernière fois, voilà ce que je ferai : je rechercherai qu’elle est la communauté au monde qui hait les juifs depuis les temps les plus anciens. Je découvrirai assez vite qu’il en existe deux : les Européens et les musulmans. Les Européens ont déjà donné, ils ne vont pas recommencer de sitôt. Restent les musulmans. La solution que je proposerai aux décideurs européens : faites immigrer en Europe des dizaines, voire des centaines de millions de musulmans, et les juifs partiront d’eux-mêmes.

Et ça marche !

Seman Gorlick, le président d’une communauté juive de l’État allemand de Brandebourg a annoncé début novembre qu’il immigrait en Israël, et il a appelé les Juifs allemands à le suivre.

«Je ne veux pas vivre dans un pays dont la chancelière amène des millions de musulmans antisémites qui attaquent les Juifs et les institutions juives en Allemagne, a-t-il expliqué.»


https://israelmagazine.co.il/un-dirigeant-juif-allemand-appelle-les-juifs-a-quitter



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