![]() Toutes les news c'est ici Contact
Abonner un(e) ami(e) Vous abonner Qui sommes nous ? |
04.05.2024 - N° 1.6180 Les retraites, grandes oubliées du 1er mai Par Stéphane Dupont ![]() Stéphane Dupont est chef du service France des Echos depuis 2013. Il était auparavant chef du service Politique et chef adjoint du service International. ![]() Mot d'ordre unitaire l'an dernier, la lutte contre la réforme des retraites
a disparu cette année des cortèges syndicaux. La France est passée à autre chose. Mais un fort ressentiment demeure et plombe Emmanuel Macron. Le contraste est saisissant. L'an dernier, pour le 1er mai, près de 800.000 personnes avaient défilé dans toute la France, selon la police. Et les huit principaux syndicats avaient manifesté côte à côte pour dénoncer la réforme des retraites tout juste votée. Du jamais vu en plus d'une décennie. Ce mercredi, ils étaient moins de 200.000 dans la rue. Et les leaders syndicaux ont porté chacun dans leur coin leurs propres revendications, souvent disparates. La refonte à venir de l'assurance-chômage, unanimement dénoncée, aurait pu fournir un nouveau mot d'ordre unitaire. Il n'en a rien été. La parenthèse de 2023 a été refermée et tout est revenu comme avant ou presque, hormis le soutien affiché dans nombreux cortèges aux Palestiniens de Gaza. Parenthèse refermée Nulle trace des retraites en tout cas cette année sur les banderoles. Même si elles s'en défendent, les grandes confédérations ont tourné la page et se battent aujourd'hui sur d'autres fronts. « On continue le combat sur les retraites », a assuré ce mercredi Sophie Binet, la secrétaire générale de CGT sur BFM TV, en se félicitant des « avancées » obtenues récemment par les cheminots. Mais son syndicat comme les autres ferraillent désormais surtout sur les salaires. La question du pouvoir d'achat domine, a reconnu la patronne de la CFDT, Marylise Léon, au même moment sur France Inter. Très majoritairement opposés au report de l'âge légal de départ en retraite de 62 ans à 64 ans, les Français sont passés à autre chose. Résignés à avaler cette potion amère. Fer de lance de la contestation au Parlement, la gauche et le RN ne parlent plus guère non plus de cette réforme honnie. Le PS a bien essayé début avril de remettre le sujet sur la table, en déposant une proposition de loi d'abrogation au Sénat. Rapidement écartée par le gouvernement avec l'aide de l'article 40 de la Constitution, elle n'a pas eu d'écho. Ressentiment Le Rassemblement national se garde bien de trop s'épancher sur la question, lui qui a promis de revenir aux 62 ans, voire moins. Le « quoi qu'il en coûte » n'est plus de saison. Dette et déficit record obligent, l'heure est aux économies et non aux mesures coûteuses, les Français en sont bien conscients. Le parti d'extrême droite recueille les fruits du mouvement social de l'an passé sans avoir besoin d'en dire beaucoup plus. Car la réforme des retraites plombe électoralement Emmanuel Macron et sa majorité. Les Français n'ont pas passé l'éponge, notamment dans les milieux populaires.
Un ressentiment sur lequel surfent allègrement Marine Le Pen et Jordan Bardella.
______________
|
||||
Qui
sommes-nous ? Nous écoutons, nous lisons, nous regardons... C'est parfois un peu ardu, et les news peuvent demander de l'attention. Mais elle sont souvent remarquables ! Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion et nourrir celle-ci. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs, et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. Bien sûr, vos commentaires sont très attendus. ![]() Me desinscrire |