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10.04.2024 - N° 1.596

Victimes et fiers de l'être
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Par François Vidal
 
François Vidal est un journaliste français qui a occupé le poste de rédacteur en chef adjoint des Échos, l'un des principaux journaux économiques français.
Selon les informations, il a assuré l'intérim à la direction de la rédaction depuis mars 2023, mais sa candidature pour devenir directeur de la rédaction a été rejetée
par les journalistes de l'entreprise.


« Je souffre donc je suis. Portrait de la victime en héros », de Pascal Bruckner. Editions Grasset.

Nos sociétés ont transformé les victimes en héros. Une mutation destructrice,
dont les jeunes générations pourraient être les grandes perdantes.

Comment en est-on arrivé là ? Comment la victime a-t-elle pu devenir le héros de nos sociétés démocratiques ? C'est à une réflexion autour de cette question à la fois pertinente et dérangeante que Pascal Bruckner nous invite.

Pertinente, parce que l'auteur vise juste lorsqu'il affirme que nous avons basculé récemment d'une sacralisation des victimes héritée du christianisme à une posture victimaire qui n'épargne ni les Etats ni leurs habitants. L'une des ambitions centrales de nos sociétés a longtemps été d'améliorer les droits des plus faibles et des plus vulnérables pour atténuer ou supprimer leur souffrance. Un objectif que le Progrès rendait atteignable. Le problème, c'est qu'avec le temps, la promesse d'un avenir toujours plus favorable s'est transformée dans les démocraties occidentales en un dû, qui rend le moindre désagrément insupportable.

« Nous briguons un sort toujours meilleur, au risque de hisser nos petites misères au niveau de privations intolérables », analyse Pascal Bruckner. Des maux dont nous nous estimons injustement victimes et dont l'origine serait à chercher dans nos origines ou dans l'action d'une autorité illégitime.

Culpabilité occidentale

Mais cette réflexion est également dérangeante, car elle pourrait laisser accroire que l'auteur nie l'existence de victimes réelles et de leurs souffrances. Cet écueil, il le frôle d'ailleurs lorsque le boomer pose sur les féministes, antiracistes, écologistes radicaux et autres anticolonialistes d'aujourd'hui le regard paternaliste du soixante-huitard rangé des voitures. Mais à cette nuance près, Pascal Bruckner, fidèle à sa réputation de dénonciateur des travers de l'époque, fait mouche. Tout particulièrement sur l'analyse d'un des carburants du dolorisme ambiant : la culpabilité occidentale. Une forme d'expiation de péchés hérités du passé, qui nous aliène et offre aux « tueurs » un alibi pour commettre leur forfait.

Les inégalités restantes « On le sait depuis Tocqueville, c'est quand le principe de l'égalité est acquis pour tous que les inégalités restantes deviennent intolérables. Si l'on a déjà (presque) tout gagné, les derniers bastions à prendre suscitent une forte irritation. Complétons cette loi par une autre : plus la condition des hommes et des femmes se rapproche, plus l'animosité entre eux va augmenter de façon exponentielle. »

Devoir de mémoire ou d'histoire « Il n'est qu'une manière de réparer les crimes du passé, c'est de prévenir leur répétition dans le présent. Tout le reste n'est que verbiage et ressentiment. Ainsi combien de militants anti-esclavagistes restent-ils muets sur le servage d'aujourd'hui qui les laisse froids : on ne les entend ni sur Daech ni sur la Libye ou le Qatar, seulement sur Nantes, Bordeaux ou Londres.  »

Briser le cercle maudit « Pour quitter l'état de supplicié officiel, il faut briser l'adhérence à soi, ne pas s'enfermer dans ces petits cercles de martyrs autoproclamés qui s'enivrent de leur condition jusqu'à l'hypnose.

Ça n'est pas le mal subi qui est irréversible mais le mal infligé à autrui, le seul qu'on ne se pardonne pas. La sacralisation du malheur rend impossible toute échappatoire hors de son cercle maudit. »



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