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02.03.2024 - N° 1.557

Aloïs Alzheimer,
le spécialiste de la mémoire

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Par Abbé Alain René Arbez

Educateur spécialisé, curé de paroisses à Genève-centre,
relations avec le judaïsme Genève depuis 20 ans, membre de la commission judéo-catholique des Evêques suisses (Lucerne).



L’être humain recèle un potentiel fantastique, mais certaines de ses fonctions peuvent connaître des déficiences qui ont été longtemps difficiles à interpréter.

C'est le cas pour la mémoire, une fonction du cerveau qui conditionne l’expression de notre humanité. St Augustin, dans sa réflexion à la fois psychique et spirituelle reprise plus tard par St Thomas d’Aquin, évoquait déjà cette trinité intérieure que constitue l’interaction entre mémoire, intelligence et volonté.

Au début du 20ème siècle, la découverte réalisée par le docteur Aloïs Alzheimer, médecin allemand, apporte des éléments déterminants de compréhension des troubles de la mémoire, qui seront désormais qualifiés de « maladie d’Alzheimer ».

Aloïs naît en 1864 à Marktbreit (Bavière) de Eduard Alzheimer et de Barbara Busch. Comme ses parents, il est un fervent catholique. Après les études secondaires où il excelle, il poursuit une formation en médecine à Berlin, Tübingen et Würzburg. Il sera titulaire d’un doctorat de médecine, en 1888 (mention très bien) sur les glandes auriculaires, et en 1904 il présente une thèse sur la pathologie du cortex cérébral au cours de l’assemblée générale des psychiatres d’Allemagne du Sud-Ouest. Aloïs Alzheimer est psychiatre, neurologue et neuropathologiste.
  • En 1894, alors que l’antisémitisme grandit en Allemagne, Aloïs Alzheimer épouse Cecilia Geisenheimer, une femme juive, dont il aura trois enfants. Il est intéressant de noter au passage que le spécialiste des troubles de la mémoire a choisi de s’unir avec une personne membre du peuple de la mémoire…
  • Dès 1888, Alzheimer travaille comme médecin assistant dans une institution pour déments et épileptiques à Francfort. Ses convictions l’amènent à changer les méthodes habituelles dans le traitement des malades : à la place des mesures coercitives (enfermement, camisoles, alimentation forcée) il instaure les promenades accompagnées dans l’environnement naturel du parc et les bains apaisants dans un cadre détendu.
  • En 1901, les soins prodigués à Augusta Deter, une patiente, vont amener le docteur Alzheimer à proposer une interprétation novatrice des troubles mémoriels. Cette personne a des symptômes généralement reconnus chez des sujets âgés, or elle n’a que 51 ans. A partir de ses entretiens suivis, il établit un tableau récapitulatif de ce qu’il nomme « maladie de l’oubli ».  Après le décès de Madame Deter, le neurologue autopsie son cerveau et il y découvre des symptômes de dégénérescence manifestés par des dépôts de protéines typiques, des fibrilles et des plaques amyloïdes.
  • En 1906 la présentation de ses conclusions cliniques auprès de confrères réunis en congrès ne convainc pas les participants, plus intéressés par la présence de C.G. Jung parmi eux. Cependant, Emil Kraepelin son chef de recherche investigatrice est quant à lui persuadé de la justesse des découvertes d’Alzheimer. Il met en valeur la validité de cette thèse dans un ouvrage savant, sous le chapitre « Folie sénile ». Malgré cette reconnaissance officielle, les explications cliniques d’Alzheimer vont tomber dans l’oubli jusque dans les années 60, alors que se développent de nouvelles recherches médicales sur la démence.
Aloïs Alzheimer décède à l’âge de 51 ans, en raison d’insuffisances rénale et cardiaque. Il repose auprès de sa femme Cecilia au cimetière de Francfort.

Aujourd’hui, l’appellation « maladie d’Alzheimer » s’est banalisée, car elle correspond aux formes courantes de troubles mémoriels (2/3 des diagnostics de démence sénile). Les recherches sur cette maladie se poursuivent mais les seules solutions pharmaceutiques applicables se résument à freiner la déconnection progressives des synapses du cerveau, à l’origine de ce que certains appellent « la mort blanche » d’un proche qui oublie les événements de sa vie et ne reconnaît plus les siens.


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