La Mouette déchainée
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28.11.2023 - N° 1.463

Aides à la presse : un bilan scandaleux
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Par Loup Viallet

Loup Viallet, auteur de "La fin du franc CFA", et d'"Après la paix", est spécialiste des rapports entre la France et l'Afrique, directeur de collection chez VA Editions.



La majorité des titres de presse bénéficiant de subventions publiques
réservent leurs contenus à leurs lecteurs payants.

La Mouette déchainée ne bénéficie d’aucune aide publique.

Le 8 septembre dernier, le ministère de la Culture a publié sur son site officiel la liste des titres de presse ayant bénéficié d’une aide financière en 2022. En lisant attentivement sa composition, j’ai pensé que l’oubli dans lequel ce document était tombé ne méritait pas d’être entretenu.

En 2022, 370 titres de presse (et lettres d’information en ligne) ont bénéficié d’un total de 110,4 millions d’euros d’aides publiques (28 millions d’aides au pluralisme, 57 millions d’aides au transport et 31,4 millions d’aides à l’investissement).

Contrairement à
La Mouette déchainée, qui ne bénéficie pas d’un sou d’argent public, la majorité des titres subventionnés sont des entreprises de presse rattachées à un groupe (LVMH, Lagardere media news, Sud Ouest, Rossel La Voix, Altice, CMA CGM, SIPA Ouest France…).

Ces aides à la presse sont ainsi assimilables à des aides directes aux entreprises. Elles s’inscrivent dans le cadre d’une concurrence économique dont elles modifient les règles. Deux groupes semblent tirer particulièrement profit de cette forme d’interventionnisme.

D’abord le groupe Les Échos – Le Parisien, qui reçoit des aides publiques pour Aujourd’hui en France, Le Parisien et Les Échos, cumulant plus de 14 millions d’euros d’aides (14 162 397 euros) en 2022.

Ensuite, le groupe L’Humanité, qui a reçu 3 882 152 millions d’euros pour une diffusion inférieure au million d’exemplaires annuels, un chiffre qui correspond à la moyenne basse des ventes des titres de la presse quotidienne régionale en France.

Sur la « neutralité » des critères d’attribution

L’octroi de ces aides reposerait sur « des critères objectifs qui sont les garants de la neutralité et de l’impartialité des décisions d’octroi ».

Les montants de ces subventions dépendent en réalité d’un critère objectif (celui du nombre d’exemplaires vendus en un an) mais qui ne s’appliquent qu’aux titres de presse écrite (les vues des sites d’information et d’opinion en ligne ne sont intégrées dans aucun calcul), et d’une estimation plus brumeuse, qui vise à « compléter les ressources des titres de presse qui ne disposent pas de recettes publicitaires suffisantes afin que la pression des marchés publicitaires ne détermine pas les idées qui auront vocation à s’exprimer dans le débat public. ».

L’allocation des subventions ne tient pas non plus compte du montant des dons que les titres de presse collectent régulièrement auprès de leurs lecteurs, précisément pour combler le manque à gagner publicitaire.

Le soutien du gouvernement à la diversité des opinions penche au centre et à l’extrême gauche

Ce savant calcul justifie, sans vraiment les expliquer, les variations étonnantes que l’on retrouvera entre les subventions accordées en 2022 à Valeurs Actuelles (36 182 euros) et à Marianne (293 198 euros), magazines d’opinion dont le nombre d’exemplaires diffusés annuellement est proche (5 283 689 pour Valeurs Actuelles et 6 849 666 pour Marianne) et dont les lectorats se situent sur des segments politiques très différents.

À l’inverse, des titres idéologiquement proches comme Challenges ou L’Obs perçoivent des aides plus conséquentes (408 507 euros pour le premier, 461 835 euros pour le second) tout en bénéficiant de tirages plus importants (7 247 941 pour Challenges, 10 827 896 pour L’Obs).

L’accès à l’information des citoyens est entravé par la barrière des abonnements

En 2022, le rapport annuel de Reuters Institute sur la consommation de l’information dans le monde soulignait que les sources d’actualité en ligne étaient devenues les premières sources hebdomadaires d’information (69 % des Français consulteraient la presse en ligne via leurs ordinateurs ou leurs smartphones). Or, la majorité des titres de presse bénéficiant de subventions publiques (disposant d’un format papier et d’une vitrine web ou seulement d’une vitrine web) fonctionnent par abonnements et réservent leurs articles à leurs lecteurs payants.

Le contribuable français finance ainsi Le Monde, dont 60 % des contenus en ligne sont réservés aux abonnés, ou Le Figaro Premium, dont 100 % des contenus sont inaccessibles au public. Des lettres d’information spécialisées comme La Lettre A ou AfricaIntelligence ont bénéficié respectivement d’une enveloppe de 379 743 euros pour l’un, et de 777 928 euros pour le second, alors que la grande majorité de leurs publications est réservée à leurs lecteurs payants.

En un coup d’œil : les titres les plus aidés par le gouvernement et les titres aidés les plus lus par les Français






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