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09.10.2023 - N° 1.414

Impôt sur le capital en Europe :
la route de la servitude fiscale

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Par Philippe Lacoude




Le groupe écologiste du Parlement européen propose un impôt sur le capital qui s’élèverait à 0,5 % des actifs des personnes les plus riches. Mais ils oublient bien les implications économiques négatives d’une telle taxe.

Une « étude » du groupe écologiste du Parlement européen propose un impôt sur le capital de l’ensemble des 27 pays de l’Union d’un niveau de 0,5 % des actifs des personnes les plus riches.

Selon les chiffres complètement farfelus de cette œuvre des plus majeures depuis Das Kapital, cet impôt rapporterait 213 milliards d’euros par an de recettes fiscales.

Maths modernes

Comme à l’accoutumée, ce genre d’exercice saugrenu fait appel aux élucubrations des trois habituels compères Gabriel Zucman, Emmanuel Saez et Thomas Piketty qui feignent d’ignorer que l’impôt sur les grandes fortunes (IGF), l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) sont des avatars complètement idiots dont les recettes sont plus faibles que les pertes économiques qu’ils ont engendrées au fil des années.

Les estimations de recettes fiscales sont simplement bizarres. Selon les auteurs, ce futur impôt rapporterait par exemple la somme complètement improbable de 65 milliards d’euros en Allemagne, et de 46 milliards d’euros en France.

Pourtant, jamais dans l’histoire de l’impôt allemand sur la fortune, il n’a rapporté de telles sommes.

Pareillement, l’IGF et l’ISF français peinaient à rapporter seulement un cinquième de ces montants avec, pourtant, des taux largement supérieurs.

À moins de mettre à contribution non seulement les très riches, mais également les classes moyennes, il n’y a aucune chance de lever de telles sommes.

Effet Laffer

De plus, tout ceci fait fi de l’effet Laffer, à savoir de la forte désincitation de certaines formes d’imposition sur l’activité humaine, qui conduisent parfois à faire des pertes de recettes lorsque l’on augmente les impôts.

Les différents impôts sur le capital sont certainement les pires moyens de remplir les caisses publiques.

En effet, parce que le capital est à la source de la création de richesses, et que c’est son accumulation qui permet la croissance économique, l’imposition du capital, sous toutes ses formes et par tous les moyens, réduit les recettes fiscales de tous les autres impôts, simplement parce que, sans capital, il n’y a pas de salaires, et donc pas de recettes fiscales sur ces derniers.

En utilisant les chiffres de Bercy, le groupe Coe-Rexecode avait calculé que la perte annuelle de PIB due à l’ISF s’élevait à 45 milliards d’euros au moment de sa suppression.

Mais le PIB n’est jamais que la somme de toutes les productions du pays. S’il vient à manquer 45 milliards de PIB, n’en déplaisent à nos écologistes européens, il vient à manquer 45 milliards de revenus taxables par la TVA, les charges sociales, l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés, etc.

Comme la pression fiscale moyenne sur le PIB est d’environ 50 %, lorsque l’on perd 45 milliards de PIB en levant 9 milliards au titre de l’ISF, on perd en fait 20 à 25 milliards de recettes sur tous les autres impôts.

Dit plus simplement, l’effet Laffer est tel que chaque euro d’ISF levé entraînait environ 10 euros de perte de PIB et 5 euros de pertes de recettes fiscales.

Incitations perverses

L’impôt proposé par nos marxistes en herbe porterait sur l’ensemble de tous les actifs comme l’immobilier, les dépôts bancaires, mais aussi les parts d’entreprises et les œuvres d’art.

S’il faut inventer un moyen de faire fuir toutes les œuvres d’art aujourd’hui en Europe vers les États-Unis, la Suisse, le Japon et la Chine, voici un merveilleux expédient qui dépasse les destructions culturelles obtenues par le troisième Reich.

Quant à elle, l’idée de taxer les parts d’entreprises détenues par les entrepreneurs ne peut être née que dans les esprits brumeux de gens qui n’ont jamais créé une firme et ses emplois concomitants.

L’Europe manque déjà cruellement non seulement de capital, mais également de capitalistes. Il est choquant de constater que ce continent à la très vaste population éduquée n’a absolument aucune entreprise technologique parmi les dix premières du monde :


À moins de conclure que les Américains et les Asiatiques seraient plus aptes à l’apprentissage des mathématiques, de la physique, et de l’informatique – ce qui est faux au regard du nombre de thèses défendues en Europe – comment peut-on raisonnablement expliquer pourquoi l’Europe ne participe pas à ces 11 753 milliards de dollars de capital des dix premières entreprises technologiques au monde ?

Déficit d’entrepreneurs

La réponse à cette question est qu’il manque à l’Europe des dizaines de « super-entrepreneurs », ces personnes comme Bill Gates, Elon Musk et Mark Zuckerberg.

Selon un article de City Journal, l’Europe ne compte que 0,8 super-entrepreneur par million d’habitants, contre 0,9 par million en Chine et 3,1 par million aux États-Unis.

L’Europe manque aussi de femmes entrepreneurs.

Dans le monde, un entrepreneur milliardaire sur vingt est une femme. En Chine, 71 femmes ont accumulé des fortunes d’un milliard de dollars ou plus grâce à l’entrepreneuriat. Les États-Unis comptent 28 femmes super-entrepreneurs.

L’Europe n’en compte que huit.

Dans les systèmes économiques européens, les secteurs à prédominance féminine tels que l’éducation, la santé et les soins aux personnes âgées sont limités par les oligopoles, les monopoles publics et les réglementations en tout genre, réduisant ainsi les opportunités d’entrepreneuriat à fort impact.

En revanche, les États-Unis, ainsi que les économies asiatiques comme celle de la Chine, sont plus ouvertes à l’entrepreneuriat dans les domaines de la santé et de l’éducation, ce qui explique en partie pourquoi l’Europe, prétendument égalitaire, est si loin derrière à cet égard.

Des recettes fiscales, pourquoi faire ?

Prendre chaque année 213 milliards d’euros aux « riches » européens – c’est-à-dire à ces nombreux entrepreneurs dont le continent manque tellement – est donc une idée absolument idiote si l’on veut créer les entreprises innovantes de demain avec les hauts salaires qu’elles versent.

Et là se pose la question habituelle : des recettes fiscales, pourquoi faire ? Pourquoi prendre de l’argent à un futur Elon Musk européen et le donner à un ponctionnaire de Bruxelles ?

Qui pense une seconde que des individus comme Gabriel Zucman, Emmanuel Saez et Thomas Piketty feraient un meilleur usage de 213 milliards que Bill Gates, Jeff Bezos et Jensen Huang ?

Même sans tenir compte d’aucun effet micro-économique désincitatif de l’impôt, il est évident que la substitution de 213 milliards d’euros de son usage en capital vers des dépenses publiques – souvent des gabegies sans équivalent privé – n’est pas du tout un moyen de faire croître l’économie européenne.

Détachée de la réalité

En plus d’être envieuse du fruit des vertus de ceux qui réussissent, cette idée d’impôt européen sur le capital est donc complètement détachée de la réalité.

En plus d’être économiquement dangereuse et politiquement populiste, elle présente également l’inconvénient majeur d’augmenter la distance entre l’électeur et l’impôt.

Un électeur de Clochemerle peut se plaindre de son impôt sur le capital – les taxes foncières – à son maire qu’il croise tous les jours.

Un électeur français n’a aucune chance d’influencer ni son député, ni son président sur les questions de l’IGF, de l’ISF ou de l’IFI, qui sont décidées à huis clos par quelques oligarques de l’inspection des finances, souvent sans même l’aval de leur ministre.

Il est bien évident qu’un impôt européen – ou mondial dans le vieux rêve de George Soros – serait absolument permanent, arbitraire et inique sans que l’électeur n’ait individuellement aucune chance de changer quoi que ce soit.

Ce qui est, hélas, le but de tous ces gens qui se prétendent « démocrates ».



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