La Mouette déchainée
                             Réactions, enquêtes, déclarations...

                                 









Toutes les news
c'est ici




Contact


Vos réactions, vos commentaires


Abonner un(e) ami(e)

Vous abonner

Qui sommes nous
?


23.09.2023 - N° 1.398

La lutte contre l’inflation est enfin engagée
4 minutes de lecture
Derniers commentaire paru :
JC le 18 septembre
A lire ici
Vous aussi, faites nous part de vos commentaires, de vos
réactions, de vos témoignages... nous pourrons les publier.
cliquez ici

Par Auteur invité




Bruno Le Maire multiplie les mesures pour lutter contre l’inflation.
Il ait baisser tous les prix : alimentation, carburant, énergie...
Mais ces cadeaux destinés à protéger le pouvoir d’achat des Français
ne sont pas dénués d’effets pervers…



Il fallait y penser : pour lutter contre l’inflation, il suffit de faire baisser les prix !

Cette innovation française marque un tournant qui semble historique, mais qui est au contraire dans la grande tradition française : sous l’Ancien Régime avec Philipe le Bel et les rois faux monnayeurs1, et dès la première République avec Robespierre qui fixe les prix « minimum ».

Bruno Le Maire débloque.

En effet, les prix français avaient une qualité utile en cas d’inflation : ils ne pouvaient pas facilement baisser. Il fallait donc les débloquer, et autoriser leur baisse, fût-elle de nature à permettre au producteur de vendre à perte.

Bruno Le Maire a mis ce matin les choses à l’heure de l’inflation.

À partir du 1er décembre, et pendant six mois, les carburants pourront être vendus à perte. Tous les vrais et braves économistes français savent, d’une part que la concurrence est parfaite quand personne n’a le droit d’être différent des autres ; d’autre part, que les prix ne peuvent être fixés par le marché, qui est aveugle et injuste : sa myopie tranche avec la vue à long terme de la classe politique (« gouverner c’est prévoir »).

Une autre disposition est également prévue, mais cette fois pour le prix de l’électricité.

Ici, le ministre contredit ouvertement madame Wargon, présidente de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE)2: non, le prix de l’électricité n’augmentera pas de plus de 10 %, et il est confirmé que le bouclier tarifaire est bien maintenu en 2024, même s’il en a coûté entre 31 et 35 milliards d’euros au budget de l’État pendant l’hiver 2023, et même s’il est question de le réduire progressivement à partir de l’an prochain.

Enfin, mais ce n’est pas nouveau, les prix de 5000 produits alimentaires sont bloqués actuellement. Cette mesure a été imposée aux grandes surfaces, mais aussi, après une rencontre imposée par l’État, entre producteurs et distributeurs pour limiter les marges des uns et des autres. De plus, il est prévu que  contrôles et informations seront généralisés pour vérifier que le respect de la réglementation des prix de ces produits ne soit pas accompagné de baisse dans le poids ou la qualité des produits concernés.

Bruno Le Maire a d’ailleurs conclu son interview par une allusion à la disparition des superprofits réalisés, non seulement par les grandes compagnies pétrolières, mais aussi par tous ceux qui ont tiré avantage de l’inflation. Les entreprises privées, les commerçants et artisans doivent « faire un effort de solidarité » et participer à la défense du pouvoir d’achat des Français. Voilà bien de la justice sociale, enfin.

Malheureusement, il se trouve toujours quelques corporations qui ne se plient pas aux impératifs de l’intérêt général.

Robert Gantois, président de l’UFIP (Union Française des Industries Pétrolières) réfute la réputation de grosses marges faites par les distributeurs de pétrole : au maximum un centime sur le litre de carburant.

Mais, dans la même veine, Francis Pousse, président de la branche distributeurs de carburants du syndicat Mobilians, estime que la vente à perte est intolérable pour les petites stations- service, dont la marge est déjà très proche de un euro, et qui seraient délaissées au profit des grandes surfaces qui peuvent se permettre de perdre sur le carburant en se rattrapant sur les achats des automobilistes : les faillites de petites stations, surtout en campagne, seraient massives. Il demande donc à l’État de compenser par des aides les dégâts économiques de la vente à perte. La boucle est bouclée. L’État tue les entreprises, puis fait tout pour les sauver.

Dans ces conditions, ne serait-il pas opportun de donner une leçon d’économie à madame Borne et monsieur Le Maire, mais aussi aux pseudo-économistes qui forgent actuellement la pensée unique française ?

Voici quelques acquis incontestables de la vraie science économique :
  1. L’inflation est, toujours et partout, un phénomène monétaire. Les banques centrales, entre les mains des États, fabriquent en permanence de la fausse monnaie
  2. La fausse monnaie, distribuée notamment à travers les dépenses publiques, a pour effets de distribuer des faux droits (Jacques Rueff) puisque des gens qui ne produisent rien vivent de subventions et allocations ; de financer des investissements non rentables et de renchérir artificiellement le coût du crédit (Hayek) ; et de fausser les prix et profits relatifs, informations indispensables au marché (Mises).
  3. La concurrence dite parfaite n’est pas l’égalité entre producteurs, mais au contraire la diversité des offres : on devra s’aligner sur ceux qui font la meilleure offre parce qu’ils auront compris les besoins à satisfaire le mieux possible.
  4. Le marché est parfaitement capable de régler l’énergie, sous forme de carburant, électricité ou autre. Mais il est faussé par le cartel des États pétroliers (OPEP), la réglementation européenne, et les impôts prélevés au moment de la vente finale de l’énergie.
  5. Quand l’inflation gonfle tous les prix, les impôts sur la consommation de tous produits sont automatiquement augmentés : c’est ce qu’on appelle « l’impôt d’inflation ». Ainsi en est-il pour la TIPP et la TVA.

Les plus atteints, en fonction de leurs revenus, sont les ménages les plus démunis (et pour le carburant, ceux qui roulent le plus – pour leur plaisir sans doute !).

1. À l’époque, il existe une monnaie de compte (le denier, la livre, etc.) et une monnaie de paiement (une pièce métallique : un écu ou un louis). Il suffit au roi de déclarer qu’un écu qui permettait auparavant de se payer une livre de farine vaut désormais deux fois plus, de sorte que le prix de la farine est divisé par deux. Plus tard, on appellera cela une dévaluation !
2. Ancienne ministre, elle a été battue aux élections législatives, mais on a pu lui trouver très vite un poste à la hauteur de sa compétence. Cette énarque est la fille de Lionel Stoléru, qui avait fini par critiquer la planification française, et se rapprocher des industriels libéraux.


Faites nous part de vos commentaires, de vos réactions,
de vos témoignages... nous pourrons les publier.

______________












Qui sommes-nous ?

Nous écoutons, nous lisons, nous regardons...

C'est parfois un peu ardu, et les news peuvent demander de l'attention.
Mais elle sont souvent remarquables !


Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion et nourrir celle-ci.
Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici.


Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs,
et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur.

Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur
qui pourrait nuire à sa réputation.


Bien sûr, vos commentaires sont très attendus.


   L'équipe de La Mouette déchaînée.