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07.09.2023 - N° 1.383 Les syndicats et leurs responsabilités dans la situation économique française
Par Jonathan Frickert Jonathan Frickert est juriste et auteur de plusieurs essais consacrés essentiellement aux questions de décentralisation. Depuis 2020, il tient le blog "Élyséeologie". ![]() Les syndicats français ont décidé de se mobiliser, le 13 octobre prochain, contre l’austérité, pour l’augmentation du pouvoir d’achat etc... Pourtant, les solutions qu’ils préconisent sont celles-là mêmes qui sont responsables de la situation économique française. C’est pourtant ce jour-là que les syndicats français ont décidé de se mobilier, le 13 octobre, d’après un communiqué de presse intersyndical publié le 28 août dernier. Un communiqué destiné à faire oublier l’échec de la mobilisation contre la réforme des retraites, mais qui omet opportunément la responsabilité des syndicats dans la situation économique française actuelle. Une mobilisation européenne CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, UNSA, CFTC, Solidaires et FSU. Ce sont les huit syndicats cosignataires de ce fameux communiqué de presse sur les thèmes généraux du pouvoir d’achat, de l’égalité hommes-femmes, et contre l’austérité. Des thèmes que les syndicats souhaitent défendre ou pourfendre lors d’une journée de mobilisation le vendredi 13 octobre prochain, amorcée ni plus ni moins que par la Confédération européenne des syndicats (CES). Cet organisme né il y a maintenant 50 ans regroupe 89 syndicats et 10 fédérations syndicales dans près de 39 pays européens. En France, en sont membres la CFDT, la CFTC, la CGT, FO et l’UNSA. La CES organise parfois des manifestations et des « euromanifestations » en marge d’événements européens. Pas de baisse des prélèvements Les solutions proposées sont tristement toujours les mêmes, et se résument en un mot : augmenter. Augmenter les salaires, augmenter les pensions, augmenter les minima sociaux. Augmenter, et ce sans jamais questionner la véritable oppression pécuniaire des faramineux prélèvements obligatoires. Les 47 % de prélèvements qui frappent les Français en font les deuxièmes contribuables les plus taxés et socialisés d’Europe après les Danois, selon l’Insee. Un communiqué qui omet les vrais sujets Non, à aucun moment les prélèvements ne sont évoqués. Il faut comprendre les syndicats : ils ne sont pas sortis de la religion du service public et du prétendu salaire différé. À aucun moment, l’intersyndicale ne s’interroge sur l’anémie frappante des services publics bureaucratisés jusqu’à la moelle, alors même que les services régaliens, l’éducation, les infrastructures et les transports ne représentent que un euro sur cinq de dépense publique, de l’aveu même de France Trésor. Notons dans ce sens que le principal poste de dépense publique est la protection sociale. Ce poste représente 57 % des dépenses publiques françaises, avec 46 % consacrés aux retraites (26 %) et à la santé (20 %) À ce problème de pression et de fléchage de la dépense publique s’ajoute la part conséquente d’emplois administratifs dans les différents services de l’État et des collectivités locales. En effet, selon l’iFRAP, les emplois administratifs représentent un tiers des effectifs de la fonction publique hospitalière (contre un quart chez nos voisins). Cette part passe à 70 % si elle est additionnée aux services techniques dans la fonction publique territoriale. À aucun moment, l’intersyndicale ne se dit que dégraisser le mammouth administratif, pour reprendre l’expression éculée, et desserrer la pression sur les contribuables, pourraient améliorer considérablement la vie des Français. Inflation et rigidité Selon l’intersyndicale, les problèmes seraient tout autres. Elle évoque ainsi « [des] profits [qui] explosent dans la plupart des grandes entreprises » et « des mesures ponctuelles et majoritairement financées par l’État [qui] sont insuffisantes pour répondre à l’inflation ». Or, ces deux situations, super-profits et inflation, sont liées à la rigidité de l’économie française. Appeler à des mesures étatiques ne ferait que raidir un peu plus le marché hexagonal. Nos confrères de La Tribune ont par ailleurs expliqué ce manque de flexibilité des prix des produits et du travail. Cette rigidité est pourtant en partie le fait des revendications syndicales. En effet, ces organisations sont les premières à exiger des entreprises et des gouvernements successifs davantage de rigidité sous couvert de protection. Pour en témoigner, les revendications des principales organisations syndicales consistent à demander des augmentations de salaires et de pensions diverses, de nouveaux « droits à », à défendre le système de retraite par répartition, et à pourfendre la mise en concurrence des services publics. Ces revendications sont toutes couvertes par un impératif d’égalité fantasmé, et tristement profitable dans l’opinion française. Un jour noir Au final, la journée de mobilisation du 13 octobre est surtout destinée à permettre aux organisations syndicales de se refaire une santé après l’échec de la mobilisation contre la réforme des retraites, sans envisager à aucun moment une quelconque remise en question. Superstitieux ou non, ce vendredi 13 octobre s’annonce donc déjà
comme un jour de malheur pour le travail en France.
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