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19.08.2023 - N° 1.364

Prise d’otage à la Coupe du monde de rugby
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Par Arnaud Le Vaillant De Charny

Arnaud Le Vaillant De Charny est le directeur de publication de Contrepoints.



Les syndicalistes de la RATP ont décidé de faire grève pour la Coupe du monde de rugby. Et si on mettait fin aux privilèges d’une entreprise qui, en plus d’être coûteuse et peu efficace, a un pouvoir de nuisance disproportionné.


Face aux syndicalistes de la RATP, le ministre des Transports Clément Beaune doit prendre ses responsabilités.

La France s’apprête à recevoir bientôt la Coupe du monde de rugby. Financée essentiellement sur fonds privés, celle-ci s’annonce un succès commercial sinon sportif pour la France, bien loin de la gabegie à venir des Jeux Olympiques de Paris 2024. C’était sans compter sur les habituels trouble-fêtes : les syndicats français, cette fois-ci Force ouvrière.

En effet, Force ouvrière a récemment déposé un préavis de grève couvrant l’ensemble de la compétition. La cause ? La direction refuse d’élargir le versement de primes à tous les agents. Elle l’a en revanche accordé aux conducteurs de métro et RER pour un minimum de 330 euros. Cette prime s’ajoute à la prime de présence instaurée en octobre dernier, et qui peut atteindre 450 euros. De son côté, le ministre des Transports en appelle à « prendre ses responsabilités ».

Cependant, s’il en est un qui est irresponsable dans cette histoire, c’est bien le gouvernement.

La RATP coûte très cher aux contribuables pour des résultats très peu probants.

Alors qu’à Londres, le prix des billets couvre l’essentiel des frais de fonctionnement du réseau, en Île-de-France, 65 % sont à la charge du contribuable. À cela, il faut ajouter un régime spécial de retraite extrêmement favorable : quand certains Français manifestaient pour ne pas partir à la retraite à 64 ans, les agents RATP faisaient grève pour ne pas partir à 54 ans. Cela représente une charge supplémentaire de près de 800 millions d’euros par an pour le contribuable, soit près d’un quart de la masse salariale de la RATP.

Le retour à la normale post-covid s’est révélé un fiasco total.

L’entreprise, qui a reçu près de trois milliards d’aides du contribuable pendant la pandémie, a été incapable de se préparer au retour au travail des employés. Évidemment, aucun lien n’est fait entre le manque de personnel et un départ à la retraite anticipé de dix années, ni avec le fait que, non seulement, les salariés de la SNCF ne sont même pas aux 35 heures, mais ne travaillent pas non plus autant que ce qui est prévu par les accords d’entreprise.

Le rapport de la Cour des comptes de 2021 n’est pas le premier à pointer les graves dysfonctionnements de la RATP. Un rapport de 2011 pointait des possibles malversations au sein du comité d’entreprise sous contrôle syndical. Le parquet a ouvert une enquête préliminaire, mais ensuite, silence radio.

Malgré ces graves dysfonctionnements, la RATP a été encore récemment récompensée par le gouvernement qui repousse jusqu’en 2026 le processus d’appel d’offres pour les transports en bus d’Île-de-France. On est bien loin de la responsabilité invoquée par Clément Beaune.

Un gouvernement responsable mettrait fin à la protection dont bénéficie une entreprise qui pourrit la vie des Français.

D’abord, il mettrait fin à son financement par les entreprises. La forte hausse du télétravail et le fait que les entreprises doivent payer une RATP qui empêche leurs salariés de se rendre au travail rend ce modèle caduc.

Ensuite, au lieu de repousser la très limitée ouverture à la concurrence, le gouvernement doit privatiser la RATP. Pour assurer une vraie concurrence, elle serait transformée en deux sociétés : une société de métro/tram, et une société de bus en réelle situation de concurrence. La SCNF pourrait récupérer l’exploitation des deux tronçons de RER A et B sous gestion RATP.

Les Parisiens disposeraient de réelles alternatives, et les entreprises pourraient investir et créer de l’emploi plutôt que de financer la gabegie.
Les Français en auraient enfin pour leur argent.


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