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16.08.2023 - N° 1.361 L’inflation au service du gouvernement
Par Henry Bonner ![]() Après un master de physique aux Etats-Unis, Henry Bonner a travaillé dans la finance pour la société Sprott, spécialisée dans les minerais et les métaux précieux. Il a ensuite travaillé pour différentes boîtes d'éditions financières, à Londres, en Suisse, et à Paris, où il a écrit sur l'économie et l'actualité financière. ![]() Alors
que l’inflation grignote la valeur de l’euro, les autorités semblent se
réfugier derrière des taux négatifs et une politique de crédit facile.
Une stratégie qui soulève des questions sur sa viabilité à long terme. Les entreprises et les gouvernements ont pris l’habitude de leur capacité d’emprunter sans cesse à des conditions plus avantageuses. Sans la manne des crédits, les valeurs en Bourse dérapent, l’immobilier plonge, et les faillites repartent à la hausse. La création de crédits immobiliers commence déjà à baisser aux niveaux les plus faibles depuis des années… ![]() Les pays de la zone euro empruntent à moins de 0 %, en prenant en compte le niveau de l’inflation. Une hausse des taux ne suffit pas pour arrêter l’inflation. Par exemple, la Banque d’Argentine a placé le taux directeur à 97 % ! Pourtant, l’inflation arrive à 114 % au mois de juin. En somme, la remontée des taux par la banque centrale jusqu’ici ne suffit pas pour couper court à l’inflation. La BCE, tout comme la Banque d’Argentine, ou la Banque d’Angleterre (avec un taux directeur de 5 % pour un niveau d’inflation de 7,9 % aux derniers chiffres) continuent de fournir une incitation à l’endettement, une aide aux gouvernements. Coup de pouce aux gouvernements Les autorités en zone euro ont peu l’intention de pousser les taux au-dessus du niveau de l’inflation, et mettre fin au crédit facile. En effet, un taux d’intérêt négatif signifie que la dette des gouvernements baisse, en taille du PIB. Actuellement, le poids de la dette française baisse d’environ 2,5 % par an. Les taux négatifs permettent le désendettement des gouvernements sans besoin de rembourser, ni négocier des conditions avec des créanciers. Un taux négatif réduit d’année en année le poids de la dette existante. De plus, les autorités françaises continuent d’ajouter plus de dette au rythme d’environ 5 % du PIB par an. Sans le coup de pouce des taux négatifs, cette dette ne trouverait pas preneur… L’illusion de la lutte contre l’inflation La presse soutient des mesures et des lois – au prétexte de protéger les gens contre l’inflation. Face à l’envolée des prix en magasin, les ministres convoquent les producteurs et les commerces. Ils mettent la faute pour la hausse des prix sur les supermarchés et l’industrie de l’agroalimentaire. Ils ne remettent pas en cause les déficits, qui atteindront plus de 130 milliards d’euros pour la quatrième année consécutive. Certes, le gouvernement peut faire pression sur les distributeurs pour réduire les prix. Mais il n’augmente pas la quantité de biens, et ne réduit pas les prix de production. Il force juste les distributeurs à répercuter les prix ailleurs ou à renoncer à proposer d’autres produits. Face aux échecs, les dirigeants vont prendre davantage de pouvoirs. Souvenez-vous du programme de nationalisations de 1982, lorsque le gouvernement Mitterrand a mis la main sur 39 banques, si bien qu’un employé sur quatre travaillait pour le secteur public (contre un sur cinq en ce moment). « Partage de la valeur » La dernière mesure en faveur du pouvoir d’achat provient de la loi sur le « partage de la valeur. » La loi découle de négociations entre les syndicats – dont presque personne ne fait partie – avec le gouvernement. La loi sur le « partage de la valeur » force les entreprises à distribuer plus d’argent aux salariés. En fait, en dépit des affirmations des médias, les entreprises augmentent plus rapidement les salaires qu’elles ne dégagent d’excédents en raison des hausses de prix, comme en atteste le graphique de la Banque de France, ci-dessous. ![]() La Banque explique que « le taux de marge reste autour de 32 %, sa valeur de moyen terme. » Pourtant, la presse aligne les tribunes en soutien à la loi. L’une d’elles paraît dans Les Échos… L’auteur félicite le gouvernement sur la mise en place de lois qui forcent les entreprises à distribuer des profits aux employés : «
Lundi dernier, le projet de loi sur le partage de la valeur est arrivé
à l’Assemblée nationale. Même s’il n’avait pas occupé le devant de la
scène médiatique ces dernières semaines, ce texte représente un progrès
majeur, et ce, à bien des égards. Il remet bien évidemment le sujet du
pouvoir d’achat des Français au cœur des débats, mais au-delà, il
permet de réinterroger les mécanismes actuels du partage de la valeur.
Ce projet de loi issu de l’ANI « partage de la valeur » est surtout la
preuve que le dialogue social apaisé et constructif est porteur
d’avancées majeures pour notre société. »
L’auteur ne prend pas le temps de demander comment des entreprises peuvent payer davantage leurs salariés, sur ordre des dirigeants, sans couper les dépenses sur une autre partie des activités ou retirer de l’argent à quelqu’un d’autre. La presse soutient les interventions et les manœuvres… Au
lieu de mettre sous contrôle l’inflation, en coupant les déficits, les
autorités prévoient un retour aux politiques de soutien et de dépens
– voire de nationalisations, à l’instar des années 1980.
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