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07.08.2023 - N° 1.352 Quand l’État pourrit vos vacances d’été
Par Arnaud Le Vaillant De Charny Arnaud Le Vaillant De Charny est le directeur de publication de Contrepoints. ![]() C’est
la saison des départs en vacances et, une fois de plus, l’État semble
jouer le rôle du trouble-fête. Les autoroutes, les trains et les avions
se retrouvent tous pris dans un carcan de règlementations et de
pratiques qui font de nos vacances un parcours du combattant. Les autoroutes Les Français aiment autant l’autoroute qu’ils aiment se plaindre de ses tarifs. Force est de constater que malgré les appels nombreux à renationaliser, les Français sont prêts à payer chaque année pour être coincés dans les bouchons plutôt que d’utiliser le réseau secondaire gratuit. Le 8 juillet dernier, les bouchons sur l’autoroute ont connu un pic de plus de 1000 km cumulés et s’ils semblent aussi inévitables que la mort et les impôts, ce n’est pourtant pas le cas. Les bouchons sont un problème économique bien identifié et qui peut être résolu : ils ne sont rien d’autres qu’une pénurie de route, c’est-à-dire le symptôme d’une demande de routes supérieure à l’offre. Le moyen de résoudre ce problème est connu des économistes : il faut laisser les prix s’adapter pour mettre la demande en adéquation avec l’offre. Or, les tarifs autoroutiers sont fixés par la loi et empêchent les sociétés d’autoroutes de s’adapter. Le problème est particulièrement exacerbé autour de Paris où il n’y a pas de péages du tout. Si les tarifs étaient libres, les sociétés d’autoroutes pourraient à la fois les augmenter en période de pointe et les réduire en période de creux. Les automobilistes seraient donc incités à modifier leurs comportements en conséquence : ceux qui ne sont pas contraints par les vacances scolaires prendront peut-être la route un jour de semaine plutôt que le weekend, certains feront du covoiturage ou prendront l’autocar, voire le train ou l’avion. D’autres encore iront vers une destination moins demandée. Les avantages sont nombreux : les Français gaspillent de l’essence dans les bouchons et polluent inutilement. Parfois, ils perdent presque une demi-journée de leurs précieuses vacances. La congestion augmente aussi la fatigue et l’énervement, et les bouchons augmentent possiblement le risque d’accident. L’État devrait donc laisser les sociétés d’autoroutes fixer librement leurs tarifs. S’il s’inquiète du pouvoir d’achat des automobilistes, il devrait compenser en réduisant la taxation de l’essence. Non content de vous bloquer dans les bouchons, l’État vous fait payer très cher l’essence qu’il vous fait gaspiller. À cause de son appétit sans fin pour l’argent des Français, l’essence est taxée aux alentours de 150 %. Autrement dit : pour 2,5 litres d’essence achetés, vous pouvez mettre un litre dans votre réservoir ! Le train Si l’État est particulièrement actif lorsqu’il s’agit de punir les automobilistes, ceux qui voyagent en train ne sont pas en reste. S’ils ont pour le moment évité les habituelles grèves des agents de la SNCF, ils ne sont pas à l’abri de l’habituelle défaillance technique qui met parfois des gares majeures à l’arrêt comme Montparnasse, en panne 4 fois en 2018-2019. Bien que les Français soient obligés de consacrer 0,5 % de leur budget à la SNCF, le réseau est vétuste et dangereux. Cet argent est avant tout consacré à payer le train de vie du personnel de la SNCF plutôt qu’à faire en sorte que les trains arrivent à l’heure. Ainsi en 2019, presque 10 % des trains étaient en retard en France, et presque un TGV sur quatre. La ponctualité en France est inférieure à la moyenne européenne des pays comparables, et la sécurité est inférieure à celle des grands pays européens, y compris le Royaume Uni si souvent décrié. La France doit s’inspirer du Japon : il faut découper et privatiser la SNCF pour que les besoins des Français, et non plus les caprices des cheminots et des écologistes soient au cœur des préoccupations de l’industrie du rail. L’avion Que dire sur l’avion ? L’aéronautique est l’une des dernières industries qui fonctionne en France, et donc le gouvernement décide de la saboter. Grâce a une politique tarifaire attractive et une fiabilité perçue comme supérieure au train, le transport aérien intérieur a fortement progressé en France. Quelle a été la réaction de l’État ? Au lieu de mettre la SNCF en ordre de bataille pour reconquérir le cœur des Français, dans un comportement symptomatique d’une administration incapable de se remettre en cause, l’État a purement et simplement décidé d’interdire la concurrence au train sur les courtes distances. Si les Français ont eu la chance d’éviter cet été les grèves des aiguilleurs du ciel, ils n’ont pas été en reste au premier semestre. L’État s’entête à maintenir en place cette corporation désuète au lieu de s’inspirer des modèles qui marchent. Le Canada a privatisé il y a déjà longtemps son aiguillage du ciel et NAV Canada est reconnue comme étant un des leaders du secteur, tant en matière de coût que de ponctualité ou de sécurité. La France, elle, ennuie ses voisins en les forçant régulièrement à la contourner, entraînant surcoût, gaspillage d’essence et émissions de CO2. La liste aurait pu s’allonger, la créativité de nos gouvernants pour nous mettre des bâtons dans les roues étant presque sans limite. Ces
politiques contradictoires, coûteuses et avant tout clientélistes ne
sont pas une fatalité. Les exemples de politiques qui fonctionnent
abondent,
et même parfois, la France est un peu en avance.
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