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12.07.2023 - N° 1.346 Réflexions après les émeutes de Juin 2023
Par Abbé Alain René Arbez ![]() Educateur spécialisé, curé de paroisses à Genève-centre, relations avec le judaïsme Genève depuis 20 ans, membre de la commission judéo-catholique des Evêques suisses (Lucerne). ![]() Des débats plus passionnels que rationnels agitent les opinions publiques à la suite des événements de juin. Mais comment remédier à cette effervescence insurrectionnelle ? Dans les médias, des ministres et d’autres responsables annoncent comme solution un renforcement des forces de police et un apport substantiel d’enseignants dans les écoles des cités. On parle aussi de déverser de nouveaux milliards sur les banlieues… Ces mesures superficielles peuvent-elles traiter le problème de fond ? Il est un peu rapide d’attribuer les soulèvements et les pillages à la pauvreté des habitants. N’y aurait-il pas d’autres paramètres à prendre en compte pour décrypter les rouages de ces émeutes menées par des jeunes globalement de culture islamique ? Comment perdre de vue le fait que les razzias font partie de la tradition islamique, pour laquelle tout est à Allah et les biens des mécréants pas en soi légitimes. Cependant, il est nécessaire de préciser que la majorité des habitants des banlieues n’est pas complice des exactions, même si une certaine passivité générale pose question. Les milieux populaires d’origine immigrée qui y résident souffrent quotidiennement de l’insécurité grandissante et exigent même des mesures plus strictes de la part de la justice et de la police. Beaucoup d’entre eux se lèvent le matin pour aller travailler. Il est cependant consternant de constater que le retour au calme intervenu dans les zones violentées n’est dû qu’à l’intervention des dealers et des imams. Et si le conflit entre la minorité criminelle et le reste de la population trouvait sa source dans une culture exogène imprégnant irrémédiablement les mentalités et les réflexes de rébellion ? L’immigration en soi n’est pas nécessairement porteuse de malheurs : lorsqu’au début du 20ème s. les Polonais, les Italiens les Espagnols sont arrivés en France pour travailler, et plus récemment les Portugais, il n’y a pas eu de conflits majeurs d’assimilation aux us et coutumes locaux. Dans cette arrivée migratoire, le christianisme des pays d’origine jouait son rôle fédérateur. La venue des premiers Maghrébins et des Turcs n’entraînait pas non plus de soubresauts particuliers malgré des cultures islamiques spécifiques vécues discrètement. Ce sont leurs petits-enfants en mal d’identité et d’emblème séparatiste qui en ce 21ème s. transforment peu à peu en cauchemar le fameux « vivre ensemble » tellement promu par la gauche. Quelle vision de l’homme et de la société propre à cette culture islamique contribue-t-elle à induire les comportements délinquants de certains descendants d’immigrés, de papiers français, mais d’appartenance collective définie ailleurs ? En rappelant encore une fois que cela ne concerne pas la majorité de cette jeunesse, même si la contagion « religieuse » anti-société occidentale semble gagner du terrain. Où sont alors les racines du conflit ? Quel est le logiciel secret des émeutes ? Pour un non-musulman, il sera évidemment essentiel et urgent de savoir – à partir du coran et de l’histoire – quel avenir l’islam lui réserve ! Afin d’atténuer les effets visibles du conflit de civilisation, les politiciens et les medias font souvent appel à l’existence majoritaire des musulmans modérés crédités d’un islam différent de celui des islamistes ou musulmans radicalisés…Semblant ignorer qu’un inconscient collectif existe, et qu’il structure inexorablement les pensées et les comportements, parfois même « à l’insu du plein gré » des auteurs d’actes problématiques…Les liens entre islam et islamisme sont subtils mais réels. Or, parmi les 4 écoles juridiques qui ont structuré le monde musulman sunnite, on s’aperçoit que partout, chiites y compris, l’islam rejette catégoriquement que s’applique sur eux le pouvoir juridique ou politique des non-musulmans, les infidèles. Il y a sur ce point unanimité déclarée depuis le onzième siècle, et unité de vues depuis l’époque de Mohamed. Cette vision antagoniste sépare le monde en dar al islam et dar al harb (domaine de la soumission à Allah et domaine de la guerre aux mécréants). Cette approche anthropologique fait partie de l’essence même de la doctrine islamique et n’est pas facultative, même si les circonstances amènent plus ou moins à la mettre en veilleuse en cherchant à propager l’idée (contredite par les faits historiques passés et actuels) que l’islam est tolérant, religion d’amour et de paix, et qu’il apprécie les adeptes des « religions du Livre ». Les exactions, massacres et spoliations envers juifs et chrétiens racontent une réalité moins rose. A juste titre, le pape Benoît XVI avait clairement montré les risques de ces faux semblants musulmans lors de la conférence (controversée) de Ratisbonne. Car les faits historiques liés à l’expansion de l’islam sont têtus, depuis que les troupes armées de Mohamed ont soumis, par la violence, dès 625, les Juifs et les Chrétiens qui vivaient sédentarisés en Arabie. Dès lors les infidèles ont été en tant que tels considérés comme ennemis de l’islam et l’épisode de Kaybar a fait jurisprudence et a institué leur statut de dhimmis. Il n’y a donc pas deux approches au sein de l’islam, l’une tolérante et l’autre radicale, l’une qui serait la vraie parce que modérée et l’autre sans implications parce que fanatique. Il n’y a qu’une seule et unique doctrine de base, elle constitue l’orthodoxie islamique, (appliquée en fonction des circonstances et selon la conjoncture) c’est le seul critère qui s’impose selon la sunna, le Coran et la Charia sont clairs à ce sujet. L’autorité d’Al Azar également. On a intérêt à utiliser cette clé pour comprendre l’engrenage des conflits qui depuis 14 siècles déchirent des régions peuplées de Musulmans et de non-musulmans. Ce ne sont pas des conflits raciaux ou ethniques, ce ne sont pas des conflits nationalistes: ce sont des conflits entre la religion islamique (oumma) et les infidèles. L’islam, à travers ses divers courants, est une idéologie théocratique exclusiviste: il ne désigne l’autre qu’à travers son appartenance religieuse. Tous les habitants de l’Occident sont rangés ipso facto dans la catégorie des « croisés« , des « chrétiens » ou des « infidèles« . Face à cela, les sociologues, les leaders de mouvements de droits de l’homme, les responsables d’Eglise et d’associations humanitaires ou tiers-mondistes se montrent depuis des décennies tristement incapables d’analyser l’islam en terme réaliste de conflit et de danger. C’est l’effet du politically correct érigé sur l’amnésie… Seul le Cardinal Poupard avait évoqué le problème avant le Synode de 1999, et l’archevêque d’Izmir en Turquie (Smyrne) s’était exprimé de façon courageuse à propos de cet encerclement insidieux des Chrétiens par l’islam. Le Cardinal Biffi, archevêque italien, avait été traité de tous les noms par les médias iréniques parce qu’il s’interrogeait sur les conséquences de l’immigration islamique en Italie, pays chrétien…Bat Yeor a publié de nombreuses analyses documentées sur ces situations historiques concernant à la fois les juifs et les chrétiens. Au nom de l’anti-racisme, de la défense des droits humains, de l’accueil de l’autre, on refuse de reconnaître la conflictualité structurelle de l’islam, dans sa doctrine de base comme dans les multiples situations de violence d’hier et d’aujourd’hui. Dans plusieurs pays démocratiques européens, on est très influencé par cette idée que la religion est du domaine de la sphère privée. Sous prétexte de progrès, les laïques ont forgé depuis un siècle ce concept largement diffusé au nom d’une tolérance idéale, et on s’aperçoit aujourd’hui du décalage fatal que cela a provoqué dans la coexistence des religions, plus particulièrement dans l’interactivité et même l’incompatibilité entre christianisme et islam sur le terrain. Contrairement aux mantras politiquement corrects, toutes les religions ne sont pas identiques ! La vision islamique du monde ne sépare jamais spirituel et temporel. Il n’y a pas d’espace pour une laïcité à l’occidentale, et une forte affirmation de la visibilité est revendiquée (exigences de vêtements, de prières de rues, par exemple). Et ce que nos grands penseurs rationalistes trouvaient détestable de la part des Chrétiens devient soudain merveilleux de la part des Musulmans…Sauf qu’après avoir impitoyablement traqué la pensée catholique, ils détournent ostensiblement le regard lorsqu’il est question de la doctrine coranique et de son impact sur les consciences juvéniles. Les Musulmans sont persuadés de constituer la « meilleure communauté existant pour les hommes » selon le Coran) et l’existence de nations est complètement subordonnée à cette identité de base. C’est la loi islamique qui doit régir la vie de ces sociétés. L’appartenance nationale est secondaire, sauf si elle sert de levier pour renforcer la cause panislamique (nationalismes arabes au service de la grande « nation musulmane »…) Dans cette optique conquérante, les non-Musulmans ou infidèles n’ont donc comme seule destinée que de devenir un jour Musulmans, soumis par la conquête ou par la conversion. C’est pourquoi, dans ses territoires, l’islam interdit aux non-Musulmans d’occuper des postes à responsabilité qui leur donneraient autorité sur des Musulmans, y compris lorsque ces infidèles sont dans leur propre pays: c’est le cas au Liban, en Egypte, au Cachemire, aux Philippines, etc. Dans la même logique, un chef de famille doit être musulman. Dans le dar al islam, l’infidèle est toléré par les Musulmans (mais ne l’a pas toujours été, loin s’en faut) s’il appartient aux « gens du Livre », les Juifs et les Chrétiens. Mais il doit racheter son droit d’existence (jiziya) pour faire partie des « protégés« , les « dhimmis« , citoyens de seconde zone soumis aux lois de l’occupant et à son bon plaisir arbitraire. (Voir l’histoire du Moyen Orient, et de l’Europe centrale occupée par les Ottomans du 15ème au 20ème s.…) Cela signifie concrètement qu’entre les deux mondes « Dar al Islam » et « Dar al Harb » il ne peut y avoir d’harmonie ou de coexistence pacifique. L’islam a un problème avec l’autre en tant qu’autre: pour exister face à la loi d’Allah, l’autre s’il n’est pas éliminé doit devenir semblable (se convertir) c’est à dire faire disparaître son altérité, ou se soumettre à un statut d’infériorité (dhimma). Toute différence est aussitôt perçue comme adversité par l’islam, car sa vision du monde est uniciste. Pour cette tradition marquée par le manichéisme, le monde non islamique est mauvais par définition. L’incroyance constitue une seule nation (al kufr willatun wahida) qu’il faut soumettre, par la ruse, ou par la guerre si nécessaire. La paix (salam) n’est envisageable que par le triomphe de l’islam et l’établissement de la loi islamique. Mais il existe aussi le domaine de la trêve, le « Dar al sulh« , c’est à dire l’acceptation provisoire d’un sursis par les Musulmans lorsque la conjoncture l’exige dans leur seul intérêt. Cela permet d’attendre des conditions plus favorables à la victoire de l’islam en s’adaptant à une étape intermédiaire qui permettra de développer auprès des infidèles toute une séduction pour rallier les cœurs (talif al kulub). On peut constater de nos jours que nombre d’enseignants, journalistes, sociologues, ecclésiastiques, idéologues de gauche, militants des droits de l’homme, politiciens, etc, jouent ce rôle à la perfection en apportant inconditionnellement leur contribution publique au mythe de l’islam tolérant et pacifique et à son avancée progressive. L’Europe est dans une situation critique avec ses zones de peuplement islamique, adossée à un milliard et demi de musulmans répartis dans 56 pays disposant d’espaces stratégiques. L’aggravation s’opère à travers un affaiblissement caractérisé du judéo-christianisme qui a façonné l’histoire du vieux continent : les Juifs ont été décimés, les Eglises chrétiennes sont en crise d’identité après avoir vainement cherché à se transformer en institutions sociales dociles, la foi biblique est dans le collimateur des médias, les sectes grignotent la frange des indécis. Avec la perte du sens du sacré et de la transcendance, l’apostasie contribue à ouvrir les brèches et à accélérer le déclin. Tout est mûr pour une progression fulgurante de l’islam, en s’appuyant sur l’apathie du public figé dans l’ignorance, et sur les supporters des associations humanistes et ecclésiales ! Les Européens laissent ainsi se développer sans aucun garde-fou des communautés musulmanes sur leurs territoires, avec profusion de centres islamiques, de mosquées, d’émissions radios et télé, de publications. Cela équivaut à la mise en place ultra rapide au cœur de l’Europe d’une religion politique en totale contradiction à la fois avec les principes démocratiques et avec l’acquis des valeurs civilisationnelles de la majorité des populations actuelles. Qu’ils viennent du Maghreb, d’Europe centrale, de Turquie, du Proche Orient, ou d’Afrique Noire, la non-intégration des immigrants musulmans n’est pas difficile à constater à travers ses multiples effets délétères. La multiplication des zones de non-droit dans les zones suburbaines françaises, le nombre de détenus musulmans dans les prisons de France, d’Allemagne ou de Suisse en est l’illustration, sans parler du développement exponentiel d’une sous-culture de banlieue marquée par le racisme anti-blanc et la haine anti policiers. Les événements récents en sont l’illustration sidérante et peut-être le signe avant-coureur d’une suite encore plus tragique. Les ressources éventuelles d’un sursaut et d’une prise de conscience de ces dangers en provenance des Eglises sont très minimes, en raison du manque de lucidité et du langage unanimiste dominant. Selon le coran, l’infidèle ne peut être qu’impur (9,28; 9,113). Dans cette optique disqualifiante, les Chrétiens sont considérés comme complices des Juifs dans la bataille contre la vraie religion, l’islam. Pour les Musulmans, rien de plus logique : en affirmant le « tawhid » l’unicité absolue d’Allah, ils affirment en même temps l’unicité de la société humaine qui ne peut être qu’islamique. Cela suppose d’islamiser toute la planète, et d’imposer la charia ! Mais afin de prévenir si possible une situation périlleuse de « face à face » entre communautés, les décisions politiques appropriées sont indispensables. En ce qui concerne les relations humaines mises à mal dans la vie quotidienne,
il vaut la peine de rechercher des espaces de dialogue avec les immigrés prêts à abandonner la victimisation et à jouer l’intégration, avec les encadrements légaux nécessaires. Bibliographie :
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