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08.07.2023 - N° 1.342

Les raisons cachées
de la baisse du pouvoir d’achat immobilier

3 minutes de lecture
Dernier commentaire paru :
PaD le 04 juillet
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Par Henry Bonner

Après un master de physique aux Etats-Unis, Henry Bonner a  travaillé dans la finance pour la société Sprott, spécialisée dans les minerais et les métaux précieux.
Il a ensuite travaillé pour différentes boîtes d'éditions financières, à Londres, en Suisse,
et à Paris, où il a écrit sur l'économie et l'actualité financière.



À travers l’analyse des écrits de Bastiat, Henry Bonner propose une réflexion sur les effets des politiques des taux sur l’immobilier. Il démontre que ces politiques, loin d’augmenter la richesse, peuvent générer des distorsions de prix et potentiellement provoquer des crises économiques.


Les écrits de Bastiat, dans le journal Libre-échange en 1847, donnent des indices sur le sort de l’immobilier face à la politique de hausse des taux.

En somme, une déformation des prix tend à produire des gâchis. Il écrit :

"C’est un des points les mieux acquis à l’économie politique, que le prix est déterminé par l’état de l’offre comparé à celui de la demande."

Il y a donc deux termes qui affectent le prix : l’offre et la demande. Ces termes sont essentiellement variables. Ils peuvent se combiner dans le même sens, en sens opposé et dans des proportions infinies. De là des combinaisons de prix inépuisables.

Le prix hausse, soit parce que l’offre diminue, soit parce que la demande augmente.

Il baisse, soit que l’offre augmente ou que la demande diminue.

De là deux natures de cherté et deux natures de bon marché ;

Il y a la cherté de mauvaise nature, c’est celle qui provient de la diminution de l’offre ; car celle-là implique rareté, implique privation (telle est celle qui s’est fait ressentir cette année sur le blé) : il y a la cherté de bonne nature, c’est celle qui résulte d’un accroissement de demande ; car celle-ci suppose le développement de la richesse générale.

De même, il y a un bon marché désirable, c’est celui qui a sa source dans l’abondance ; et un bon marché funeste celui qui a pour cause l’abandon de la demande, la ruine de la clientèle. »

Bastiat explique par là qu’une hausse des prix ne signifie pas à coup sûr que les gens ont plus de richesse (les prix peuvent augmenter car l’offre baisse).

De même, le coût d’un bien peut baisser, sans signifier une hausse de la quantité de biens sur le marché. Une baisse de prix provient parfois d’une baisse des pouvoirs d’achat.

Baisse du pouvoir d’achat dans l’immobilier

Les prix dans l’immobilier tendent à la hausse depuis la crise de 2008. Les autorités alimentent le marché de liquidités, et abaissent les taux. Elles encouragent à l’achat via le crédit, ce qui augmente en apparence le pouvoir d’achat des ménages.

À présent, le pouvoir d’achat provenant du crédit tend à disparaître. En plus d’une hausse des taux d’intérêt, les banques demandent des apports plus élevés, ce qui revient à réduire le risque du prêt.

Les prix de marché tendent pour l’instant à la baisse, mais la hausse du coût du crédit l’emporte sur la baisse des prix, en termes de pouvoir d’achat.

Comme le voyait Bastiat, vous ne pouvez pas prédire exactement l’effet d’une distorsion des prix de marché. Les programmes de stimulus augmentent l’accès au crédit, et poussent le prix de la pierre vers le haut. Les ménages prennent davantage de crédits pour tenir le pas avec les hausses de coûts.

Les crédits peu chers correspondent à une forme de subventions aux acheteurs.

L’argent provient d’une politique des dirigeants. Lorsque le gouvernement cesse ou réduit une subvention, le récipient du programme perd du pouvoir d’achat. Certes, les prix peuvent descendre, ce qui compense une partie de la perte.

Néanmoins, l’ajustement des prix dans un marché libre ne vous donne pas l’équivalent d’une subvention. Il vous oblige juste à payer les prix réels pour les biens que vous consommez.

Le secteur du bâtiment appelle déjà au rétablissement de subventions pour les acheteurs.

Le président de Fédération Française des Constructeurs de maisons individuelles dénonce un manque de soutiens :

« Nous nous attendions à des mauvaises nouvelles, nous sommes servis ! Le gouvernement par ces annonces souhaite la mort du secteur de la construction neuve et des milliers d’entreprises qui au quotidien participent à la création de lieux de vie pour nos concitoyens! La casse sociale sera d’envergure. »

Le gouvernement peut pousser les prix à la hausse avec des mesures, comme le veut le secteur du bâtiment. Cependant, il ne peut que payer des subventions, qui reviennent à un artifice. Comme l’explique Bastiat, il ne crée pas de la richesse quand il pousse les prix à la hausse.

En pratique, il crée juste des déformations du marché au profit du secteur du bâtiment.

Il induit donc des erreurs de la part des banques ou investisseurs, qui tendent à placer davantage d’argent dans le secteur. L’intervention revient à rediriger les ressources… mais ne crée pas de la richesse.


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