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04.07.2023 - N° 1.338

Y a-t-il quelqu’un pour sauver la France ?
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Par Guy Millière

Guy Millière, (spécialisation : économie, géopolitique). Titulaire de trois doctorats,
il est professeur à l’Université Paris VIII Histoire des cultures, Philosophie du droit, Economie de la communication et Maître de conférences à Sciences Po,
ainsi que professeur invité aux Etats-Unis.
Il collabore à de nombreux think tanks aux Etats-Unis et en France.



Des émeutes ont à nouveau lieu au moment où j’écris, en banlieue parisienne, et dans d’autres villes de France. Une école et une mairie ont été incendiées, des commissariats de police ont été attaqués.


Le point de départ a été un refus d’obtempérer, et un jeune homme de dix-sept ans, sans permis, au volant d’une voiture de luxe, louée, à qui un policier avait donné l’ordre de ne pas bouger et qui a tenté de s’enfuir a été tué. Cela s’est passé à Nanterre. Bien sûr, c’est le policier qui sera sans doute mis en examen. Nul ne demandera comment un jeune homme de dix-sept ans sans permis et sans revenus importants a pu louer la voiture qu’il conduisait, non. Et nul ne demandera pourquoi il a refusé d’obtempérer. Tout est normal ! Il est étonnant qu’il reste des policiers prêts à faire leur travail existent encore en France.

Dois-je le redire ?

La sécurité des biens et des personnes sur le territoire français se détériore à un rythme inquiétant, des actes d’agression, de viol, de vol avec violence, et de “violence gratuite“ (violence infligée sans autre but que faire du mal à quelqu’un) se produisent par centaines chaque jour dans le pays, et des jeunes gens comme celui qui vient d’être tué à Nanterre sont des dizaines de milliers.

Dois-je insister ?

La police française consacre davantage de temps à mettre des contraventions qu’à s’en prendre aux criminels et aux délinquants, car elle a des ordres, et les policiers savent que s’en prendre aux criminels et aux délinquants peut leur faire courir des risques de révocation, surtout si criminels et délinquants sont d’origine africaine ou maghrébine et résistent à une arrestation : un criminel ou un délinquant blessé ou mort et des zones entières du pays peuvent être à feu et à sang. Les policiers savent en supplément que si celui qu’ils arrêtent n’a pas commis d’actes très graves, il sera, de toute façon, très vite relâché.  

Dois-je le souligner ?

Il en est ainsi parce que la justice française a été très largement prise en main par des juges de gauche. Et si les petits délinquants sont vite relâchés, il y a plus grave encore : les grands criminels en France ne risquent pas grand chose. Le code pénal étant ce qu’il est devenu, un assassin risque en général dix-huit à vingt ans de prison, sort le plus souvent au bout de dix ans (pour “bonne conduite”), et il a le droit de revenir habiter sur les lieux où il a commis un assassinat. Et les parents d’une victime d’assassinat ont alors le choix entre devoir le croiser à nouveau, ou déménager ailleurs.

Dois-je le rappeler ?

Il y a en France plus de sept cent zones de non droit censées ne pas exister, mais qui existent bel et bien (le vocabulaire politiquement correct les appelle “zones sensibles”, autrement dit : zones dont peuvent émaner des émeutes si la police cherche à y arrêter un criminel).



Comme si tout cela ne suffisait pas, l’éducation nationale glisse vers le naufrage, et divers sujets ne peuvent plus être enseignés dans nombre de lycées (les élèves musulmans qui menacent un professeur de lui “faire un Samuel Paty” sont plus nombreux qu’on ne le dit). Dans nombre d’universités ce n’est pas mieux, et je n’ose décrire les insanités que je pouvais voir affichées dans la cafétéria de l’université où j’enseignais au cours de mes dernières années d’enseignement : des appels au meurtre figuraient, mais comme c’étaient des appels au meurtre de policiers, de présidents américains et de dirigeants israéliens cela relevait de la “liberté d’expression”. Certains de mes collègues d’extrême gauche pouvaient faire l’éloge du totalitarisme ou de la pédophilie dans les amphithéâtres où ils parlaient.

Comme si tout cela ne suffisait pas, les hôpitaux depuis longtemps manquent de moyens, et les maladies nosocomiales se répandent. Les services d’urgence des hôpitaux de Paris Est, et des départements de la banlieue Est donnent, si l’on s’y rend, le sentiment qu’on a changé de continent et qu’on est soudain entré dans un pays sous développé. La façon ignoble, aberrante et liberticide dont a été gérée la pandémie a été une honte : cela n’a pas été mieux dans la plupart des pays d’Europe, je sais. Et j’ai été très heureux pendant cette sinistre période de vivre à dix mille kilomètres de la France et de l’Europe.

Cela s’ajoute : le système de retraite par répartition glisse vers la faillite, et au vu du vieillissement de la population, cela ne va pas du tout s’arranger, et les flux migratoires vont aggraver considérablement la situation :  l’entrée par centaines de milliers chaque année dans le pays de gens sans aucun capital intellectuel et humain se poursuit va de pair avec le départ chaque année de milliers gens ayant un capital intellectuel et humain élevé. Et l’islamisation du pays se poursuit à un rythme soutenu (l’islam étant une religion de paix, c’est un pur hasard si dans les prisons il y a environ soixante-dix pour cent de Musulmans).

Cela découle : l’endettement du pays explose, et maintenant que la période de recours aux taux zéro et aux taux négatifs, qui étaient des aberrations économiques, est achevée, les finances du pays vont glisser vers le rouge vif.



La France a les prélèvements obligatoires les plus lourds du monde développé. Elle a, en supplément, les dépenses publiques les plus hautes de tous les pays du monde développé. Et on peut se demander où passe l’argent, mais si l’on regarde les chiffres de près, on le découvre très vite : la redistribution, qui va largement vers les zones de non droit censées ne pas exister, correspond à un tiers des dépenses environ, pourcentage en hausse constante.

Les bureaucraties et les réglementations prolifèrent, ce qui coûte beaucoup aussi, et, en supplément, des milliards sont gaspillés chaque année au nom de lubies idéologiques telles que la lutte contre le très inexistant “réchauffement global anthropique”, ce qui explique les onéreuses coulées de béton dans les villes, la démultiplication des pistes cyclables qu’aucun vélo n’emprunte et celle des espaces piétonniers appelés de plus en plus souvent “espaces civilisés”, l’expression signifiant que rouler en voiture est barbare.

Cela va de soi dans ce contexte, la croissance est nulle (il est même étonnant qu’elle ne soit pas sans cesse inférieure à zéro, mais il reste des Français opiniâtres), le chômage reste élevé depuis de longues années, les salaires, au vu du coût de la vie, sont bas, les impôts, eux sont hauts.  



Un président digne de ce nom devrait tenir un langage churchillien, dire que la situation est très grave et qu’un redressement serait peut-être possible si des décisions drastiques étaient prises. Les décisions devraient, de fait, être drastiques.

Macron n’est, nul ne l’ignore depuis 2017, pas un président digne de ce nom. Il est strictement incapable de tenir un langage churchillien.

Il peut juste faire preuve d’un autoritarisme vide imprégné de mépris pour la population (Macron sait davantage cacher son mépris aujourd’hui qu’en 2017, mais le mépris est toujours là). Et plutôt que se comporter en président digne de ce nom, il organise des réunions internationales délirantes au service d’un socialisme planétaire.

Il vient d’en organiser une censée permettre de lutter tout à la fois contre le réchauffement climatique anthropique et contre la pauvreté dans les pays pauvres, et il parle de “choc de financement”, en disant qu’il faudra des centaines de millions d’euros et de dollars, et sans doute des milliards. Au diable l’avarice quand on veut dépenser l’argent des autres ! Il parle même de la nécessité de créer des impôts planétaires s’appliquant seulement aux pays riches ! Il parle aussi de taxes supplémentaires sur les billets d’avion, ce qui rendrait les voyages financièrement inaccessibles aux gens n’ayant pas d’importants moyens financiers.

D’autres pays sont censés suivre, et pour la France, si les projets de Macron étaient adoptés, cela susciterait de l’endettement et de la paupérisation supplémentaires, et des taxes s’ajoutant aux taxes existantes.

Macron ne veut pas voir que la France va mal. Quand il va quelque part, on nettoie tout avant qu’il arrive, et la saleté peut revenir aussitôt après son passage.

Il veut ignorer l’état réel de la France. Et s’il consulte les médias français, il ne peut qu’ignorer l’état réel de la France, car les descriptifs qu’on trouve dans les médias français, pour l’essentiel, sont aseptisés.

Macron veut ignorer aussi (comme tous les socialistes du monde) que le réchauffement climatique anthropique n’existe pas, non (inutile de lui envoyer des livres de scientifiques dignes de ce nom, il préfère les idéologues, en climatologie comme en médecine).

Macron veut ignorer que la pauvreté recule dans un pays seulement quand les droits de propriété sont respectés, quand des investissements rentables sont possibles, et quand le développement économique vient (inutile de lui envoyer des livres d’économistes dignes de ce nom, il préfère les idéologues, là encore).

Verser de l’argent pour lutter contre un réchauffement anthropique inexistant est brûler vainement cet argent.

Donner de l’argent à des dirigeants de pays pauvres, souvent corrompus, pour lutter contre la pauvreté n’a jamais fait reculer la pauvreté nulle part. Par contre, cela alimente la corruption (Macron avait invité Inacio Lula da Silva à la réunion qu’il a organisée, et il aurait pu s’informer en lui parlant, Inacio Lula da Silva a été condamné à une lourde peine de prison pour corruption et a été amnistié par la Cour Suprême brésilienne elle-même corrompue, et il a été élu dans des conditions très litigieuses).

Macron envisage une loi pour légaliser l’euthanasie et la rendre plus accessible. Peut-être pour remédier au trop grand nombre de retraités ?

La France aura-t-elle un jour un président digne de ce nom ? Plus le temps passe, plus j’en doute.



Macron a été réélu il y a un an. Il avait amplement montré en cinq ans ce qu’il était. Une majorité de Français l’a choisi à nouveau.

Il est vrai que, dès lors qu’il avait Marine Le Pen en face de lui au deuxième tour, le choix était entre la peste et le choléra.

Il est vrai aussi qu’au vu de ce que sont la plupart des médias français, la population française est très nettement sous-informée.

La démocratie implique le choix d’un programme et de dirigeants portant ce programme, et le choix doit se faire en connaissance de cause. Quand la connaissance n’est pas là, le choix n’existe plus.



Existe médiatiquement en France, pour l’essentiel, le pluralisme à la française. Toutes les nuances de la gauche et de l’extrême gauche y sont représentées.

L’ancien directeur de rédaction de Valeurs Actuelles vient d’être recruté par Vincent Bolloré pour diriger le Journal du Dimanche. Aussitôt la rédaction s’est mise en grève, et le mot a été lâché : Geoffroy Lejeune est d’extrême droite !

Valeurs Actuelles est un magazine de droite conservatrice, et Geoffroy Lejeune appartient à cette droite conservatrice.

L’expression “extrême droite” désignait autrefois les positions fascistes et national-socialistes, point final. Pas les positions de droite conservatrice.

En France aujourd’hui, la droite conservatrice devrait apparemment se trouver totalement éliminée pour que le pluralisme à la française soit respecté.

J’ai connu cela quand je vivais encore en France. J’étais seul sur un plateau pour défendre face à cinq ou six autres invités, un président républicain américain (abominable et débile, bien sûr, disaient les autres invités) ou pour dire la vérité sur Obama (superbe et merveilleux, bien sûr, disaient les autres invités). J’étais seul aussi pour défendre Israël, et quand je défendais Israël, c’était encore pire. 

J’ai publié il y a vingt ans un livre très pessimiste sur la France, Un goût de cendres. Je lui avais donné pour sous-titre : France, fin de parcours ?  Si je le republiais aujourd’hui, j’aurais tendance à enlever le point d’interrogation.

J’ai publié depuis, il y a dix ans, un autre livre sur la France, je l’avais appelé Voici revenu le temps des imposteurs. Les imposteurs sont là, en place. Solidement installés.

Je crains que la fin de parcours soit proche.

J’ai un livre sur la France dans mon ordinateur. Je vais sans doute le publier bientôt : pour donner à ceux qui veulent vivre les yeux ouverts
la possibilité de regarder la réalité en face.
Le titre sera : Y a-t-il quelqu’un pour sauver la France ?



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