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21.04.2023 - N° 1.264 Immobilier en crise : emplois menacés et avenir incertain
Par Simone Wapler Simone Wapler a été directrice éditoriale des publications Agora, spécialisées dans les analyses et conseils financiers. Ingénieur de formation, elle a quitté les laboratoires pour les marchés financiers et vécu l'éclatement des bulles internet et du crédit subprime. Elle a publié "Pourquoi la France va faire faillite" (2012), "Comment l'État va faire main basse sur votre argent" (2013), "Pouvez-vous faire confiance à votre banque ?" (2014), “La fabrique de pauvres” (2015) aux Éditions Ixelles et « La rage de l’impôt » (2019) aux Éditions Larousse. ![]() Le secteur immobilier neuf subit une crise sans précédent, menaçant jusqu’à
100 000 emplois d’ici fin 2024 selon la Fédération française du bâtiment Le
secteur immobilier est en crise. Cette fois, ce n’est plus sous les
coups de boutoir des impératifs de rénovations des « passoires
thermiques » mais entre autres sous l’effet des hausses de taux sur
l’immobilier neuf.
Pour Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment : «
Le ressort du logement neuf est cassé, donc l’emploi est menacé en 2024
; fin 2024, 100 000 salariés sont en danger […] quand il n’y a pas de
permis de construire ou qu’il n’y a pas d’investissements à l’instant
T, on sait très bien que deux ans après, la construction ne se fera
pas. »
La débâcle de l’immobilier était prévisible et prévue. Voici ce qu’en disait Pierre Sabatier de PrimeView en octobre 2022 : «
Nous connaissons le choc le plus violent sur les taux d’intérêt depuis
près de 50 ans. Si les taux d’emprunt passent en quelques mois de 1 % à
4 %, alors que les salaires n’augmentent pas dans leur ensemble, c’est
une baisse de 23 % de la capacité d’achat à laquelle il faut
s’attendre. »
Les prix chutent et les acheteurs se raréfient, rien de surprenant. Les Échos publient l’évolution des prix constatée par le réseau Orpi. La bulle immobilière commence à laisser échapper un peu de gaz : ![]() La Fédération française du bâtiment presse le gouvernement d’agir et pousse ses solutions :
La Fédération française du bâtiment veut davantage de mauvaises solutions Nous sommes en France : face à une catastrophe programmée par l’interventionnisme étatique, les acteurs – même privés – demande encore plus d’interventionnisme étatique pour adoucir ladite catastrophe. Examinons ces propositions de la Fédération française du bâtiment. Les trois premières exigent davantage de crédits, d’argent créé à partir de rien, donc d’inflation monétaire. Zut alors, pas de chance ! La Banque centrale européenne a pourtant promis de contrer la hausse des prix à la consommation en restreignant l’inflation monétaire… La dernière est une aide de l’État qui a pour objet de transformer les bailleurs privés en bailleurs sociaux : l’investisseur bénéficie d’une réduction d’impôt à condition de donner en location un logement neuf dont les loyers seront plafonnés et avec des conditions de ressource des locataires. Zut alors, pas de chance ! Bruno Le Maire nous jure vouloir contrer la hausse des prix et il y a fort à parier que le relèvement des plafonds de loyers et de revenus pratiqués par les méchants riches propriétaires bailleurs ne figurera pas sur la liste de ses priorités. Alors que vont devenir les 100 000 futurs chômeurs du bâtiment envisagés par la Fédération française du bâtiment ? Celui qui prétend connaître la réponse est un imposteur, à moins qu’il n’ait le pouvoir de créer une entreprise susceptible de les embaucher. Pourquoi favoriser la pénurie plutôt que l’abondance ? Toutes les politiques d’aide au logement déployées depuis presque un siècle n’ont favorisé qu’une seule chose : la pénurie plutôt que l’abondance. L’encadrement des loyers et la dissymétrie entre les droits des propriétaires et des locataires a dissuadé l’investissement locatif. L’immobilier est un marché comme les autres et comme l’énonçait Frédéric Bastiat il y a deux siècles : «
Ce n’est pas le prix absolu des produits mais leur abondance qui fait
la richesse. […] Les produits s’échangeant les uns contre les autres,
une rareté relative de tout et une abondance relative de tout laissent
exactement au même point le prix absolu des choses mais non la
condition des hommes. »
Dans l’immobilier, les politiques publiques consistent à vouloir encadrer le marché et les loyers. Plus récemment, elles visent aussi à réglementer les normes de construction, les méthodes d’isolation, de chauffage, etc. conduisant à un renchérissement des coûts. Durant un certain temps les effets néfastes ont été partiellement compensés par les facilités de crédit. Le renchérissement de l’immobilier a été bien supérieur à la croissance économique. Il fallait toujours plus de temps de travail ou d’épargne ou de durée de crédit pour acquérir un logement. Aujourd’hui, les banques centrales ne peuvent plus pousser à l’expansion du crédit tout en déclarant vouloir lutter contre la hausse des prix. C’est l’impasse. Et ce n’est pas une mauvaise chose. Qui a à perdre dans une chute des prix de l’immobilier ?
Le seul perdant, c’est l’État dont les recettes fiscales vont baisser.
La pierre coule donc peut-être mais est-ce une tragédie ?
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