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10.03.2023 - N° 1.222 Industrie, énergie, agriculture : la décadence française
Par Claude Goudron Fondateur et dirigeant jusqu’en 2013 d’une PME industrielle pendant quarante ans, Claude Goudron se consacre depuis sa retraite à la défense des TPE & PME ainsi qu’à la promotion du libéralisme économique. Il a pour cela rejoint le mouvement ETHIC et est devenu administrateur référent PME au cercle Frédéric Bastiat. A ce jour il est l’auteur de 4 livres. ![]() Si
nous voulons nous affranchir de la valeur travail et si, sur toute une
vie active, notre souhait est de travailler 30 % de moins que nos
voisins allemands,
c’est notre décision, mais il faut admettre un niveau de vie 30 % inférieur et un État qui fonctionne moins bien. Rien ne va plus dans notre pays qui s’installe dans une perte de savoir-faire dans pratiquement tous les domaines économiques. Après avoir assisté à la décomposition de notre système productif industriel qui, je le rappelle, est passé en 20 ans de 24 % du PIB à moins de 10 % à ce jour, c’est également notre développement énergétique qui bat de l’aile. Et, c’est inadmissible, notre agriculture qui suit la même pente. La France n’est plus autosuffisante en agriculture En moins de dix ans, notre balance commerciale agricole européenne est passée d’un excédent de 6 milliards d’euros à un déficit de 300 millions en 2022. En 20 ans, la France est passée du deuxième au cinquième rang des exportateurs mondiaux. Le pays importe 70 % des fruits consommés. En 40 ans, le nombre de paysans est passé de 1,6 million à 400 000 aujourd’hui et va certainement passer à 200 000 en 2030. Cet effondrement n’est pas dû uniquement à l’environnement fiscal mais également à une spécificité française qu’est la surinterprétation des normes européennes, avec pour conséquence une seconde pénalisation des agriculteurs sur le marché mondial mais surtout européen. Gestion absurde de l’indépendance énergétique Suite au premier choc pétrolier de 1973, Pierre Messmer, Premier ministre de Georges Pompidou, décide d’axer la production d’électricité sur le nucléaire, démarrant ainsi la construction de 19 centrales, en activité avant la fermeture de Fessenheim. Nos écolos irresponsables, aidés en cela par un François Hollande soucieux uniquement de son élection à la présidence, ont décidé idéologiquement la mort du nucléaire, n’hésitant pas pour cela à mentir et surtout à trahir. Dominique Voynet, ministre du gouvernement Jospin, n’a même pas honte de s’en vanter dans une vidéo ou elle avoue un deal fomenté avec son collègue britannique pour casser la filière nucléaire européenne, faisant fi des consignes de son Premier ministre de tutelle ; et au grand bonheur des Allemands qui n’en demandaient pas tant. Puis c’est au tour de Nicolas Hulot, ministre démissionnaire sous Macron, parti en laissant un dossier explosif qui consistait à sortir coûte que coûte du nucléaire sans aucune autre solution pour prendre le relais ; et malgré un rapport de 2018, qu’il avait lui-même commandé avec Bruno Le Maire. Classé « secret défense », ce rapport annonçait ce que nous constatons à ce jour, c’est-à-dire une insuffisance énergétique, et prônait l’urgence absolue de démarrer rapidement la construction de 6 nouveaux EPR : comme par hasard M. Hulot, auditionné dernièrement par l’Assemblée nationale, semble frappé d’amnésie et ne souvient plus de ce rapport. Le résultat est catastrophique, tant du point de vue financier qu’écologique, un comble pour ceux sensés en être les défenseurs. L’ardoise est sévère : outre l’abandon de Superphénix (Jospin) et Astrid (Macron) qui auraient résolu le problème des déchets nucléaires et auraient garanti une indépendance d’au moins un siècle à un coût extrêmement bas, selon Les Échos, le coût des délires écolos se chiffre à 29 milliards de dollars pour l’année 2022. Tout confondu, ce seront des centaines de milliards gaspillés dans les années à venir et ceci sans qu’aucun coupable ne soit sanctionné ! La désindustrialisation à l’origine de cette débâcle Une industrie à la dérive à laquelle on ajoute un prix de l’énergie qui s’envole suite à une gestion désastreuse, entraîne le pays dans une spirale autodestructrice qui ne pourra donc pas mettre fin à sa désindustrialisation malgré les incantations du ministre des Finances. Largement dénoncé dans mes précédents articles, c’est la surreprésentation administrative et son coût pharaonique amplifiée par une overdose de contraintes aussi inutiles qu’inefficaces qui ont conduit à surimposer et surtaxer les entreprises les rendant de ce fait non concurrentielles. La solution de facilité adoptée d’acheter à l’étranger ce qui n’est plus produit à des prix raisonnables sur le sol français a comme résultat un déficit extravagant de la balance commerciale de 164 milliards en 2022 battant tous les records, sans compter le coût de la dépendance à des pays producteurs pas toujours fréquentables. Entre autres preuves du déclassement industriel : la fabrication du matériel de défense du pays. Nos gouvernants qui se targuent à raison d’être le seul pays européen à pouvoir intervenir sur les lieux de conflits, achètent des fusils en Allemagne alors que, comme aux États-Unis, l’industrie militaire pourrait rapporter des devises. Notre voisin l’a bien compris car malgré sa faiblesse militaire il est capable de produire 4000 chars Léopard tandis que la France n’a même pas produit 1000 chars Leclerc. Industrialisés convenablement leur coût unitaire baisserait fortement permettrait d’augmenter notre parc sans dépenser plus et les exporter de façon compétitive. La boucle est bouclée. Faute de politique industrielle réaliste celle-ci se désagrège irrémédiablement, entraînant toute l’économie française dans sa chute. Le remède est connu. Il ne faudra pas se contenter de mesurettes mais immédiatement libérer les entreprises et tout le reste suivra. Résultat : une finance à la dérive Cette incompétence notoire ne pouvait que nous amener à la compenser par un cache-misère qui s’appelle la dette. Avec l’augmentation des taux d’emprunts, la charge de la dette est passée de 35 milliards d’euros en 2021 à 50 milliards d’euros en 2022 et va certainement atteindre 100 milliards avant la fin du quinquennat, devenant ainsi le premier budget de l’État ! Avec une dépense correspondant à 59 % du PIB, mais 135 % si on le rapporte au budget de l’État (déduction faite des dépenses sociales financées séparément) l’État n’a pas d’autre solution que de se réformer urgemment et drastiquement. Le FMI le rappelle régulièrement et ne saurait tarder à mettre le pays sous tutelle. Ce délitement de l’économie française se traduit dans la vie courante par un système de santé qui part à la dérive, un système éducatif qui s’enfonce dans les fins fonds du classement PISA, une justice qui porte très mal son nom et une administration qui survole cette agonie comme si elle n’était pas concernée. Comment en sommes-nous arrivés là ? La France, a été la première puissance économique à la fin du XVIIIe siècle ; la troisième en 1961 ; la quatrième en 1971 ; cinquième en 1997 ; sixième en 2005 et septième depuis 2017 (alors que l’Allemagne n’a perdu qu’une place). Imputer la faute aux autres est trop facile. Il y a du gaz de schiste sur notre territoire et pour plus de 100 ans, mais nous préférons l’acheter aux États-Unis et avons choisi la dépendance aux Russes ou maintenant aux Américains. L’entreprise la plus en pointe au monde pour l’extraction du gaz de schiste est TotalEnergie, une entreprise française mais on lui interdit toute recherche sur notre territoire. Nous savons produire du matériel militaire de bonne qualité : avions, chars, missiles d’attaque ou de défense, porte-avions etc. Ils ont fait la preuve de leur grande qualité mais si nous préférons dépenser à outrance pour le social c’est notre problème, pas celui des Américains. La gestion des finances et le gaspillage d’argent public, c’est encore notre problème, si nous préférons jeter l’argent par les fenêtres afin de ne pas décevoir nos syndicalistes qui ne représentent qu’eux-mêmes au détriment des forces vives de notre pays. C’est un choix qu’il faut assumer. Si
nous voulons nous affranchir de la valeur travail et si sur toute une
vie active, notre souhait est de travailler 30 % de moins que nos
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c’est notre décision. Mais il faut admettre un niveau de vie 30 % inférieur et un État qui fonctionne moins bien.
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