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20.01.2023
- N° 1.174

En 2023, la sociologie est formelle :
ce sera le collapse !
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Par Drieu Godefridi

Drieu Godefridi, né en 1972, est un auteur libéral belge, fondateur de l'Institut Hayek à Bruxelles. Docteur en philosophie (Paris IV-Sorbonne), il est titulaire de masters en droit et philosophie (UCL) et d'un DEA en droit fiscal (ULB). En tant que président de l'Institut Hayek, il a publié régulièrement des articles dans la presse francophone et dans la presse anglo-saxonne. Il conceptualise et finance des entreprises en Europe.
Il est l'auteur de "La passion de l'égalité — essai sur la civilisation socialiste".




Récemment, j’accepte l’invitation à déjeuner d’une chercheuse française
d’extrême gauche canal blocage de routes qui travaille à Oxford.


On dit que les contraires s’attirent. Récemment, j’accepte l’invitation à déjeuner d’une chercheuse française d’extrême gauche canal blocage de routes qui travaille à Oxford.

Son invitation m’a paru si délicieusement non genrée (nommons-la Térébenthine) ! Comme j’ai pu le constater lors du séminaire auquel nous venons tous deux de participer, Térébenthine soutient des idées dont la radicalité ferait rougir Marx. Elle est en post-post-post-doc, l’équivalent d’un BAC+142 en sociologie.

Pourquoi pas ? Il est intéressant de se frotter à des intelligences dont on ne partage pas les idées. Quand elles sont trop extrêmes, eh bien on le prend comme un spectacle ! Nous nous installons dans un petit restaurant bruxellois d’allure typique. Je résiste bien sûr à la tentation de tenir porte, chaise, manteau, carte et autre geste déplacé patriarcal nauséabond.

Comme je la regarde avec le sourire benêt de celui qui ne sait pas encore s’il va manger ou s’il est lui-même au menu des appétits idéologiques de son vis-à-vis, un serveur s’approche de notre table. Dans la bonne cinquantaine, type bruxello-marollien, moustachu, rigolard ; dans un registre plus proche du Mariage de mademoiselle Beulemans que du trois étoilés Michelin à 150 euros le rince-doigt. Ce malheureux ne savait pas encore qu’il allait vivre l’expérience la plus traumatisante de son existence. Je vous livre en substance le dialogue qui s’instaure :

« — Mademoiselle prendra un apéritif ?

D’emblée, une erreur tragique.

— Qu’est-ce qui vous permet de m’appeler mademoiselle ?!

D’abord, le garçon croit à un blague ; il reprend :

— Allez, mamzelle, qu’est-ce que tu bois ?

Aggravation dramatique de son cas.

— Monsieur, je vous INTERDIS d’user à mon égard de ce vocable sexiste répugnant mademoiselle. Mon état matrimonial ne vous regarde pas. Rephrasez votre question.

Ici, le garçon commence manifestement à comprendre qu’il va vivre un moment difficile. En conséquence, il tente de s’adapter :

— Bon, qu’est-ce que tu bois, alors ?

— Vous me tutoyez ? (la bouche de Térébenthine se crispe de colère contenue jusqu’à ne plus former qu’un micro-ouverture d’1,5 centimètre.)

À son tour, le garçon se rembrunit. On le sent agacé.

— Écoute, fille …

— FILLE ?!

Se tournant vers moi, le garçon :

— Dis, menneke, il y a un problème ?!

Je ne sais pas quoi dire. Si je prends l’initiative, je prends l’initiative, ce qui est sexisto-genré. Si je ne dis rien, on reste bêtement coincés dans la phase pré-apéritive tandis que les autres clients nous regardent bizarrement. Fou, je me lance :

— Deux cocas zéro.

Nouvel étrécissement de la bouche de Térébenthine. On sent qu’elle prend sur elle, face à deux brutes primitives « Méprisons ! » lui crie sa belle âme (Raymond Aron).

Nous revoici face à face. Comme Téré peine à surmonter la multi-microagression dont elle vient d’être victime, je relance la conversation :

— Vous avez des enfants ?

— Je me suis fait ligaturer les trompes.

Après s’être engagée sur d’aussi prometteuses bases, la conversation roule tout au long du repas, jusqu’à ce que je suggère humblement à Téré de m’expliquer ce que nous réserve 2023 :

— Le collapse.

— Collapse ?

— L’effondrement total, généralisé et sans rémission. C’est fini.

— Voilà qui n’est guère optimiste !

— Optimiste ? Mais, mon pauvre ami, comment pourrait-on se montrer optimiste quand la Terre brûle, que les événements extrêmes se multiplient, que des dizaines de milliards de gens sont condamnés à l’exil par le réchauffement climatique ? Comment espérer, alors que chaque jour nous décimons la nature, dont la diversité sera bientôt réduite à deux insectes et un mammifère ? (la mougeonne ?, songe-je, mais sagement je me tais). Comment…

— Dites-moi, chère amie, dans le cadre de ce grand collapse que vous décrivez, comment envisagez-vous votre avenir ? En effet, vous êtes chercheuse en sociologie, je crois ? Ce qui signifie, dans le système académique continental, que vous êtes rémunérée avec de l’argent public, lui-même prélevé par la voie de l’impôt sur la valeur créée par les contribuables et l’économie marchande. Si ce collapse que vous annoncez se produit, est-il permis de concevoir une sorte de pessimisme sur le financement de votre indispensable scrutation des travers de l’humanité ?

— Mais mon activité, comme vous dites, est vitale ! Comment une société qui ne réfléchit par sur elle-même pourrait-elle survivre ?

— Dois-je en conclure que la sociologie vous paraît un besoin plus élémentaire que boire, manger, se chauffer ? Le plus vital de tous les besoins ?

— Non ! Bien sûr qu’il y a plus important que la sociologie !

— Par exemple ?

— L’Art !

Comme nous nous dirigeons vers la sortie après ce repas mémorable, j’entends résonner dans mon dos un abominable et tonitruant : « Et bonjour chez vous, MAMZELLE ! » Tandis que la salle éclate d’un rire bon enfant.

Vils Néanderthaliens !


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