La Mouette déchainée
                             Réactions, enquêtes, déclarations...

                                 









Toutes les news
c'est ici




Contact


Vos réactions, vos commentaires


Abonner un(e) ami(e)

Vous abonner

Qui sommes nous
?


14.01.2023
- N° 1.168

Travailler moins, gagner plus, s’endetter plus :
un triptyque intenable
4 minutes de lecture
Dernier commentaire paru :
A lire ici
Vous aussi, faites nous part de vos commentaires, de vos
réactions, de vos témoignages... nous pourrons les publier.
cliquez ici

Par Claude Goudron

Fondateur et dirigeant jusqu’en 2013 d’une PME industrielle pendant quarante ans, Claude Goudron se consacre depuis sa retraite à la défense des TPE & PME ainsi qu’à la promotion du libéralisme économique. Il a pour cela rejoint le mouvement ETHIC et est devenu administrateur référent PME au cercle Frédéric Bastiat.



Depuis une quarantaine d’années, la France vit trois utopies profondément ancrées et aucune logique ne semble avoir d’emprise sur elles :
travailler moins, gagner plus, s’endetter davantage.


C’est en effet un triste tableau que la France offre à l’Europe avec une population qui, depuis une quarantaine d’années, vit trois utopies profondément ancrées et aucune logique ne semble avoir d’emprise sur elles : travailler moins, gagner plus, s’endetter davantage.

Travailler moins

En effet, en Europe les Français font partie de ceux qui travaillent le moins tout au long de leur vie.

Le temps moyen passé au travail est de 35,4 ans pour un Français contre 38,7 ans pour un Allemand.

Dans une année, le nombre d’heures effectives est passé de 1955 heures en 1999 à 1680 en 2019 contre 1830 heures actuellement en Allemagne.

Un Français travaille donc en moyenne 20 % de moins qu’un Allemand. Si l’on ajoute les arrêts maladie, les jours de grève, les RTT mais surtout le nombre de chômeur on atteint 30 %.

En effet le taux d’emploi actuel est de 68 % en France contre 77,40 % chez nos voisins !

Travailler 30 % de moins devrait logiquement se retrouver dans le pouvoir d’achat de nos concitoyens, l’écart de productivité, s’il est avéré, étant loin de compenser.

Gagner plus

Les Français voudraient se dédouaner des efforts que les voisins européens ont fait : travailler moins mais néanmoins gagner autant et pourquoi pas davantage ?

En effet Les Échos du 29 novembre 2022 nous apprend que la France avait été la meilleure élève du pouvoir d’achat en Europe sur la période 2019/2022 avec une augmentation du pouvoir d’achat de 1,5% alors que tous les autres items sont restés négatifs.

La réalité nous a rattrapés car à ce jour le pouvoir d’achat moyen par habitant est de 23 367 euros pour l’Allemagne (huitième place européenne) contre 20 662 euros pour la France (quinzième place) soit un écart de 13 %.

Il convient de préciser que les prix des marchandises et loyers sont en moyenne 15 à 20 % moins chers en Allemagne et amplifient donc l’écart de pouvoir d’achat.

S’endetter davantage

Cette situation trouve son explication grâce au subterfuge de l’endettement excessif qui a compensé ce déficit de travail des Français : l’endettement équivalent en 1995 à 55 % du PIB, talonne aujourd’hui les 115 % alors que l’Allemagne est à 68,60 %.

C’est ainsi que nos gouvernements successifs ont fait croire aux Français que le pays est encore une grande nation. Si l’endettement continue à ce rythme, c’est-à-dire passer de 1000 milliards d’euros en 2000 à 3000 milliards d’euros à ce jour, il atteindrait 10 000 milliards dans 25 ans. Heureusement, le FMI et les agences de notation ne le permettront pas et interviendront avant.

S’inspirer du modèle allemand

Si les Français travaillaient autant que leurs voisins allemands, c’est-à-dire 30 % de plus, quelles seraient les conséquences pour l’économie ?

Ce sont 30 % de rentrés fiscales supplémentaires, ou mieux, une baisse de 30 % des charges sociales pour les entreprises françaises qui retrouveraient une compétitivité perdue depuis une quarantaine d’année et le retour des industries françaises.

C’est une augmentation du PIB qui permettrait de repasser devant les Allemands en PIB par habitant, donc un pouvoir d’achat en forte hausse.

Ce sont 30 % de fonctionnaires en moins sans modifier le volume de travail, soit un effectif diminué de 1 680 000. La suppression d’un grand nombre d’administratifs ramènerait leur pourcentage au niveau de la moyenne européenne.

Deux millions de fonctionnaires en moins à un coût unitaire chiffré à 3,5 millions d’euros par la Cour des comptes, représente à terme 7000 milliards d’euros d’économie. Sans les deux mandatures Mitterrand l’économie française n’aurait pas à ce jour un déficit de 3000 milliards d’euros mais une trésorerie de 4000 milliards. Nous aurions pu en faire des investissements avec ce pactole !

Conclusion

Nous n’avons pas besoin d’un président intelligent, ni d’un président charismatique mais seulement d’un président courageux !

Depuis le Livre blanc sur les retraites de Michel Rocard c’est-à-dire une trentaine d’années, la problématique des retraites est restée la même. Aucune décision sur l’âge de départ en retraite n’a été appliquée, à part un passage à 62 ans sous le gouvernement Fillon.

Je me souviens avoir demandé à l’époque au député Damien Meslot « pourquoi ne passez-vous pas directement à 65 ans ? » ; il m’avait répondu « si on le fait, on aura tout le monde dans la rue » ; ce à quoi j’avais répondu « à 62 ans aussi ». J’avais raison.

Un homme politique responsable doit faire ce qui est nécessaire et non pas ce qui fait plaisir à son auditoire.

Monsieur Macron, vous devez donc prendre votre courage à deux mains, avoir enfin un discours de vérité envers les Français, leur dire que c’est notre lâcheté qui a conduit le pays à la situation catastrophique actuelle et leur faire comprendre qu’il n’y a pas d’argent magique, qu’il n’existe aucune autre solution que de faire les réformes comme tous les pays modernes.

Il n’y a rien à réinventer, il faut s’inspirer des réformes Hartz et tant pis si des Français iront dans la rue ; avec ou sans réformes, ils le feront tout de même.

Ainsi, dans cinq ans le pays commencerait à se redresser. Dans le cas contraire le FMI et la BCE nous l’imposeront dans la douleur !

En 2016, j’indiquai le chemin pour y parvenir dans un livre au titre certes un peu provocateur Démocratie entre parenthèses.

Seul le président qui en aura le courage restera dans l’histoire.
Ce n’est pas du sang et des larmes mais du bon sens et du courage.



Faites nous part de vos commentaires, de vos réactions,
de vos témoignages... nous pourrons les publier.

______________









Qui sommes-nous ?

Nous écoutons, nous lisons, nous regardons...

C'est parfois un peu ardu, et les news peuvent demander de l'attention.
Mais elle sont souvent remarquables !


Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion et nourrir celle-ci.
Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici.


Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs,
et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur.

Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur
qui pourrait nuire à sa réputation.


Bien sûr, vos commentaires sont très attendus.


   L'équipe de La Mouette déchaînée.