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12.10.2022
- N° 1.074

Raffineries :
où l’on découvre une CGT syndicat des riches !

4 minutes de lecture
Dernier commentaire paru : JC a écrit le 03 octobre.
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Par Nathalie MP Meyer

Nathalie MP Meyer est née en 1962. Elle est diplômée de l’ESSEC et a travaillé dans le secteur de la banque et l’assurance. Depuis 2015, elle tient "Le Blog de Nathalie MP" avec l’objectif de faire connaître le libéralisme et d’expliquer en quoi il constituerait une réponse adaptée aux problèmes actuels de la France aussi bien sur le plan des libertés individuelles que sur celui de la prospérité économique générale.



La CGT nous la joue et se la joue sur le mode grèves, manifs, blocages.
Mais au rythme où elle va, elle est en bonne voie de devenir… syndicat des riches !

Pauvre François Hollande, le prix Nobel d’économie lui échappe encore cette année ! Notre ancien président de la République est pourtant l’auteur d’un traité d’économie politique en deux principes dont la puissance explicative du fonctionnement de notre modèle économique et social est tout simplement admirable :

Premier principe  : « Je n’aime pas les riches, c’est-à-dire les individus qui gagnent plus de 4000 euros par mois.
Second principe : « C’est pas cher, c’est l’État qui paie. »

Des principes élaborés de longue date en vue de l’élection présidentielle de 2012 qui ont remarquablement éclairé François Hollande lors de son passage à l’Élysée et qui n’ont manifestement rien perdu de leur actualité. Après tout, le « quoi qu’il en coûte » macronien n’est rien d’autre qu’une version actualisée du second principe.

Quant à la haine du riche, elle reste vivace et ne trouvera d’exutoire qu’une fois les profits, les dividendes et les hauts salaires officiellement interdits ou, à tout le moins, étroitement encadrés et taxés par la loi tandis que le Smic grimperait à 2000 euros et l’âge légal de départ en retraite reviendrait à 60 ans. Autrement dit, lorsque le programme de la Nupes de Mélenchon, intégralement repris et embelli par la CGT dans ses revendications sociales de la rentrée, sera enfin programme de gouvernement sonnant et trébuchant.



Après la grande journée de revendication salariale du 29 septembre (voir affiche ci-dessus), ce n’est pas par plaisir que la CGT organise maintenant le blocage des raffineries. Nul coup de tête de sa part, nulle volonté de prendre le reste de la population en otage, mais une pure action de justice sociale basée sur le constat d’une accumulation de cadeaux fiscaux pour les entreprises et d’une captation des aides publiques par les plus riches. Ajoutez l’inflation qui enfle depuis un an, incorporez les superprofits des multinationales et vous mesurez toute l’insuffisance du paquet « pouvoir d’achat » adopté cet été.

Premier super-profiteur de France, le groupe TotalEnergies qui a vu ses bénéfices atteindre ces derniers mois des niveaux abominablement élevés à la faveur de la hausse des prix de l’énergie. Dans le même temps, les travailleurs ordinaires, les « braves gens » selon la classification de Jean-Luc Mélenchon, s’enfoncent dans la crise. Dès lors, une seule solution pour obtenir des hausses de salaire : la grève sans concession. Ça a marché cet été à l’UCPA, ça va marcher cet automne chez Total. En attendant, que les citoyens mécontents des pénuries dans les stations-service s’adressent à M. Pouyanné, le PDG du groupe, coupable de ne pas vouloir « discuter de mesures salariales complémentaires ».

En réponse, ce dernier a fait savoir avant-hier (dimanche 9 octobre) par communiqué que TotalEnergies était prêt à avancer la Négociation Annuelle Obligatoire sur les salaires de novembre à octobre (sachant que novembre était déjà une anticipation par rapport à janvier, période habituelle de ces négociations). Mais à une condition préalable : que les blocages cessent.

Mais surtout, il n’a pas manqué de relever combien la CGT a absurdement raison quand elle parle de mesures « complémentaires ». Au niveau de la branche professionnelle des industries pétrolières, il s’avère en effet qu’un accord conclu il y a seulement une semaine (le 3 octobre dernier) a acté « une augmentation de 6,7 % de la rémunération minimale annuelle garantie de la Branche Professionnel Pétrole, de façon à la positionner 10 % au-dessus du Smic national dernièrement réévalué ».

Mieux, les mesures internes prises en 2022 chez Total en faveur des salariés français, déclinées en revalorisation des salaires et en intérêt et participation, ont eu pour effet de porter la rémunération moyenne mensuelle totale des opérateurs de raffineries de TotalEnergies en France à… 5000 euros. (Ceci sans compter l’avoir énergie de 150 euros octroyé en mars aux salariés abonnés en gaz et électricité chez Total et la prime énergie de 200 euros payée en juillet à tous les salariés.)

Mais 5000 euros ! C’est un vrai revenu de riches, ça ! Prenez les 4000 euros de Hollande en 2012, appliquez-leur l’inflation sur la période, année 2022 comprise, et vous n’arrivez qu’à 4550. Alors 5000 ! Selon les canons vertueux de la gauche, c’est l’horreur absolue.

On savait déjà que la CGT, éventuellement flanquée de ses comparses SUD et FO, était d’autant plus opposée à toute réforme des retraites qu’elle craignait de voir certains régimes très spéciaux disparaître – vous savez, ces régimes spéciaux soutenus par l’argent du contribuable où les salariés partent plus tôt que les autres, avec des pensions calculées sur les salaires de leurs six derniers mois contre 25 ans pour le régime commun, après avoir cotisé moins et moins longtemps que les autres.

On savait aussi qu’elle n’a jamais hésité à faire des demandes sociales complètement délirantes, enchaînant grèves, chantages et occupations de locaux, quitte à pousser les entreprises bloquées sur son instigation à la faillite et à la fermeture. Bel acquis social !

Et l’on savait en outre qu’épinglée en 2020 par la Chambre régionale des Comptes d’Île-de-France pour sa gestion désastreuse de la maternité parisienne des Bluets, elle s’était appuyée pour sa défense sur le fonctionnement… du marché et le droit… au profit ! On croit rêver, mais non.

On découvre maintenant que prenant prétexte de l’inflation qui affecte profondément le pouvoir d’achat de nombreuses familles en difficultés réelles, elle ne voit aucun problème à bloquer la France entière au bénéfice exclusif de salariés fort bien traités par leur employeur.

Oh, bien sûr, la CGT nous la joue et se la joue sur le mode grèves, manifs, blocages, mégaphones, merguez et slogans chocs tels que « Bloquons la machine à profits ».

Et il n’est pas rare de tomber sur un cadre dirigeant se revendiquant ouvertement du léninisme. Mais qu’elle se méfie quand même.
 Au rythme où elle va, elle est en bonne voie de devenir… syndicat des riches !


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