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05.10.2022 - N° 1.067 Le tabou du nombre des fonctionnaires
Par Alain Mathieu Alain Mathieu est un militant libéral français ancien président de Contribuables Associés (2005-2013). Contribuables Associés est la première association non subventionnée de France avec plus de 350 000 membres. ![]() Dans la concurrence internationale, la France manque d’un atout essentiel : des dirigeants politiques prêts à appliquer à leur pays les réformes qui ont fait leurs preuves en Allemagne Bruno Le Maire déclarait à Radio Classique le 14 mai 2019 :
"Je reste déterminé à ce que nous tenions nos engagements de réduction du nombre de fonctionnaires."
L’engagement était une baisse de 120 000 postes pendant le quinquennat 2017-2022. La détermination de Bruno Le Maire était louable mais selon les chiffres officiels, la réalité est une hausse de 176 000. Il n’y a pas eu de réaction à cette rupture d’engagement, car le nombre des fonctionnaires est un sujet tabou. Certes il est bien connu : 5,6 millions de fonctionnaires de l’État, des collectivités locales et des hôpitaux. Mais il faut bien chercher dans une annexe du budget de l’État voté par le Parlement pour trouver le nombre des « quasi-fonctionnaires ». Contrairement à ce que croient la plupart des Français, les enseignants du privé, les salariés des universités, du CNRS, de Pôle Emploi, de la Sécurité sociale, de La Poste, de la Caisse des dépôts et des autres « opérateurs de l’État » ne sont pas fonctionnaires. Le personnel des associations à financement majoritairement public n’est pas davantage fonctionnaire, ni celui des entreprises publiques comme EDF ou la SNCF. Le nombre officiel des quasi-fonctionnaires figurant dans cette annexe du budget est, sans y inclure les entreprises publiques, de 1,4 million. Le nombre total de fonctionnaires et quasi-fonctionnaires français est donc de 5,6 + 1,4 = 7 millions. Le chiffre officiel des fonctionnaires allemands est de 4,6 millions. Pour être à égalité avec l’Allemagne, à population égale, la France devrait compter 3,6 millions de fonctionnaires, soit 3,4 millions de moins. La rémunération des fonctionnaires allemands est ainsi inférieure de 5,6 % du PIB à celle des français. Certes l’Allemagne a 3 millions d’enfants d’âge scolaire de moins que la France. Mais la part des écoles publiques y est plus forte qu’en France (sauf pour les maternelles), les autoroutes y sont publiques, comme la distribution d’eau et l’assainissement et la plupart des maisons de retraite. De plus elle a plus de vieux à entretenir. Ses dépenses publiques devraient être plus élevées que celles de la France. La principale explication de notre excès de fonctionnaires est que les fonctionnaires allemands travaillent davantage que les français : 40 heures par semaine, contre moins de 35 en France. Leurs enseignants sont présents à temps plein dans leur école (43 heures dans le secondaire). Ils partent en retraite trois ans plus tard que les français. L’absentéisme dans la fonction publique y est inférieur à celui de la France. Sur une vie entière, le temps de travail des fonctionnaires français est ainsi inférieur de 30 % à celui des allemands. Deuxième explication : le succès d’un ministre ou d’un directeur d’administration français tient à ses yeux à l’augmentation de son budget et de ses effectifs. Aucun ministre, aucun directeur n’a été promu pour avoir baissé ses effectifs. Aussi, d’après l’INSEE, la France embauche-t-elle chaque année 450 000 fonctionnaires. Un gel des embauches pendant plusieurs années, comme l’ont fait les Anglais et les Italiens, permettrait le rapprochement avec l’Allemagne. Mais le tabou du nombre de fonctionnaires nous empêche de suivre cette voie, puisque le budget 2023 augmente de 10 764 le nombre des fonctionnaires. Dans la concurrence internationale, la France manque d’un atout essentiel : des dirigeants politiques prêts à appliquer à leur pays les réformes qui ont fait leurs preuves en Allemagne et dans les pays développés qui ont réussi en quelques années à diminuer leurs dépenses publiques de plus de 10 % de leur PIB : Canada, Irlande, Suède, Pays-Bas, Finlande, Danemark. Il faudra pour cela commencer par lever le tabou du nombre des fonctionnaires.
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