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30.09.2022 - N° 1.062 Allemagne : le passager clandestin de l’électricité
Par Michel Gay Citoyen ordinaire, abonné EDF et contribuable, Michel Gay a été pilote de chasse dans une vie antérieure. Il est l'auteur du livre "Vive le nucléaire heureux" et anime le site internet http://www.vive-le-nucleaire-heureux.com. Il a reçu en décembre 2016 le prix Yves Chelet décerné par la Société Française d'Énergie Nucléaire (SFEN / PACA). ![]() Si l’Allemagne persiste dans son refus unilatéral du nucléaire, et si elle veut respecter ses engagements pour diminuer ses missions de CO2, elle deviendra le passager clandestin de l’électricité en Europe. Le gouvernement allemand a demandé aux exploitants le maintien en réserve jusqu’au 15 avril 2023 de deux centrales nucléaires dont la fermeture était prévue au 31 décembre 2022 afin de fournir, si nécessaire, de l’électricité au cours de l’hiver à venir. « La tâche consiste à assurer la sécurité de l’approvisionnement » a déclaré le ministre fédéral de l’Économie et de la Protection du climat, Robert Habeck. Est-ce la dernière cigarette du condamné, ou le mégot qui permettra de rallumer le foyer du nucléaire allemand ? Oh surprise !… Oh surprise…, alors que la France annonce qu’elle va connaître, elle aussi, des difficultés de production suffisantes d’électricité cet hiver pour avoir fermé trop de moyens de production pilotables (charbon, gaz et nucléaire), l’Allemagne avoue qu’elle ne peut fermer ses centrales nucléaires que si la France assure un soutien par une compensation à 100 %. L’Allemagne prévoit donc de faire tourner à plein régime ses centrales à charbon pour économiser le gaz et prolonge deux centrales nucléaires. Mais elle se permet de blâmer la France qui ne pourra peut-être pas lui assurer un soutien électrique avec ses propres centrales nucléaires ! C’est un comble ! Au bal des faux culs… Au bal des faux culs, l’Allemagne est le chef d’orchestre… Elle œuvre depuis des années, via la Commission européenne, pour casser EDF qui donne, ou donnait, à la France un avantage industriel avec une électricité abondante parmi les moins chères d’Europe et propre de surcroît. En effet, la France, produit 90 % de son électricité sans émission de CO2 grâce principalement au nucléaire : de 4 à 6 grammes de CO2 par kWh produit, soit moins que l’éolien et le solaire, contre 400 grammes pour le gaz et plus de 800 grammes pour le charbon. Le président Macron propose donc que la France soit solidaire de l’Allemagne très dépendante du gaz russe (rappel : elle a décidé de fermer toutes ses centrales nucléaires sans arrêter ses centrales au charbon et au gaz) en lui fournissant une partie de notre gaz et de notre électricité… nucléaire. C’est le bouquet ! Est-ce un service rendu à une nation imprévoyante qui a cru, et fait croire qu’elle pourrait remplacer son nucléaire par du vent et du soleil intermittents, ou la soumission de la France à une demande pressante d’une Allemagne dominatrice en Europe ? Où est la bonne pédale ? Pour diminuer notre consommation d’énergie fossile, notamment gaz et charbon dans la production d’électricité, notre président se trompe de pédale : comme l’Allemagne (en avance dans la bêtise…), il appuie sur le frein de la production d’électricité en développant des énergies renouvelables intermittentes (comme les éoliennes) en croyant appuyer sur l’accélérateur. Après avoir été le fossoyeur des deux réacteurs de Fessenheim en parfait état de fonctionnement (malgré ses affirmations mensongères refaisant l’histoire en inversant la cause et l’effet), il s’aperçoit soudain qu’il faut accélérer la construction de nouveaux réacteurs ! Nos (ir)responsables politiques sans vision stratégique depuis 20 ans n’ont pas compris que le nucléaire pouvait avantageusement se substituer au gaz et au charbon européens. Ils ont raté l’opportunité d’alimenter en électricité nucléaire toute l’Europe et, au vu de notre position géographique, de faire de la France l’Arabie saoudite de l’électricité européenne. Et les dérisoires 10 projets de fabrication d’hydrogène vert annoncés le 28 septembre 2022 par la Première ministre Élisabeth Borne pour créer une illusoire « filière souveraine » ne seront qu’une occasion de plus pour pomper des subventions dans les poches des Français pris pour des imbéciles. Ces derniers finiront bien par s’en apercevoir ! Madame Élisabeth Borne veut aussi une loi d’exception (?) fondée sur trois erreurs pour accélérer le développement des énergies renouvelables intermittentes (EnRI) alors que :
Ces projets de loi trahissent les intérêts de notre pays en n’appuyant pas sur la bonne pédale. Ce dispositif ira à l’encontre des objectifs recherchés : lutte contre le réchauffement climatique, indépendance nationale et retour à un prix raisonnable de l’électricité. En Europe, la présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen, porte-parole non déclarée de l’Allemagne anti-nucléaire, appuie aussi sur la mauvaise pédale en battant l’estrade médiatique mondiale pour saborder le nucléaire. Accessoirement, elle se prend aussi pour un chef d’État prêt à déclarer la guerre à la Russie qui restreint ses livraisons de gaz à l’Allemagne qui en est très dépendante. Or, elle n’est même pas élue. Elle n’est que la présidente de la Commission, une organisation internationale. Et ensuite ? La désastreuse politique énergétique fondée sur des énergies renouvelables intermittentes menée depuis 20 ans produira ses effets délétères pendant encore au moins 20 ans, le temps nécessaire à la mise en service de nouveaux réacteurs nucléaires en quantité suffisante pour compenser les fermetures hasardeuses. Ou bien, il faudra reconstruire de manière transitoire de nouvelles centrales à charbon et au gaz beaucoup plus rapides à construire (deux ans) en attendant la troisième et quatrième génération de réacteurs nucléaires dont 426 sont en service actuellement dans le monde. Une nouvelle « transition énergétique vers le nucléaire » à établir en quelque sorte. Mais ces incohérences passées et ces errements consternants auront un coût exorbitant payé par la collectivité et seront néfastes pour le climat ! Si l’Allemagne persiste dans son refus unilatéral du nucléaire, et si elle veut respecter ses engagements pour diminuer ses missions de CO2 en diminuant ses centrales au charbon (ce qui est douteux), elle deviendra le passager clandestin de l’électricité en Europe. Elle va dépendre de plus en plus du secours de ses voisins dotés en barrages comme la Norvège ou la Suisse, en gaz comme la Russie, ou en… nucléaire comme la France et aussi bientôt la Grande-Bretagne. Quand
les hypocrites (idiots utiles ?) voleront, les dirigeants qui ont
déterminé la politique énergétique de la France et de l’Europe depuis
au moins 10 ans
seront commandants d’escadrille.
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