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28.09.2022
- N° 1.060

L’intelligence artificielle, ça veut dire quoi ?

 

Dernier commentaire paru : PaD écrit le 22 septembre.
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Par Yves Montenay

Polyglotte, Yves Montenay est doté d'une riche carrière internationale nord-sud de cadre, conseil et chef d'entreprise. Démographe de formation, passionné d’histoire, d’économie et de géopolitique il est actuellement écrivain, consultant et enseignant. Auteur de plusieurs ouvrages de démystification sur les relations nord-sud, notamment le Mythe du fossé Nord Sud, ainsi que Nos voisins musulmans, il publie également Les Echos du monde musulman, une revue hebdomadaire de la presse orientale et parfois occidentale sur le monde musulman, avec une priorité donnée à l'humanisation des récits.



Si l’idée est aujourd’hui largement diffusée dans le grand public, l’expérience montre qu’en fait, on ne sait pas très bien ce que ça veut dire.

La présentation du livre 101 mots de l’intelligence artificielle1 sur le vocabulaire français de cette discipline me donne l’occasion de revenir sur la signification du terme intelligence artificielle.

Prenons successivement chacun des deux mots le composant : intelligence et artificielle.

L’intelligence

C’est un mot encore plus courant, mais depuis que l’écriture existe, on ne sait pas comment la définir. Je vais me borner à trois caractéristiques de l’intelligence : l’analyse, la synthèse et la rapidité de compréhension.

Une illustration de l’ignorance de ce qu’est vraiment l’intelligence est l’échec de simulation informatique du cerveau. Cet organe est trop compliqué pour être remplacé par un programme informatique, du moins pour l’instant.

De manière un peu sommaire, je dirais que l’intelligence artificielle ne sait pas analyser ni synthétiser, mais par contre qu’elle peut proposer très rapidement une solution dans des cas hors de portée des acteurs humains du fait d’une énorme masse de données. Ce n’est pas pour autant qu’elle les comprend. C’est donc le résultat des progrès en matière de collecte des données et de la rapidité de leur tri par l’informatique.

Dans un domaine que je connais un peu, celui du rassemblement des textes à l’époque de l’origine de l’Islam, la méthode traditionnelle consistait à ce qu’un chercheur passe sa vie à étudier une ou plusieurs langues du Moyen-Orient, à collationner des textes extrêmement dispersés géographiquement (y compris les graffitis), publie une thèse à ce sujet, laissant à d’autres chercheurs le soin d’essayer de tirer une synthèse du travail des dizaines d’autres ayant pris le problème par un autre bout. On imagine la cacophonie !

Maintenant, les recherches mondiales sont (paraît-il) toutes accessibles informatiquement, et chaque spécialiste peut en tirer ses propres conclusions.

Voir à ce propos mon article : « Les nouvelles technologies bousculent l’histoire de l’Islam. »

Je vais prendre des exemples beaucoup plus répandus dans le grand public : la dictée à un ordinateur, la traduction automatique et « la rédaction intelligente » où l’on suggère de terminer une phrase… voire de rédiger une thèse (il existe des programmes spécialisés pour cela).

En général le travail est bien fait, mais quelques exceptions le ridiculisent et ruinent la prétention à l’intelligence. Par exemple une vague ressemblance phonétique fait que l’ordinateur choisit un terme obscène au lieu du terme prononcé. Si on envoie un courriel, il faut donc relire attentivement le texte dicté auparavant…

Artificielle ?

Ce terme n’a également pas grand sens. Il évoque l’usage d’un ordinateur, donc d’une machine, mais en fait c’est humain d’un bout à l’autre, de la conception des machines à celle des programmes.

Les responsables sont tellement conscients de la difficulté du problème qu’ils poussent les gouvernements à développer des recherches en neurosciences, discipline on ne peut plus humaine (et animale pour commencer), notamment pour approcher à très long terme d’une imitation informatique du cerveau.

Les Américains auraient lancé des expériences pouvant un jour lointain aider à la liaison entre neurosciences et intelligence artificielle.

En conclusion

Finalement « l’intelligence artificielle » ne mérite pas son nom, ce qui ne l’empêche pas de fournir de plus en plus de services à toujours davantage d’activités humaines, y compris artistiques.

Bref, l’intelligence artificielle est un outil. Comme un outil agricole plus performant, elle permet de démultiplier l’action d’un individu. Il est possible de maîtriser ce nouvel outil et d’avoir accès à des fonctionnalités nouvelles, comme un agriculteur avec un nouveau tracteur.

Le rêve des années soixante, de produire des machines « vraiment » intelligentes, comme dans les films de science-fiction, n’est plus d’actualité. Une infime portion des chercheurs travaille encore dessus, et les scientifiques se concentrent aujourd’hui sur la production d’outils performants et faciles à utiliser.

Un mot de l’économiste que je suis : l’intelligence artificielle remplacera beaucoup d’activités humaines et certains craignent un chômage massif à cause d’elle. Je suis d’un avis opposé en constatant que tous les progrès techniques ont dégagé des économies qui ont permis l’apparition de nouveaux métiers dans des domaines imprévus.

Prenons l’exemple de l’agriculture : 97 % des paysans ont disparu dans les pays développés (en pourcentage de la population active), mais on est plutôt mieux nourri (du moins en quantité)

et les économies ainsi générées dans chaque foyer ont permis de payer des médecins, des enseignants, et tous les autres métiers que personne n’aurait imaginés jadis : il serait difficile d’expliquer à un paysan français de l’année 1800 que son descendant sera animateur au Club Méditerranée !

 

Le livre est en accès libre et vous pouvez le parcourir ci-dessous :

Les 101 mots de l’intelligence artificielle


1 - Paris, le 22 septembre 2022 : Présentation du livre 101 mots de l’intelligence artificielle sur le vocabulaire français de cette discipline par Gérard Pelletier, président de Datafranca qui y a largement participé


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