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16.09.2022 - N° 1.048 La dette : la bombe à retardement
Par Claude Goudron Fondateur et dirigeant jusqu’en 2013 d’une PME industrielle pendant quarante ans, Claude Goudron se consacre depuis sa retraite à la défense des TPE & PME ainsi qu’à la promotion du libéralisme économique. Il a pour cela rejoint le mouvement ETHIC et est devenu administrateur référent PME au cercle Frédéric Bastiat. A ce jour il est l’auteur de 4 livres. ![]() Faute
d’une politique de désendettement, l’État été obligé d’emprunter pour
rembourser cette dette ce qui en soi est déjà une aberration.
C'est un sujet que j’ai déjà traité plusieurs fois et qui remonte à un audit de la dette française demandée en 2005 par Thierry Breton ministre des Finances sous le gouvernement de Jacques Chirac à l’ancien responsable de la BNP Michel Pébereau. La situation en 2005 Le rapport, publié en 2006, indique un endettement de 1200 milliards d’euros mais il ne tient pas compte les dettes dites hors bilan qui incluent les engagements de l’État en ce qui concerne les retraites des fonctionnaires, les déficits des entreprises d’État et les cautions et engagements divers garantis par celui-ci. Pébereau donne alors une fourchette qui se situerait entre 1200 et 4000 milliards et démontre la méconnaissance, à l’époque, de l’endettement réel du pays. En ne prenant en compte que la dette officielle de 1200 milliards j’avais pu constater que ce chiffre était difficilement appréhendable par le citoyen lambda sauf à dire, comme d’ailleurs pour toute somme dépassant le milliard d’euros, que c’est beaucoup d’argent. Pour faire comprendre le degré d’endettement du pays il fallait choisir une autre unité de compte plus significative, j’ai donc choisi la Twingo qui était à l’époque la voiture à la mode (vendue approximativement 10 000 euros) construite cette année 2005 à 130 000 exemplaires. Une simple division indiquait que l’endettement du pays correspondait à 120 millions de Twingo. En ramenant le chiffre en années de production on arrive à presque 1000 années de production au rythme de fabrication de l’époque. La situation en 2022 La dette officielle de bientôt 3000 milliards atteint, avec le hors bilan. C’est donc l’équivalent de plus de 3000 ans de fabrication d’un véhicule identique, voire 7000 ans en tenant compte du hors bilan. Il n’est pas difficile de comprendre que cette situation est inacceptable pour un pays qui par ailleurs veut faire la morale au reste du monde. La France est dans la position d’un drogué qui ne parvient pas à se sevrer. La dette est sa drogue et chaque président renvoie au prochain la décision de suivre une cure. Il faut voir dans la dette deux problèmes. Le premier, souvent occulté est le remboursement du capital. En effet, il est question exclusivement des intérêts comme si c’était le seul problème. Dans une entreprise un endettement supérieur à 33 % des fonds propres est considéré par un banquier comme une limite acceptable. En considérant que l’ensemble des Français est cautionnaire de la dette de la France son équivalent fonds propre sera son patrimoine estimé à environ 14 000 milliards. Si on considère l’ensemble de la dette d’État, le taux d’endettement est alors de 50 % soit, comme l’annonçait François Fillon, un État en quasi faillite. Le deuxième problème, qui devrait exploser à court terme, c’est la charge de la dette, c’est-à-dire les intérêts à rembourser chaque année. Jusqu’à 2021, grâce à une inflation maîtrisée depuis les années 1990, ils ont été importants mais supportables. Après avoir été en territoire négatif ces dernières années nous avions cru qu’après une première décrue la charge de la dette allait rester à ces niveaux pour encore de nombreuses années. Je n’ai eu de cesse de tirer la sonnette d’alarme sur l’inconscience de nos dirigeants qui restaient persuadés que les taux n’évolueraient qu’à la marge. Faute d’avoir assaini l’endettement lorsque la conjoncture le permettait, et à l’inverse de tous les pays européens, à l’exception de l’Italie qui a néanmoins réagi tardivement, les gouvernements français ont continué leur fuite en avant qui mène le pays dans le mur. En effet tous les économistes savent que un point de taux d’intérêt coûtera à terme 40 milliards supplémentaires par an ! Le taux à 10 ans étant passé en une année de négatif à plus de 2 % il est clair que nos financeurs ajusteront prochainement leur taux, sachant qu’ils sont majoritairement étrangers, aucun cadeau ne nous sera fait. On peut donc s’attendre à un poste budgétaire qui dépassera largement les 100 milliards à la fin de la décennie, soit deux à trois fois le budget défense. Le compte à rebours a commencé Faute d’une politique de désendettement, l’État été obligé d’emprunter pour rembourser cette dette ce qui en soi est déjà une aberration. Il va devoir passer un cap supérieur en empruntant cette fois-ci pour pouvoir payer les seuls intérêts de cette dette. Chacun sait que ça ne peut que mener notre pays à la faillite et dans ce cas-là plus aucun créancier ne prêtera avec comme premier effet l’incapacité d’honorer les salaires des fonctionnaires à partir de septembre puisque c’est le cas depuis de nombreuses années. Le pays se dirige donc tout droit vers un scénario à la grecque, le FMI, la BCE et l’Europe imposerons, avec raison les réformes qui n’ont jamais été entreprises. La première est la réduction d’un tiers du nombre de fonctionnaires, soit deux millions, chiffre que j’avance depuis des années et qui correspond aux capacités de financement de leur salaire jusqu’au 31 décembre de chaque année. Ces mesures seront accompagnées d’autres tout autant violentes comme la baisse de toutes les aides d’État et la réorganisation de toutes les administrations. Conclusion Chacun sait que ces réformes sont indispensables et urgentes. Faute
de les avoir anticipé et appliqué progressivement comme l’a fait
l’Allemagne depuis le début des années 2000, c’est par la force
qu’elles seront imposées et c’est peut-être la meilleure des choses qui
puisse nous arriver.
C’est la survie de notre pays qui est en jeu et donc celui de l’Europe.
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