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08.09.2022 - N° 1.040 Polémique Christophe Galtier : « Je suis Charlie », c’est fini ?
Par Margot Arold Margot Arold s'intéresse aux sujets de société, aux nouvelles technologies, à la vie politique. Patiente et contribuable, elle se préoccupe du devenir de ses impôts. Professeur de français dans une autre vie (en banlieue), elle aime la rhétorique et défend farouchement le libre-arbitre et la responsabilité individuelle. Elle écrivait auparavant sous le nom de plume Phoebe Ann Moses. ![]() L’entraîneur du PSG a voulu ironiser sur les transports écologiques et s’est attiré les foudres des politiques. Il a fini par faire son mea culpa. Fini de rigoler. Interdiction de rigoler ? Sujets désormais interdits ? Il semblerait qu’en haut lieu on ait totalement perdu le sens de l’humour… et qu’on compte bien mettre au pli les Français qui seraient tentés de rire de sujets rendus de plus en plus sensibles. Christophe Galtier et son trait d’humour Ainsi, Christophe Galtier, entraîneur du PSG a-t-il répondu de façon ironique à la question de l’utilité d’un déplacement Paris-Nantes en avion : « Ce matin, on a discuté avec la société avec laquelle on fait nos déplacements
pour savoir si on ne pouvait pas se déplacer en char à voile. » Si les joueurs de foot ne sont certes pas réputés pour leur finesse intellectuelle, force est de reconnaître tout de même que la réponse de Galtier ne manquait pas de piquant. Et que certains ne connaissent plus le sens de l’ironie, où l’on dit le contraire de ce qu’on pense pour mieux faire ressortir l’absurdité d’une situation, par exemple. Écologie, critique interdite ? Hélas… l’époque où on était « tous Charlie » est révolue. Il est aujourd’hui de bien mauvais goût de donner dans la critique de tout ce qui concerne (en vrac et non exhaustif) : l’écologie, la viande, le vélo, la voiture, l’avion, l’éolien, la transition énergétique… Galtier a déchaîné les foudres tant médiatiques que politiques : d’Anne Hidalgo (jamais en reste pour motiver les Parisiens à se déplacer en vélo), à la ministre des Sports elle-même, voilà Galtier sommé de rentrer dans le rang ! ![]() Les quadruples points d’interrogation sont là pour faire entendre son indignation, qui est très-très forte. Elisabeth Borne a indiqué qu’il fallait que les joueurs aient « conscience qu’il y a une crise climatique qui n’est plus une hypothèse pour demain mais qui est une réalité maintenant ». « Il est important qu’ils réalisent dans quel monde on est. » Parce que « réaliser dans quel monde on est » n’était pas une ironie dans la bouche de la ministre… qui vit bien dans le même monde que les Français. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a quant à lui, jugé que « l’ironie de Galtier était déplacée ». Clémentine Autain y va d’un : « Les ricanements et le mépris face à notre planète qui brûle. Cette déconnexion des urgences et de ce que nous vivons est consternante.« La députée Renaissance d’Aix-en-Provence, a dénoncé l’humour : « La question de l’urgence climatique peut encore faire rire ? Séquence assez surréaliste, dévastatrice pour le milieu du football et choquante après un été particulièrement alarmant. » On se croirait revenus à l’Inquisition, avec ces excuses publiques imposées, devenues obligatoires, sans lesquelles il sera persona non grata. Une vraie contrition. Et il s’exécute. Galtier fait son mea culpa « Évidemment que ce n’est pas le moment de tenir ces propos, je le regrette.
C’est une blague de mauvaise qualité […] Le PSG n’est pas hors-sol. » Un comble : devoir répondre de sa conscience des réalités à des politiciens qui bénéficient de la climatisation tant à l’Assemblée que dans leur voiture avec chauffeur, qui font des soirées en plein confinement pour cause de covid, qui décrètent pour les autres ce qu’ils ne pratiquent pas au quotidien. Ainsi que le faisait remarquer Christian Godin dans son excellent article de 2011, « Excuses et attritions publiques : une nouvelle mode inquisitoriale » : « Dès qu’un dérapage verbal provoque une menace de poursuite en justice,
le mis en cause présente des excuses. » Ces excuses publiques sont finalement la preuve, s’il en était besoin, que l’écologie est devenue la nouvelle religion. Mais elle exige une pratique infaillible, austère, et bannit ce qui fait l’humanité de ses adeptes : l’humour. Car au fait, que risquait Christophe Galtier, puisque ce n’était là qu’un trait d’humour (qu’on apprécie ou pas) ? Rien, au final. On suppose qu’il ne craint pas les peines de l’enfer… mais peut-être « la perte d’un public ou d’un marché », ainsi qu’ironisait le même Christian Godin dans l’article précédemment cité. Il est en effet de mauvais goût de critiquer un business plan politique ou une marche forcée vers une Transition écologique belle et souriante… avec l’impôt des Français. Alors, excuses publiques, attrition, contrition, comme au retour des goulags
ou sous la menace d’excommunication. Aurait-on oublié que l’humour fait partie d’une société saine et démocratique ? Il est loin, Charlie…
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