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19.08.2022 - N° 1.022 La sécheresse 2022 « sans précédent »… Vraiment ?
Par Johan Rivalland Johan Rivalland, ancien élève de l’École Normale Supérieure de Cachan et titulaire d’un DEA en Sciences de la décision et microéconomie, est professeur de Marketing et d'Economie. ![]() Saviez-vous que la France a connu une terrible sécheresse dans les années 1940 ? Vraisemblablement plus intense que celle que nous connaissons actuellement. Un fait essentiel largement ignoré. En prenant connaissance de l’article très instructif de Vincent Bénard paru dans la lettre quotidienne de l’IREF du 12 août 2022, que je vous encourage vivement à lire et à diffuser, je suis à la fois un peu ébahi et surtout révolté. En effet, alors que l’on ne cesse de nous rebattre quotidiennement les oreilles avec la question du changement climatique et de la responsabilité plus que présumée de l’Homme dans celui-ci, au point de susciter des phénomènes nouveaux dits « d’éco-anxiété » auprès de générations gavées depuis la maternelle d’une véritable propagande propice au retour en force de la démesure et des idéologies, il apparaît qu’il n’y a pas grand monde pour nous délivrer des informations d’une importance aussi primordiale. Chercher simplement à comprendre Car pour ce qui me concerne, je ne me place aucunement en donneur de leçons ou en tant que détenant de quelconques vérités. Comme beaucoup d’entre vous, je cherche simplement à m’informer, connaître, comprendre. Tâche extrêmement difficile dans un monde où profusion d’information ne rime pas forcément avec fiabilité de cette information. Ni avec diversité des opinions, malgré la relative liberté offerte par la multiplicité des canaux de diffusion. Rejoignant en cela la démonstration brillante qu’établissait Jean-François Revel au sujet de cette « connaissance inutile », trop souvent évincée au profit des convictions irrationnelles, du mensonge et de la désinformation. Je ne suis pas un scientifique et ne puis me permettre d’avoir la prétention de pouvoir affirmer quoi que ce soit d’établi. La position de scientifique ne permet d’ailleurs pas non plus, en principe, d’user de positions aussi péremptoires que certains d’entre eux se le permettent, étouffant quasiment toute contestation, pour afficher un unanimisme de façade. Les conditions de l’esprit scientifique, telles que les définissait par exemple Jean Fourastié, ne vont d’ailleurs aucunement en ce sens. Comme je l’écrivais en 2019, tout ce que je réclame est une simple possibilité ne serait-ce que de débattre réellement et en toute sérénité de ces questions, en dehors de l’idéologie hélas prégnante. Ce qui, en théorie, est possible, mais en pratique bien peu avéré. Un fait essentiel : la grande sécheresse des années 1942-1949 Sans doute suis-je moi-même mal informé. Mais il est un fait que – malgré la quantité d’information à laquelle j’accède quotidiennement en tant que simple individu ordinaire – je n’ai pas souvenir d’avoir lu ni entendu d’évocation ou de référence à cette terrible sécheresse dont il est question dans l’article de Vincent Bénard. Et pourtant, l’information est on ne peut plus officielle, puisqu’elle provient d’un rapport de Joseph Sanson, à l’époque Vice-Directeur de la Météorologie Nationale, et Maurice Pardé, alors professeur à l’École Nationale Supérieure d’Hydraulique, paru en 1950 (hier, en quelque sorte). La question est donc la suivante : alors que l’on nous affirme en permanence que la sécheresse de 2022 serait inédite dans son ampleur et une preuve supplémentaire du dérèglement climatique à l’œuvre, confondant régulièrement climat et météorologie au passage – comment les journalistes en premier lieu, mais aussi scientifiques, politiques et autres entités censées être instruites avant de se lancer dans des affirmations aussi tranchantes, n’ont-ils pu être informés ou nous informer de faits d’une telle importance ? La démarche journalistique en question Car l’affaire n’est pas banale : d’après les informations de ce rapport, la grande sécheresse des années 1940 avait atteint en ampleur bien davantage que ce que nous avons pu subir pour le moment à ce jour au cours des toutes dernières années. D’ailleurs, je dois dire que j’apprécie beaucoup aussi bien la modestie et la tempérance des auteurs du rapport que celles de Vincent Bénard, qui se garde de toutes conclusions hâtives et reste très prudent quant aux conclusions que l’on pourrait en tirer. Là se trouve la véritable démarche dont devrait faire preuve tout bon journaliste ou scientifique. Toujours est-il que cette information semble déterminante au regard des considérations – et à la prudence – à avoir en matière de climat. Que l’on n’en reste pas à la surface des choses, à l’alarmisme de rigueur et à l’imaginaire de la pluie et du beau temps, indignes d’un siècle où l’on dispose de connaissances et d’instruments à même de dépasser les visions millénaristes pour tenter de chercher en toute modestie à améliorer nos connaissances sans qu’elles se trouvent parasitées par de quelconques formes de militantisme. De manière plus générale lorsqu’il est question d’écologie, plutôt que d’être dans le moralisme permanent et la plupart du temps stérile voire néfaste, pour ne pas dire criminel, il y a lieu d’encourager, à l’inverse, des initiatives mesurées, concrètes, s’appuyant notamment sur la démarche entrepreneuriale et la capacité d’innovation, à l’image de ce que nous présentaient les multiples contributions réunies à l’initiative de Jean-Pierre Chamoux, Max Falque et Erwann Queinnec à travers un ouvrage que nous avions présenté ici-même et dont une version actualisée est sortie depuis. Quant à la question climatique elle-même, faire appel à des considérations et démarches relevant non de la magie, mais de la Raison, comme nous y invite Erwann Queinnec dans un article passionnant écrit avec toute la modestie et la rigueur que l’on peut attendre de quelqu’un qui cherche simplement à savoir – non pas en se fondant sur des a priori mais en s’en extrayant justement pour tenter d’y voir plus clair – paraît bien plus pertinent qu’en rester à la sphère des pures émotions. Être constructif, pour reprendre le terme utilisé par Vincent bénard dans sa conclusion, tout en étant conscient qu’il convient de tenir compte des contextes économiques et démographiques différents, me semble être une démarche bien plus saine que celles liées à la politique et à l’idéologie, la plupart du temps nuisibles et irrationnelles. Ramenons
donc la question du climat à sa juste dimension, en l’expurgeant dans
la mesure du possible de tous raisonnements irrationnels et sources de
dérives handicapantes pour l’avenir, en faisant preuve de beaucoup plus
de tempérance, d’humilité et de réserve, plutôt que de sombrer en
permanence dans les excès et la surenchère, entraînés par la fougue des
passions militantes, politiques et journalistiques polémiques ou
engagées.
Qui ne conduisent qu’à de regrettables dérives et à empêcher les progrès de la connaissance.
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