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08.08.2022
- N° 1.011

Bloquer les prix signifie creuser les inégalités

 

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Par Frédéric Mas

Frédéric Mas est journaliste. Après des études de droit et de sciences politiques, il a obtenu un doctorat en philosophie politique (Sorbonne-Universités). Il s'intéresse en particulier à la politique internationale, aux théories économiques contemporaines et à la vie des idées. Il écrit également pour Atlantico.



Retrouvons la sagesse de l’économiste Thomas Sowell
sur la folie du blocage des loyers.


Taxation des superprofits, blocage des prix, contrôle des loyers…

À droite comme à gauche, la pensée magique s’est substituée au raisonnement économique, et le populisme étatiste semble désormais innerver l’intégralité d’un débat public parasité par les passions les plus diverses. Pourtant, au nom de la lutte contre la paupérisation, toutes les politiques publiques ne se valent pas, loin de là.

L’économiste Thomas Sowell rappelle dans Basic Economics (Basic Books, 2015) que sur le sujet comme ailleurs, il faut bien distinguer les intentions des conséquences : ce n’est pas parce que les élus affichent des intentions morales élevées que leurs politiques auront des conséquences bénéfiques pour la population qui va devoir les endosser. En l’espèce, manipuler politiquement les prix, qui sont des indicateurs précieux pour déterminer l’état de l’offre et de la demande, ne peut conduire qu’à davantage d’injustices et de gaspillages.

Des incitations à la pénurie

Prenons l’exemple du contrôle des loyers, c’est-à-dire le maintien des prix artificiellement bas par l’intervention de l’État pour permettre aux individus de louer un appartement ou une maison. Thomas Sowell observe que si on se place du côté de l’offre, c’est-à-dire du propriétaire, l’État crée des incitations à la pénurie. S’il devient moins rentable de mettre sur le marché des biens immobiliers, mécaniquement, le nombre de locations proposées s’effondre.

Sowell rappelle que 9 ans après la Seconde Guerre mondiale, à cause du contrôle des loyers, aucun appartement n’a été construit à Melbourne en Australie. Pareil en Égypte en 1960 : le contrôle des prix incite les individus à éviter d’investir dans un secteur qui ne générait pas de profit, ce qui a eu pour effet de rendre les conditions de vie des Égyptiens plus difficiles, avec deux ou trois familles obligées de loger sous le même toit.

Thomas Sowell rappelle que non seulement le parc locatif s’appauvrit parce qu’on construit moins, mais que celui existant se dégrade de concert. En effet, puisqu’il n’y pas de nouveaux biens locatifs qui entrent sur le marché, il y a moins de concurrence donc davantage de rareté, et moins d’incitations pour améliorer l’offre existante : les locations ont donc tendance à se dégrader plus rapidement sous l’effet du contrôle des loyers qu’en situation de marché libre.

Une politique en faveur des privilégiés

Pire encore aux vues des intentions du législateur « bienveillant », seuls les plus riches et les privilégiés peuvent tirer leur épingle du jeu.

S’appuyant sur une étude menée dans différents pays, Thomas Sowell observe :

« En résumé, une politique visant à rendre les logements abordables pour les pauvres a eu pour effet net de déplacer les ressources vers la construction de logements qui ne sont abordables que pour les personnes aisées ou riches, puisque les logements de luxe sont souvent exemptés du contrôle des loyers, tout comme les immeubles de bureaux et autres propriétés commerciales. »

Ajoutons à l’analyse de l’économiste que la solution trouvée par la classe politique française pour pallier la crise du logement qu’elle a elle-même participé à créer se réduit souvent à créer davantage de logements sociaux ou à créer des incitations financières (aides au logement, subventions, prêts garantis, etc.).

Non seulement l’effet direct conduit à appauvrir l’offre locative, mais elle remplace les mécanismes d’allocation des ressources du marché par la planification politique. Au gaspillage économique à grande échelle s’ajoute cette fois-ci un problème de gouvernance, à savoir un pas de plus vers l’étatisation de la société.

Nous ne sommes pas sortis de la « route de la servitude » dont parlait Hayek,
nous avons même pris l’autoroute…





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