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06.08.2022
- N° 1.009

Il faut supprimer le salaire minimum

 

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Par Pascal Salin

Pascal Salin est un économiste français, Professeur honoraire à l'université de Paris IX Dauphine, spécialiste de la finance publique. Ancien président de la Société du Mont-Pèlerin (1994-1996), il est aussi président de l'ALEPS (association pour la liberté économique et le progrès social).
Il est l’auteur de Libéralisme (éditions Odile Jacob, 2000).




Il n’existe aucune véritable justification
pour l’existence d’un salaire minimum étatique.


Il a été décidé récemment en France d’augmenter le salaire minimum. Après avoir connu une augmentation de 0,9 % début 2022, le Smic est désormais porté à hauteur de 1603,12 euros brut par mois, contre 1589,47 euros brut en 2021. Ce que l’on appelle un salaire minimum est évidemment le montant minimum de salaire imposé par les gouvernants à toutes les entreprises.

On considère en général cette mesure comme souhaitable car on estime que les entrepreneurs auraient tendance à imposer des salaires trop faibles, ce qui génèrerait évidemment des conditions de vie difficiles pour certains salariés.

Quelle situation sans le salaire minimum ?

Mais pour apprécier cette mesure il est utile d’envisager tout d’abord ce qui pourrait se passer sans salaire minimum obligatoire. On peut ainsi considérer le cas d’un individu pouvant choisir entre, d’une produire et vendre des produits, ou être salarié.

Bien évidemment sa préférence dépendra en grande partie du gain qu’il obtient dans les deux cas (mais aussi des aspects agréables ou désagréables pour lui des deux systèmes). Son choix sera en définitive fonction des propositions des entrepreneurs disposés à l’embaucher éventuellement comme salarié. Il est bien connu que le prix d’un bien dépend des négociations entre un acheteur et un vendeur de ce bien ou plus précisément de tous les vendeurs et acheteurs de ce bien lorsqu’il existe une concurrence.

Bien entendu c’est aussi ce qui se passe au sujet de la détermination d’un salaire.

Celui-ci dépend évidemment des capacités productives du salarié et des caractéristiques de production particulières de l’entrepreneur qui peut l’embaucher. Dans la mesure où il y a concurrence entre les différents salariés potentiels et concurrence entre les entrepreneurs il en résulte probablement – par exemple dans un pays – un salaire minimum (pour certains métiers) et peut-être même aussi un salaire maximum. Mais précisément ce « salaire minimum » est probablement différent selon les caractéristiques productives des salariés et selon les caractéristiques particulières de chaque bien produit. Il n’existe donc pas un salaire minimum national, mais plusieurs « salaires minimums concurrentiels », plus ou moins différents selon les activités productives concernées.

L’existence d’un salaire minimum rendu obligatoire par les gouvernants a évidemment des conséquences sur les choix de ces deux catégories de partenaires éventuels (salariés et entrepreneurs). L’existence de ce salaire minimum résulte probablement d’une hypothèse implicite, à savoir que l’on considère les entrepreneurs comme des personnes risquant d’être malhonnêtes en imposant des salaires plus faibles que ce qui serait supportable pour eux et souhaitable pour les salariés.

Un salaire minimum étatique

Ce salaire minimum étatique est forcément différent de ce que nous avons appelé les salaires minimums concurrentiels et en tant que tel il peut être considéré comme inutile et même nuisible. Il est probablement supérieur à certains d’entre eux et inférieur à d’autres. Il est certain que les étatistes qui décident le montant du salaire minimum ne peuvent pas connaitre ce que seraient les salaires minimums concurrentiels et leurs décisions sont donc nécessairement injustifiées.

Prenons par exemple le cas d’un jeune qui vient de terminer ses études et qui cherche un emploi. En l’absence d’un salaire minimum étatique il acceptera sans doute un emploi avec un faible montant de salaire et il obtiendra peu à peu une augmentation de son salaire, compte tenu de l’amélioration de ses compétences due aux travaux qu’il aura pu faire. S’il existe un salaire minimum étatique un peu supérieur au salaire initial qu’il aurait reçu en l’absence de ce salaire minimum il aura peut-être du mal à trouver un emploi ou, tout au moins, l’emploi qui lui conviendrait le mieux et qui lui permettrait l’amélioration de ses compétences (et donc de son revenu).

Nous venons d’évoquer le rôle du salaire minimum pour un salarié, mais il convient aussi d’envisager le comportement des entrepreneurs. On considère en général qu’un entrepreneur détermine le prix de vente d’un bien qu’il produit en faisant la somme des coûts de production.

Mais la réalité est un peu différente : du fait de la concurrence un producteur est obligé de déterminer son prix de vente en le rendant proche des prix de vente sur le marché du bien en question et il doit donc déterminer ses coûts en fonction de ce prix de vente. Or les prix de vente sur le marché peuvent très probablement être déterminés par les prix de ce bien dans le monde dans la mesure où il est possible d’importer ce bien.

Si un salaire minimum est imposé à tous les producteurs d’un bien dans un pays ils ne peuvent donc pas augmenter leurs prix de vente et ils peuvent chercher éventuellement à modifier leurs techniques de production; mais il se peut surtout, évidemment, que cela se traduise par une diminution de leurs profits et il peut en résulter une diminution de la production (et donc de l’emploi d’un certain nombre de salariés).

On devrait donc reconnaitre qu’il n’existe aucune véritable justification pour l’existence d’un salaire minimum étatique et
il serait donc souhaitable de supprimer ce salaire minimum.


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