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30.07.2022
- N° 1.002

Les jeunes contre les « Boomers »

 

Dernier commentaire paru :  JP95 écrit le 27 juillet.
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Par Michel Faure

Journaliste, écrivain, européen et libéral.



Les reproches faits aux boomers, la génération née après la guerre, relèvent à la fois d’une passion égalitariste et d’une incompréhension de ce qu’est la vraie vie.


Je suis un boomer et cet état de fait me range dans la catégorie des salauds de vieux qui sont plus riches que les jeunes. J’ai donc des comptes à rendre aux révoltés juvéniles. Je vais essayer de les régler dans cet article.

Les reproches faits aux boomers, la génération née après la guerre, relèvent à la fois d’une passion égalitariste et d’une incompréhension de ce qu’est la vraie vie que ces jeunes n’ont pas encore vécue. Ils s’accompagnent aussi d’une pensée autoritaire et pessimiste pour juger la liberté dangereuse et le capitalisme irresponsable face à l’apocalypse climatique annoncée.

La passion égalitariste

Selon ces jeunes soldats de la guerre des générations, la passion égalitariste devrait induire la paupérisation des anciens pour l’aligner sur la pauvreté des jeunes. Rappelons que l’égalité qu’il faut louer et défendre est celle des droits, pas celle des situations ou des patrimoines. Dans la réalité, nous ne sommes pas égaux.

Comme l’avait rappelé Alexandre Soljenitsyne :

« Les hommes n’étant pas dotés des mêmes capacités, s’ils sont libres ils ne seront pas égaux, et s’ils sont égaux c’est qu’ils ne sont pas libres. »

Hélas, le rapport aux libertés des jeunes radicaux est particulièrement distant, pour ne pas dire hostile. Certains prônent la décroissance pour sauver la planète. Selon eux, il faudrait donc taxer les riches, les dividendes et ces salauds de boomers qui nous laissent la dette publique en héritage.

Plus riches ou moins pauvres ?

C’est vrai que les retraités français sont plus riches (ou plutôt moins pauvres, parce que ces moyennes sont assez désolantes) que leurs enfants, ce que nous confirment les statistiques.

L’Insee nous présente une étude de 2019 sur les revenus fiscaux et sociaux et établit que :

« Le niveau de vie médian des retraités vivant en France métropolitaine s’élève à 1900 euros par mois. Il est supérieur de 3,3 % au niveau de vie médian de l’ensemble de la population, qui est de 1840 euros par mois. »

Bref, personne n’est vraiment riche dans cette étude comme, hélas, dans notre pays où le taux de pauvreté s’établit à 14,6 % de la population, soit 9,2 millions de personnes en 2019.

La vraie vie

La vraie vie expliquera aux plus jeunes comment cet écart avec les retraités existe et pourquoi il n’est pas scandaleux.

Les boomers ont une vie active derrière eux durant laquelle ils ont travaillé, épargné et investi, en s’endettant le plus souvent pour acquérir un logement. Une fois retraités, s’ils sont propriétaires, ils  n’ont plus de loyer à payer, et l’immense majorité d’entre eux n’ont plus d’enfants à charge, pour lesquels ils ont dépensé de l’argent afin qu’ils soient bien nourris, bien vêtus, bien logés et bien éduqués.

Peut-être avons-nous mal voté durant notre vie et manifestement, nos élus n’ont pas fait leur travail pour réduire les déficits et la dette. En tant qu’individus, les boomers en sont désolés, mais n’ont eu aucun moyen de contrôler le gouvernement. C’est théoriquement le rôle du Parlement, et il nous faudrait donc changer de Constitution, mais c’est un autre débat.

Une atteinte aux principes républicains

Si les obsédés de l’égalitarisme sont choqués par cette différence de revenus, il faut leur signaler qu’il n’y a rien de plus inégalitaire que notre système de retraite actuel. Il favorise de façon scandaleuse les fonctionnaires aux dépens des salariés du privé. Les premiers sont protégés par un statut leur offrant un emploi à vie qui leur épargne les visites à Pôle Emploi, ils voient leurs retraites basées sur 75 % des salaires des six derniers mois de leur carrière, qui sont les plus élevés qu’ils n’ont jamais connus.

Les employés du privé, eux, sont moins bien lotis alors que ce sont eux, et non les fonctionnaires, qui occupent des emplois productifs nécessaires à notre prospérité. Ils sont mal payés en début de carrière, puis les augmentations sont difficiles à obtenir.

Les 35 heures, merci Madame Aubry, ont gelé les salaires du privé pendant au moins une décennie. Enfin, les jeunes mal payés sont plus rentables que les « vieux » – cette appellation démarre à 50 ans  – poussés vers la porte de sortie. Les voilà au chômage, ce qui ne favorisera pas leur retraites, lesquelles ont pour base la moyenne des 25 meilleures années, et parmi elles certaines ne sont pas très flamboyantes.

Je signale donc aux amis de l’égalité et de la nuit du 4 août prônant la fin des privilèges, que ce système favorisant la fonction publique est non seulement une honte mais aussi une atteinte aux principes de notre République. Voilà pour eux un meilleur combat que celui entre les générations, d’une jalousie sans objet.

Enfin, pour conclure, il faudrait avertir les jeunes que le système de répartition qui est le nôtre va bientôt s’écrouler en raison de la faiblesse de notre démographie. Les actifs ne pourront pas continuer longtemps à financer les retraites de leurs aînés, de plus en plus nombreux.

Aux jeunes en colère, je suggère qu’ils préparent leur avenir en défendant, malgré leur réticence envers le capitalisme, les retraites par capitalisation.
Il n’y aura qu’elles pour les sauver et leur permettre de faire comme nous, les boomers, plus riches vieux – ou moins pauvres – que lorsque nous étions jeunes.


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