La Mouette déchainée
                             Réactions, enquêtes, déclarations...

                                 











Toutes les news
c'est ici




Contact


Vos réactions, vos commentaires


Abonner un(e) ami(e)

Vous abonner

Qui sommes nous
?


13.06.2022
- N° 954

Baisse du chômage en France : un trompe-l’œil

 

Dernier commentaire paru :
A lire ici
Vous aussi, faites nous part de vos commentaires, de vos réactions, de vos témoignages... nous pourrons les publier.
cliquez ici

Par Élodie Keyah


Élodie Keyah est Coordinatrice de Students for Liberty France et collabore avec Young Voices. Elle s'intéresse principalement aux libertés individuelles, aux relations internationales, à la philosophie politique ainsi qu'à l'histoire.



La baisse du chômage masque, en réalité, des subventions massives de l’apprentissage. Il faudrait plutôt revoir la fiscalité des entreprises.

La baisse du chômage en France serait « une grande victoire française », si l’on en croit le gouvernement. Selon les dernières données de l’Insee, il se trouve à son plus bas niveau depuis 2008 pour s’établir à 7,3 % au premier trimestre 2022. Cette baisse serait particulièrement notable chez les jeunes, avec des niveaux proches du début des années 1990. Mais la situation est-elle aussi rose qu’il n’y paraît ?

Tout d’abord, la baisse actuelle du chômage s’inscrit dans une baisse généralisée au sein de l’Union européenne, avec un plancher historique à 6,2 % en mars. Il s’agit donc d’une situation conjoncturelle, qui fait notamment suite à l’assouplissement progressif des mesures de confinement et des différents plans de relance nationaux et européens. De quoi relativiser l’enthousiasme du gouvernement sur son bilan économique et social.

Ensuite, et comme le souligne l’économiste Jean-Marc Daniel, la baisse du chômage masque, en réalité, des subventions massives de l’apprentissage. Si l’objectif de telles incitations économiques est louable – à savoir, réduire le chômage chez les plus jeunes -, elles semblent occulter le fond du problème.

Sans réforme de la fiscalité des entreprises le chômage en France perdurera

C’est ce que démontre la nouvelle étude de l’Institut économique Molinari (IEM) : La fiscalité française contre la compétitivité et le pouvoir d’achat.

En 2019, les prélèvements obligatoires sur les entreprises françaises s’élevaient à 11,9 % du PIB après déduction des subventions et aides d’État… contre 9,5 en moyenne dans l’Union européenne.

Il est fréquent d’entendre justifier un tel niveau d’imposition par la rhétorique suivante : le coût élevé de la fiscalité en France est une contrepartie à la qualité de notre offre de protection sociale. Avec le temps, cette assertion est devenue de moins en moins évidente. En particulier depuis la crise sanitaire, laquelle a révélé les failles d’un système profondément rigide et bureaucratique. Malgré une fiscalité écrasante, le mythe du modèle enviable par la Terre entière s’étiole donc progressivement.

Une chose est sûre : selon le rapport de l’IEM, ce refus de réforme du système d’imposition sur les entreprises se traduit par un « sur-chômage par rapport à l’UE ». En décembre 2021, la France compte toujours 300 000 chômeurs de plus que la moyenne – et 1,3 million de trop par rapport à l’Allemagne. Aujourd’hui encore, la France continue de faire figure de mauvaise élève au sein de l’Union européenne.

Ainsi, les mesures de retour à l’emploi, à l’instar du fameux plan « 1 jeune 1 solution », « Contrat d’Engagement Jeune » ou encore « Contrat d’Initiative Emploi », se révèlent être davantage des solutions à un problème que l’État a créé lui-même.

Certes, des réformes de la fiscalité ont été engagées sous le dernier quinquennat pour améliorer la compétitivité des entreprises. Si elles vont dans le bon sens, elles demeurent superficielles. À titre d’exemple, la réforme de l’impôt sur le capital n’a consisté qu’à remplacer un impôt (l’ISF) par un autre (l’IFI). L’impôt sur les sociétés, lui, continue de diminuer au fil des ans (25 % en 2022 contre 33,3 % en 2017) pour s’aligner timidement sur la moyenne de l’OCDE.

Quant aux impôts de production – très critiqués pour leur complexité et leurs effets sur l’implantation des entreprises en France -, ils atteignent toujours le deuxième plus haut taux de l’Union européenne malgré un effort de réduction de leur montant. Par conséquent, tant qu’aucune réforme structurelle de la fiscalité des entreprises ne sera pas mise en œuvre, le problème du chômage peinera à être résolu.

Mais cela n’ira de toute façon pas sans une remise en cause du train de vie de l’État français… ni l’abandon d’une conception idéologique de l’économie de marché,

laquelle conduit depuis trop longtemps le législateur à surtaxer la création
de richesse sur des fondements erronés.


Faites nous part de vos commentaires, de vos réactions,
de vos témoignages... nous pourrons les publier.

______________









Qui sommes-nous ?

Nous écoutons, nous lisons, nous regardons...

C'est parfois un peu ardu, et les news peuvent demander de l'attention.
Mais elle sont souvent remarquables !


Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion et nourrir celle-ci.
Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici.


Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs,
et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur.

Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation.


Bien sûr, vos commentaires sont très attendus.


   L'équipe de La Mouette déchaînée.