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31.05.2022 - N° 941 Pourquoi abolir le monopole de la Sécurité sociale
Par Élodie Keyah Élodie Keyah est Coordinatrice nationale de Students for Liberty France et s'intéresse principalement aux libertés individuelles, aux relations internationales, à la philosophie politique ainsi qu'à l'histoire. ![]() Pour sauver la Sécurité sociale, il est urgent de l’ouvrir à la concurrence.
Récemment, la Cour des comptes a refusé de certifier les comptes de la Sécurité sociale pour des raisons de fiabilité sur le montant de son déficit.
Entre autres : un désaccord de près de 10 milliards d’euros sur le
déficit du régime général entre 2020 et 2021… mais aussi des erreurs
importantes sur le versement des prestations de retraite.
Cela n’aura échappé à personne : en plus d’être une gabegie financière, la Sécurité sociale souffre d’un cruel manque de transparence. Aujourd’hui, le niveau d’étatisation est tel que la France occupe la première place en termes de prestations sociales (plus de 30 % du PIB en 2020), malgré un délitement inquiétant de la qualité des soins. En réalité, la plupart des problèmes actuels trouvent leur source dans un préjugé collectiviste : l’État aurait un rôle fondamental à jouer en matière de santé. Ce dogme est critiquable pour deux raisons. La politisation de la santé La première est d’ordre moral. La Sécurité sociale repose sur l’idée erronée selon laquelle la santé est un droit. Non seulement, ce principe n’a strictement aucun fondement historique ou anthropologique. Mais en plus, il érige l’État en garant de ce droit, ce qui implique l’usage de la violence et de la coercition. En effet, la collectivisation de la santé présuppose que chacun a un droit sur son voisin. Une telle position morale est difficilement défendable dans une société libre, dès lors qu’elle rompt avec le principe de responsabilité individuelle. La seconde est d’ordre économique. À l’heure actuelle, il n’existe aucune raison objective pour sortir la santé des règles du marché. En effet, le marché existe tant qu’il y a échange, et un mécanisme de prix libre est essentiel pour mesurer l’utilité relative d’un bien ou d’un service. Croire qu’il est possible de s’en soustraire sans avoir de conséquences néfastes relève d’une arrogance caractéristique du planificateur. À titre d’exemple, l’interdiction de vendre des masques en pharmacie, en pleine crise sanitaire, n’a fait que renforcer la pénurie. Cela illustre l’ignorance assez répandue de l’économie de la santé. On pourrait croire que la politisation de la santé est inhérente à l’identité française. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas : au XIXe siècle, les caisses de secours mutuel étaient légion, avant de déboucher sur un mécanisme lucratif d’assurance libre et privée. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que le système inégalitaire et inique incarné par la Sécurité sociale a vu le jour en 1945. Déjà à l’époque, les projets de nationalisation de la santé – bien entamés avant la guerre – étaient loin de faire l’unanimité. En 1928, la création d’une assurance maladie obligatoire avait attiré les foudres de la gauche syndicaliste. Ainsi, le journal La Vie ouvrière qualifiait de « loi fasciste » celle qui affaiblissait les mutuelles volontaires auto-gérées au profit d’un système étatique coercitif. Un système à bout de souffle Aujourd’hui, notre système collectiviste est à bout de souffle. Gérés par des hommes politiques irresponsables, les problèmes de maîtrise du budget et de financement sont résolus par un renflouement perpétuel du déficit. Pour limiter les dégâts, nos représentants choisissent sciemment d’augmenter la pression fiscale… avec des conséquences inévitables sur la production. Mais alors, comment améliorer la situation ? Là encore, la France aurait tout intérêt à s’inspirer d’autres pays. À commencer par le système singapourien : chaque citoyen dispose d’un compte d’épargne médicale en fonction de ses revenus. Fondé sur la responsabilité individuelle, un tel système de santé est aujourd’hui classé parmi les meilleurs au monde selon le World Index of Healthcare Innovation 2021 – très loin devant l’Hexagone. En Suisse, la concurrence entre les caisses d’assurance maladie permet une plus grande liberté de choix du consommateur. Plus encore, c’est en Allemagne que les vagues de privatisation ont permis de générer des gains d’efficacité de 2,9 à 4,9 % supérieurs à l’hôpital public – avec une meilleure maîtrise des dépenses. Les mécanismes de franchise responsabilisent les assurés dans leur consommation de soins, et les caisses d’assurance maladie présentent toujours un fort excédent budgétaire. Pour sauver la Sécurité sociale, il est donc urgent de l’ouvrir à la concurrence.
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