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22.05.2022
- N° 932

Âge de départ en retraite : supprimons-le !

 

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Par Pierre Allemand

Pierre Allemand est un ingénieur chimiste, ancien chercheur, qui a régulièrement parcouru le monde pendant toute sa carrière. Il est maintenant retraité et écrit des articles scientifiques et politiques sur son site www.climatdeterreur.info.



Il est temps d’adapter l’âge de départ en retraite aux réalités démographiques.

C'est un poncif de déclarer que les Français sont très attachés au système de retraite par répartition et que pour cette raison, il est vital de le conserver.

En réalité, les Français ne sont pas plus attachés à ce système qu’à un autre. Du moins si l’on se réfère, aux discussions de comptoir, la majorité d’entre eux reste d’ailleurs attachée à une autre idée fausse, à savoir que la retraite qu’ils percevront provient de l’argent qu’ils mettent de côté de façon plus ou moins forcée par prélèvement sur leur salaire.

Nous avons donc là une double méprise : d’une part on peut déduire de cette deuxième affirmation que les gens pensent que leur système de retraite est déjà fondé sur la capitalisation, ce qui est complètement faux ; d’autre part, d’après la première, ces gens sont supposés être attachés au système de retraite par répartition, ce qui est également faux.

En réalité, ce sont les politiques qui sont très attachés au système par répartition, pour la bonne raison que celui-ci leur donne un pouvoir tout à fait exorbitant sur l’ensemble de la population qui est celui d’avoir la main sur des sommes d’argent très importantes. Les salariés qui se déclarent attachés actuellement au système par répartition sont en réalité conditionnés par le discours permanent de ceux qui y trouvent des avantages : les politiques et les syndicats.

Une telle double méprise ne pouvait que conduire à l’impasse à laquelle sont arrivés les négociateurs de cette réforme. Et si un changement fondamental n’est pas apporté à l’information des Français dans ce domaine, on ne peut que s’attendre à ce que l’impasse se prolonge, évidemment au détriment en premier lieu de ces pauvres salariés qui se font plumer avec leur accord apparent.

Enfin, pas tous, car les bénéficiaires des régimes dits spéciaux, et aussi les fonctionnaires ont tout intérêt à ce que la situation actuelle de blocage s’éternise : en effet, ils ne peuvent, ou du moins le pensent-ils majoritairement, que perdre à la modification du système vers plus de justice.

Les syndicats contre le rallongement de l’âge du départ à la retraite

D’ailleurs la réaction récente de Laurent Berger sur France-Inter il y a quelques jours, montre que les représentants des syndicats connaissent parfaitement la perte que peut représenter pour les fonctionnaires l’alignement de leur système de retraite sur celui du privé. Et en déclarant que déplacer l’âge de la retraite à 65 ans, comme veut l’imposer le président Macron, constitue pour lui une déclaration de guerre, alors qu’il est parfaitement informé du fait que la répartition démographique actuelle et son évolution prévisible imposent une modification de ce type. Cela montre qu’il désire tout simplement bloquer les négociations, puisqu’il s’oppose absolument à une mesure évidemment nécessaire.

Lorsqu’ils désirent bloquer les négociations les syndicats de notre pays ont la triste habitude de transformer en principes sacrés des considérations complètement techniques fondées sur des calculs relativement simples qui devraient conduire à un consensus automatique : en effet, si l’on décide de conserver le système par répartition, ce qui apparait comme aller de soi puisqu’un consensus semble exister sur le sujet entre les parties négociantes, l’âge de la retraite peut s’obtenir très simplement en examinant la répartition démographique existante, afin de rendre égales la masse des cotisations et la masse des retraites. C’est tout. À la rigueur, on peut finasser sur l’évolution à la marge dans le temps de ce chiffre : un mois ou un trimestre de plus ou de moins, histoire de pouvoir montrer à ses camarades syndiqués qu’on fait bien son travail. Il serait pourtant plus intelligent de faire preuve d’imagination quant à la grosseur du gâteau, en essayant d’utiliser aussi rationnellement que possible une masse impressionnante de capital, au lieu de l’utiliser tout entière (et même pire) à simplement boucher les trous mensuels des pensions.

Triste système par répartition, où l’on ne peut que gérer la pénurie, comme dans les pays socialistes pour l’économie, tandis qu’une nomenklatura vorace se sert en priorité.

Si la CFDT voulait réellement défendre les intérêts de TOUS les salariés, elle commencerait par défendre un système que pour le moment les parties négociantes refusent, à savoir le système par capitalisation.

Outre son rendement, qui majore sensiblement la grosseur du gâteau, et donc, à cotisation égale, le montant de toutes les retraites, le système de retraite par capitalisation a en effet l’immense avantage, une fois lancé, de s’adapter automatiquement à la courbe démographique. Ce miracle est obtenu tout simplement par le fait qu’à l’inverse de la répartition, le capital est personnalisé. Ainsi, chaque cotisant connait en permanence le montant de son capital, et peut donc calculer le montant de la retraite qui lui reviendra.

À l’inverse de la répartition, le montant des retraites par capitalisation est indépendant du nombre de cotisants. En effet, même si le risque sur le capital-retraite est mutualisé, tout se passe comme si chaque cotisant constituait son propre capital retraite, et celle-ci ne dépend finalement que du montant de ce capital, quel que soit le nombre de cotisants et le nombre des pensionnés. Cet énorme avantage devrait, à lui seul, faire pencher la balance du choix des systèmes. Si les Français étaient simplement bien informés à ce sujet, il est très probable qu’ils choisiraient naturellement la capitalisation à une large majorité. En même temps, la mutualisation des risques et le temps long, tous les deux caractéristiques de cette forme de retraite, garantissent mieux que tous les autres la pérennité de la retraite.

Plus de liberté dans l’âge de départ à la retraite

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin.

Dans un système respectueux des idées libérales, pourquoi ne pas donner aussi à chaque cotisant une certaine latitude sur montant cotisé ? Et tant qu’on est parti dans la bonne direction, pourquoi pas oublier carrément ce bâton que constitue la notion même d’âge de départ à la retraite et laisser au cotisant le choix de l’âge auquel il pourrait décider de changer de statut pour passer à celui de pensionné ? Restant entièrement propriétaire de ses économies capitalisées, il apparait en effet comme normal qu’il puisse en disposer quand bon lui semble sous réserve que soient observées quelques règles de base pour le bon fonctionnement du système : un minimum de temps de cotisation, par exemple, ainsi que le respect de l’adéquation entre le droit d’exercer une activité et la capacité physique et/ou intellectuelle de le faire dans le respect de la sécurité de chacun, ce qui est d’ailleurs déjà le cas pour certaines professions.https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mardi-10-mai-2022

Allons droit vers ce qui est le plus profitable pour chacun, et cessons de donner crédit à des grands principes largement répétés comme « la répartition, système préféré des Français qu’il faut absolument conserver » mais qui cachent, en réalité, des intérêts qu’il ne faut pas que les Français découvrent. La répartition a été choisi par la Résistance parce que la démographie permettait de faire, sans débourser un centime, des cadeaux à ceux qui n’avaient jamais cotisé. La démographie a changé : elle ne permet plus ce genre de libéralités.

Sachons nous adapter aux circonstances en passant à un système vertueux insensible au changement de démographie :
le système de retraite par capitalisation.


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