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24.01.22022 - N° 815
L’étonnante faiblesse scientifique de la politique vaccinale contre les infections
Par Yves Bourdillon ves Bourdillon est journaliste au service international du quotidien Les Echos. De formation ingénieur agronome et Sciences Po, il est aussi écrivain, auteur notamment d'un essai sur les risques terroristes des armes nucléaires, biologiques et chimiques aux édition Ellipses et de trois romans. ![]() La campagne de
vaccination impérative visant à réduire la transmission du virus a un
petit défaut : elle s’appuie sur des bases médicales très minces.
La campagne de vaccination impérative visant à réduire la transmission du virus a un petit défaut, en sus d’avoir un peu piétiné droits et libertés de se déplacer, prendre un café, ou travailler : elle s’appuie sur des bases médicales très minces. « Je me vaccine pour ne pas contaminer papy ». « Les réfractaires sont des monstres, des bombes ambulantes, des fumiers, voire, pire, des anti-Science ». Tel est, depuis l’homologation des vaccins contre le Covid il y a treize mois, le message martelé dans la plupart des pays occidentaux, et surtout en France, afin de promouvoir/imposer la vaccination générale de la population. Selon ministres, hauts fonctionnaires, médecins de plateaux TV et influenceurs, se vacciner était non seulement un moyen de se protéger mais aussi et surtout un geste altruiste fondé sur la capacité des vaccins à réduire la transmission, c’est à dire le risque d’être infecté même sans symptômes, puis contagieux. Le ministre de l’éducation nationale estimait l’été dernier que « quand vous êtes vacciné, vous ne risquez pas de continuer à contaminer les autres », tandis que le président de la République soulignait que « se vacciner, c’est protéger les autres », avant récemment de qualifier quasiment de sous citoyens les non vaccinés. Léger souci : cette politique était fondée sur des bases médicales étonnamment fragiles. Pas d’évaluation souveraine Les gouvernements semblent s’être appuyés sur une poignée d’enquêtes scientifiques aux protocoles assortis de sérieuses limites ou manquant de recul, et sans apparemment avoir mené leurs propres évaluations souveraines, pour attenter à la liberté de se déplacer, prendre un café, parfois travailler de centaines de millions de non vaccinés qu’il fallait en… quiquiner et culpabiliser au motif qu’ils seraient davantage contagieux (ce qui ne remet toutefois pas en question l’autre pilier des vaccins, la réduction du risque de maladie, qui aurait justifié de se concentrer sur les seuls cas à risque. En France, a été enregistré un nombre infime de décès du Covid sans comorbidités parmi les moins de trente ans). Sur la foi parfois de simples « on dit », d’éléments de langage sur l’efficacité des vaccins, de confusions fréquentes entre infectés (parfois asymptomatiques) et « cas » (malades), ont été instaurées, via le pass sanitaire, des ségrégations sans précédent dès février 2021 en Israël, puis au Danemark en avril, en France en juillet, en Italie, Irlande, Espagne, Grèce, Belgique, Pays-Bas, Australie, Canada, une partie des Etats-Unis et de l’Allemagne, etc. Une politique qui a monté les vaccinés contre les réfractaires, et réciproquement. Et qui s’est amplifié avec le pass vaccinal voté en France ces derniers jours et l’obligation vaccinale générale bientôt en Autriche, Grèce et Allemagne. Retour sur les enquêtes censées avoir justifié tout cela. Homologations : pas d’allégations Première étape, l’homologation des vaccins Pfizer, Moderna, AstraZeneca, Janssen, fin 2020-début 2021. Tout à l’enthousiasme de voir des vaccins diviser par dix le risque de tomber malade, peu de monde a prêté attention à un détail : nulle part n’est mentionné une réduction de la transmission ! On peut, certes, supposer que si le vaccin vous empêche de tomber malade vous expectorez une charge virale réduite, moins susceptible de contaminer vos proches. Mais il ne s’agit, précisément, que d’une supposition, à vérifier. En tout cas, les dossiers des fabricants n’allèguent à aucun moment d’une telle réduction. Et pour cause, puisque ce n’était pas le but de leur protocole. Facile de le vérifier en consultant les dossiers déposés auprès de l’Agence européenne du médicament ou de son homologue américaine, la Food and Drug administration. Ainsi, Pfizer n’a pas calculé combien de ses 37.000 volontaires étaient infectés sans symptômes et contaminaient des proches. En toute rigueur, cela aurait nécessité une enquête massive, avec prélèvements nasals et sérologie régulière durant des mois, alors qu’il y avait urgence. Ne sont évoqués1 que des occurrences de « case », jamais d’infectés asymptomatiques. Il en est de même pour le dossier d’Astra Zeneca 2 sur 26.000 volontaires, ainsi que celui de Moderna 3 . Janssen 4 a essayé, lui, d’évaluer la réduction de transmission, mais constaté seulement, en février 2021, une efficacité « modeste, non significative sur le plan statistique ». D’ailleurs « le fondement scientifique de la vaccination n’était pas une prévention de la transmission mais de la maladie », souligne Michel Kazatchkine, expert de l’Organisation mondiale de la santé « car on n’a jamais eu de test véritable prospectif en matière de transmission, ce n’était en tout cas pas possible dans les essais réalisables rapidement en 2020 ». L’offensive de comm du printemps Deuxième phase, du début de la campagne de vaccination, en décembre 2020 en Israël et Royaume Uni, à l’instauration de divers pass sanitaires, à l’été : dirigeants et influenceurs évoquent une efficacité des vaccins, de 60 à 89 % en matière de transmission, mais en renvoyant généralement à l’expert qui a entendu un expert. En remontant la chaine d’allégations on retombe en général sur une des neuf enquêtes médicales diffusées en pré-print (pas encore validées par des pairs) dans des revues de référence. Trois britanniques et six israéliennes. Les études britanniques avaient de sérieuses limites, puisque concentrées sur les contaminations au sein de foyers 5 et non dans l’ensemble de la société, ou croyant déceler une baisse parmi les volontaires de l’essai d’Astra Zeneca, avant de retirer cette allégation 6. Trois enquêtes israéliennes ont été menées auprès d’un échantillon assez particulier, donc discutable statistiquement, des professionnels de santé 7 en se focalisant sur la réduction de la charge virale nasopharyngée 8, sans déterminer si cette dernière passait sous le seuil de contagion. Un résultat contredit d’ailleurs quelques mois plus tard par d’autres études 9. Les trois autres études israéliennes ont été menées, elles, en « population générale », ce qui est plus convaincant. L’une, fin janvier 10 , sur 2,6 millions de personnes, dont les tests PCR ont montré une réduction de 40-51 % des infections chez les vaccinés, mais sur une période de seulement 2-3 semaines, donc sans tenir compte du risque de chute rapide de cet effet avec le temps. Un bémol de taille. Une autre enquête 11, en avril, d’une équipe comptant le prestigieux chercheur de Harvard, Mac Lipsitch, un des plus clairvoyants depuis le début de la pandémie, portait sur 1,2 millions de personnes. Elle évaluait aussi la baisse de transmission à 40-51 %, mais, là encore, sur seulement 2-3 semaines. La dernière 12, le 5 mai, analysant rétrospectivement le risque infectieux de 6,5 millions de personnes, estimait qu’il était réduit spectaculairement, de 92 %, sur une période plus longue, deux mois. Tous les œufs dans le même panier On peut s’étonner que cette poignée d’études, dont une seule menée en population générale sur une durée supérieure à trois semaines, ai suffi à convaincre l’été dernier les gouvernements occidentaux qu’il fallait vacciner tout le monde. Panurgisme ? Principe de précaution, à moins que cela ne soit celui de « j’ouvre le parapluie » ? D’autant plus que le doute était déjà permis au vu des flux records d’infections dans les pays les plus vaccinés de la planète, l’Islande, où 90 % des adultes avaient reçu au moins une dose, Malte, Gibraltar (99%), ou Israël. En outre, ces « preuves » émanaient d’enquêtes menées dans seulement deux pays, dont un, Israël, avait conclu avec Pfizer un contrat exclusif d’approvisionnement vaccinal et d’utilisation des données. Aucune raison de douter de la rigueur et de l’indépendance des scientifiques israéliens, mais pour les dirigeants occidentaux mettre tous leurs œufs dans le même panier, en clair asseoir leurs décisions sur des études menées quasiment dans un seul pays, était-ce bien raisonnable ? Troisième round : d’autres enquêtes sont sorties depuis septembre, mais se partageant entre celles concluant à une réduction de la transmission13 notamment une néerlandaise 14 et celles, britanniques et californienne15, qui n’en discernaient aucune 16. Deux autres études, américaine 17 et britannique 18 constataient que ladite réduction de transmission tombait à zéro au bout de trois mois. Le directeur de l’OMS affirmait en novembre que les vaccins réduisaient les infections de 40 % mais sans citer ses sources, tout comme le président du conseil scientifique français, Alexandre Delfraissy, qui réduisait la réduction à 30 %. Des résultats à réviser encore avec Omicron, dont les infections ont joué les exponentielles dans les pays les plus vaccinés. Les Israéliens, triplement vaccinés à 75 % et même quadruplement à 10 %, viennent de battre le record du monde de l’incidence Covid, à 430/100.000 habitants/j. Trois études ces derniers jours en Israël19, au Royaume Uni20, et en Californie affirment que la diminution de la transmission par les vaccins est désormais… nulle. Jamais autant de gens n’auront peut-être dû
autant de privation de libertés à si peu de données scientifiques
sérieuses.
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